Brick a book 363 ✍🏻

Nous n’avons reçu la photo que hier après-midi mais malgré tout le défi reste là: construire une courte histoire au départ de celle-ci dans le cadre de l’atelier d’écriture Brick a book.

©Jordan Whitt

Les parents leur avaient dit de courir, le plus vite possible pour se mettre à l’abri dans les fourrés de l’autre côté de la clairière. 

Les hélicoptères des gardes-côtes survolaient l’endroit à la recherche des migrants débarqués ce matin.

Quelques-uns avaient été arrêtés sitôt le pied posé sur le sol de ce qu’ils pensaient terre d’asile. Pendant que les gardes essayaient de discuter avec les adultes, quelques enfants s’étaient enfuis suivant en cela les recommandations de leurs parents. Ces derniers pensaient que, même si eux ne s’en sortaient pas, au moins leurs enfants connaîtraient des jours meilleurs, quitte à, pour cela, faire éclater la famille.

Bien sûr, le reste de leur vie se passerait à se demander ce qu’étaient devenus leurs gamins mais ils voulaient croire que le monde n’était pas aussi pourri que ce qu’on leur avait démontré jusqu’à aujourd’hui.

A commencer par le passeur qui leur avait pris le peu de richesses et de bijoux qu’ils avaient pu sauver de la convoitise de leurs ennemis dans le pays qu’ils fuyaient. Avant cela, ceux qui les avaient hébergés en attendant que la mer se calme avaient aussi exigé de l’argent, beaucoup d’argent, une bonne part des économies de toute une vie…

Ils étaient là, désespérés, se demandant ce que l’avenir leur réservait mais n’ayant plus la force de se battre. Leurs dernières forces venaient de les quitter et seul l’espoir pour leurs enfants maintenait une petite flamme tremblante dans leurs yeux.

Ils voulaient croire que des humains n’auraient pas à coeur de renvoyer des enfants seuls dans un pays en guerre.

Leur foi en l’homme était immense mais était-elle justifiée?

Voilà ce que cette photo et l’actualité m’ont soufflé comme mots.

Pour voir ce qu’ont écrit les autres participant(e)s, rendez-vous sur Brick a book et passez une bonne semaine.

Cet article a 11 commentaires

  1. Kroum

    Un magnifique texte sur un sujet difficile. Sans pouvoir répondre à ta question, je me contente de te féliciter pour cette histoire joliment racontée. Bravo photonanie !

    1. Photonanie

      Merci Kroum, je suis touchée.

  2. Geneviève Hubinon

    C’ est vraiment la pire des tragédies. Que vont devenir ces enfants ? Aux USA, ils n’ ont plus droit à un avocat ! Bonne journée, Bernadette

    1. Photonanie

      C’est vrai et le sacrifice de ces parents est immense, un peu comme dans « Le choix de Sophie ».
      Bon lundi Gene.

  3. Une belle histoire triste et réaliste avec peut-être un peu d’espoir au bout, on court avec ces enfants.

    1. Photonanie

      Merci Marina, c’est vrai qu’on court avec eux et qu’on espère aussi avec eux.

  4. Bonjour Bernadette !
    Joli texte, très réaliste et d’actualité, hélas. Quand on voit la misère et la désespérance de ces gens là, nos petites misères sont très relatives !
    Bon lundi et bonne semaine !
    Pierre

    1. Photonanie

      C’est pour ça que j’ai souhaité en parler mais de manière moins dramatique qu’au JT.
      Bonne semaine auprès de ton arbre Pierre.

  5. Pierre DUPUIS

    Je ne peux toujours pas mettre de commentaires sans donner mes coordonnées complètes et je ne peux pas cocher la case « j’aime » ! C’est de l’amour refoulé en somme !

    1. Photonanie

      Vraiment bizarre, je n’ai rien changé pourtant!

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