Brick a book 338

Comme chaque lundi, je participe à l’atelier d’écriture en ligne d’Alexandra sur son blog Brick a book.

La photo proposée se trouve ci-dessous et, juste après, les mots qu’elle m’a soufflés.

© Etienne Boulanger

 

Sursaut

Une impression de déjà vu, le sentiment d’avoir déjà vécu ce moment… Mais oui je me souvenais maintenant. C’était il y a dix ans déjà. Nous venions d’arriver à Montréal et mon amie Josée nous avait invités dans l’immeuble où elle travaillait. Après nous être retrouvés place Ville-Marie, nous étions montés à sa suite vers son bureau qui se trouvait au quarantième étage. L’immeuble dans lequel nous nous trouvions avait une structure en forme de croix ce qui fait que nous pouvions, en parcourant les différents couloirs, voir à 360°. De là-haut nous embrassions les environs en ayant le sentiment de dominer le monde. Près de nous, un nid d’urubus à tête rouge était installé et nous observions le manège des parents soucieux de veiller sur leur progéniture. C’était, à part nous, la seule trace un peu vivante de cet endroit.

Mais aujourd’hui tout ça était bien loin et c’était seule que je me trouvais devant cette fenêtre à observer ces constructions sans âme où se trouvaient d’autres gens qui, comme moi, devaient passer leurs journées à travailler, enveloppés par le béton, le métal et le verre. Que des matières froides, alors que je rêvait de bois aux teintes chaudes, d’un feu de cheminée, de rires et de chaleur humaine…

Heureusement que l’église dominait les constructions qui l’entouraient. Oh je n’étais pas très pratiquante, loin de là, mais c’était le seul bâtiment où je pouvais, peut-être, espérer me sentir bien, un endroit à taille humaine et moins impersonnel même si on se sentait tout petit quand on y entrait. De l’endroit où j’étais on pouvait quand même penser pouvoir y trouver un peu de réconfort et se sentir moins écrasé par l’indifférence.

Qu’est-ce qui m’était passé par la tête quand j’avais subitement tout quitté pour venir m’installer dans ce pays si froid où, malgré la chaleur de l’accueil, je ne me sentais pas à ma place. Je redoutais les longs mois d’hiver à venir… Soudain j’attrapai mon sac et me dirigeai vers l’ascenseur en courant. Le rez-de-chaussée, vite, la porte du hall tenue par le portier. Enfin j’étais dehors et mes pas me portaient vers l’église où je savais pouvoir trouver suffisamment de calme pour réfléchir à ma vie et prendre enfin la décision de lui donner un autre sens. Il suffisait de le vouloir et là, je le sentais, j’étais prête à choisir la direction du bonheur!

Je vous invite à aller voir les écrits des autres participants sur le blog Brick a book.

Cet article a 2 commentaires

  1. Une seule question : As-tu fini par trouver dans cette église la foi qui sauve, ma fille ? 😉

    1. En fait, depuis le temps que je fréquente virtuellement Rotpier,… je crains d’être irrécupérable mon père 😉
      Et pis c’est tout!

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