Brick a book 332

C’est la photo ci-dessous qui a été proposée cette semaine comme déclencheur d’écriture sur l’atelier d’écriture en ligne Brick a book.

© Артём Мякинник

Et voici les mots qu’elle m’a inspirés:

Clair-obscur

Comme chaque matin elle était là, seule dans la nuit qui traînait encore sur la ville ses voiles endormis. Pour subsister elle avait dû accepter ce travail si loin de chez elle, pas le choix, c’est la vie. L’été ça allait encore mais l’hiver elle partait dans le noir et revenait pareil. Un long tunnel dont elle ne voyait pas le bout, c’est ainsi qu’elle résumait sa vie… Au boulot ça allait, ses collègues étaient sympas et elle faisait des choses qu’elle aimait, enfin, en général sauf quand son chef lui prenait la tête pour des broutilles. Le problème c’était chez elle où elle devait se forcer à préparer le repas du soir, souvent constitué au mieux d’un plat surgelé , au pire d’une boîte de conserve ouverte sur un coin de table et dont le contenu était à peine réchauffé.

Les halos de lumière de l’éclairage public l’hypnotisaient chaque matin l’emportant dans des réflexions amères sur sa vie.
Elle avait connu la sécurité et le bien-être chez ses parents et puis cet accident stupide les lui avait enlevés, tous les deux d’un coup. Sa mère était morte le jour-même, son père, deux jours plus tard. Les médecins n’avaient rien pu faire pour les sauver. Elle n’avait même pas un frère ou une sœur pour l’aider à porter son chagrin. Le peu de famille proche l’avait assurée de son soutien le jour des funérailles… Depuis, ils brillaient surtout par leur silence: le malheur fait fuir, par peur de la contagion peut-être… Pour garder la maison familiale, elle avait dû interrompre ses études et chercher un boulot, n’importe lequel: c’était alimentaire et elle n’avait pas le temps de faire la fine bouche.

Certains matins, plus froids et encore plus noirs, elle avait peur. Elle regardait partout autour d’elle aux aguets, craignant qu’un danger surgisse de toute cette noirceur. Parfois un aboiement lointain la faisait sursauter et frissonner. Elle resserrait alors son écharpe de manière puérile, comme si cela suffisait à la protéger. Elle rêvait d’un gentil garçon qui serait à ses côtés dans les passages sombres de sa vie et lui tiendrait la main pour qu’elle ne soit plus jamais seule.
Elle en était là de ses rêveries quand il lui sembla que l’attente durait encore plus que les autres matins…

Bon sang mais c’est bien sûr! On l’avait annoncé à la radio mais elle n’y avait pas prêté attention au moment-même: suite à une agression sur un des leurs, les chauffeurs de bus avaient décidé d’arrêter le travail pour conscientiser tout le monde à leur manque de sécurité au travail. Elle s’apprêtait à faire demi-tour pour rentrer chez elle dépitée quand un coup de klaxon lui fit lever la tête: une voiture s’était arrêtée devant l’arrêt de bus et elle reconnut le gentil collègue qui la laissait souvent passer devant lui à la cafétéria. D’un geste du bras il l’invitait à ouvrir la portière et à faire le trajet avec lui en voiture.

Elle se dit à ce moment que l’avenir s’éclaircirait peut-être…

Allez vite voir sur Brick a book ce que cette photo a inspiré aux autres personnes.

Du côté de chez Ma

Ce samedi le mot proposé par Ma est « rond ». J’aime bien, c’est un beau mot, que l’on parle de forme ou de caractère, voire même de vin!

Quand j’étais jeune on disait « Cicéron c’est Poincaré » dans une logique totalement anachronique bien sûr…

Et donc je vous propose ci-dessous de très bons biscuits ronds parce que je suis gourmande et que j’aime ça (même si je ne crache pas sur les carrés bien sûr).

Un biscuit rond à la vanille,un spéculoos rond, un Oréo et une lunette de Romans avec deux trous ronds ça le fait non?

Mais parfois rond a une autre signification et, par exemple aux fêtes de Bayonne, il peut arriver que l’on rencontre, en fin de journée, des gens qui sont ronds comme des queues de pelle!

