Balade à Bruges (8)

Comme prévu, cette série sur Bruges se termine en beauté grâce à quelques oeuvres atypiques rencontrées au hasard des rues…

Les quatre cavaliers de l’Apocalypse

Nous rencontrons « les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse » (sculptures de Rik Poot, artiste flamand né à Vilvorde) dans le jardin de la maison Arents. Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse sont des personnages célestes et mystérieux mentionnés dans le Nouveau Testament, au sixième chapitre du livre de l’Apocalypse. Ils représentent de façon allégorique les horreurs terrestres : la mort, la guerre, la faim et la révolution. Leur chevauchée inaugure le commencement de la fin du monde.

C’est dire si on n’est pas pressés de les voir « en vrai » 

 

Sculpture en bronze « Zeus, Léda, Prométhée et Pégase visitant Bruges » de Jef Claerhout 

Pégase, la monture de Zeus, emmène une calèche typique de Bruges sur laquelle on voit Prométhée enchaîné (il n’aurait pas dû s’opposer à Zeus et offrir le feu aux hommes, na!), Leda s’étirant avec volupté aux côtés Zeus son amant qui a pris la forme d’un cygne pour la séduire…

Les amoureux

Cette statue en bronze a été réalisée par Livia Canestraro et son époux Stefaan De Puydt.
Sur le socle de la statue, le mot amour est écrit dans une quarantaine de langues différentes.

Hommage à Franck Van Aker

Uber capitalism

Au Moyen-âge, Bruges était une plaque tournante de l’économie mondiale. La sculpture de Ganahl a la forme du bâtiment de la Vlamingstraat où officiait la première Bourse de commerce de l’Histoire. L’ensablement du port a sonné également le glas de la Bourse de Bruges. Un phénomène auquel les habitants ont assisté impuissants, tout comme l’on observe actuellement la montée du niveau des mers et le changement climatique.

Au sommet de la sculpture de chocolat pivotent – comme jadis le logo Benz dans de nombreuses villes allemandes – les mots « UBER CAPITALISM ». « UBER » charrie plusieurs connotations : il renvoie à l’« Übermensch » des nazis mais aussi à l’appli grâce à laquelle tout qui possède une voiture et un smartphone peut lancer une entreprise de taxi. Au sens plus large, il traduit aussi l’esprit de l’économie de partage actuelle. Nous utilisons des applis pour de nombreux services. Notre culture du non-stop nous aide, nous divertit, nous guide, nous trace et nous analyse à tout moment et en tout lieu.
La volatilité et le caractère périssable du chocolat renvoient à l’ambivalence croissante à l’égard du nouveau capitalisme, dont nous concevons à peine les conséquences. Dans la ville adorable de Bruges, centre mondial du chocolat, les conflits qui ailleurs dévastent le monde semblent absents. La production de cacao présente cependant une face sombre, qui plonge ses racines dans le commerce colonial et qui s’accompagne encore actuellement du travail des enfants, du trafic d’êtres humains et de conditions de travail dangereuses. (source)

Il s’agit d’une forme d’illustration de Wu Wei , concept taoïste qui peut être traduit par « non-agir » ou « non-intervention» sans que ce soit pour autant une attitude d’inaction ou de passivité.

La fontaine installée à ‘t Zand (le Sablon)

Réalisée par Livia Canestrano et Stephan Depuydt (comme les Amoureux vus plus haut), cette fontaine donne une image de Bruges assez réaliste: on y voit 4 baigneuses symbolisant les 4 villes flamandes historiques (Anvers, Bruges, Courtrai et Gand), des cyclistes, des pêcheurs rappelant le lien de Bruges avec la mer, mais aussi le personnage facétieux Tijl Uilenspiegel, assis sur une colonne.

 

 Sculpture contemporaine dans le jardin Arents

Réalisation par Pablo Atchugarry

Sculpture sur le Groenerei (canal Vert)

Pour terminer par un clin d’œil, je vous propose une vision « facettée » qui correspond, à mon avis, bien aux différents visages de Bruges.

 



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