Si une comparaison entre l’adjectif ‘rond’ et une chose ronde paraît d’une logique implacable, l’important est maintenant de savoir pourquoi ‘rond’, en argot, est synonyme de ‘soûl’. Le mot ‘soûl’[1] est issu du latin ‘satur’ qui voulait dire ‘rassasié’, surtout de nourriture (pensez à ‘saturer’).
Au début du XIIe siècle, l’adjectif s’utilise pour désigner quelqu’un qui a mangé et bu à satiété (comme on le retrouve encore aujourd’hui dans ‘manger ou boire tout son soûl’).
D’ailleurs, Furetière, au XVIIe, indique que ‘soûl’ veut dire « qui a mangé autant ou plus qu’il ne faut pour vivre ».
Quant à l’adjectif ‘rond’, outre son sens premier, il a aussi désigné une personne ayant le ventre bien rebondi du fait d’avoir l’habitude de manger et boire plus qu’il ne faut. Donc une personne qu’on disait aussi ‘soûle’.

Ce n’est qu’à la fin du même siècle que son usage est restreint au sens de ‘ivre’, pour celui qui a bu plus que de raison. (source)
[1]: qui ne vient pas de Mossoul! 

Les murmures des murs

Certains savent que j’ai récemment passé une excellente semaine chez nos voisins bataves .

La région d’Utrecht est absolument charmante et j’aurai de fort jolies choses à vous montrer de cet autre pays du fromage qu’est la Hollande. On y trouve de merveilleux châteaux qui, à mes yeux, n’ont pas grand chose à envier aux célèbres châteaux de la Loire.

Pour commencer le partage des photos de ce séjour, j’ai pensé aux murs peints, ma fois plutôt colorés et réussis, ce qui me permet de continuer à entretenir mon blog sur le mode vacances. En effet, je ne fais pas de réelle pause dans mes publications mais le rythme est considérablement allégé par manque de temps ou d’envie, parce que je fais des tas d’autres choses et surtout qu’il fait trop beau pour rester enfermé devant un écran (et que dans le jardin le contraste n’est pas bon).

Voilà, ceci étant dit, je vous invite à regarder ces murs en sachant qu’un clic sur les photos permet de les voir en grand.

Des peintures moins colorées, au mur ou au sol, ont également attiré mon regard perçant .

A bientôt pour d’autres partages estivaux

Atelier d’écriture Brick a book 331

Pour l’atelier d’écriture Brick a book de ce lundi, Alexandra nous a proposé la photo ci-dessous.

© Everton Vila

Et voici les mots que cette image m’a soufflés:

Voici des fruits, des fleurs,…

Elle revenait de sa promenade dans les champs en chuchotant en boucle « les fleurs sont la promesse des fruits, les fleurs sont… ».
Elle savait ce qu’elle voulait dire, elle qu’on avait toujours décrite comme une belle fleur épanouie que tous les gars du pays essayaient de butiner.
Et puis il était arrivé pour aider aux récoltes, avec ses beaux yeux noirs enchanteurs, des yeux comme du velours. Toutes les filles lui tournaient autour mais lui ne voyait qu’elle et se fichait pas mal des autres. Il était si prévenant, serviable et doux qu’elle avait succombé, au grand dam des gars du village qui la regardaient depuis un peu en biais. Mais les amoureux ne voyaient rien d’autre que leurs yeux respectifs. Leurs mains, lorsqu’elles se trouvaient, semblaient aussi solidement attachées que des chaînes cadenassées.
Tout l’été on les avait vus se balader de ci de là, inséparables jusqu’à la tombée du jour. Elle avait été tellement heureuse quand elle s’était rendu compte que leur amour avait produit un fruit qui s’épanouissait en son sein. Sa sœur, à qui elle s’était confiée, pensait que son amoureux prendrait bien vite ses jambes à son cou pour retourner vers le sud, dans son pays d’origine, quand il apprendrait la nouvelle. Elle-même craignait un peu qu’il trouve que les choses allaient trop vite, qu’il n’était pas prêt à s’engager, et toutes ces choses contre lesquelles on l’avait mise en garde dès son adolescence. Cherchant les mots qu’elle choisirait pour lui parler, elle avait marché, seule pour une fois, dans les champs en répétant comme un mantra « les fleurs sont la promesse des fruits, les… » . Heureusement pour elle, quand elle décida enfin de lui dire son doux secret, il sauta de joie, lui qui avait grandi sans véritable foyer, placé à gauche et à droite dans des familles pas toujours très aimantes. Il vit là l’occasion de fonder enfin lui-même sa propre famille et de se poser dans la vie auprès de celle dont il était tombé éperdument amoureux. L’avenir lui souriait enfin après des années de chagrin.
C’est à leur avenir qu’elle rêvait en pressant les fleurs cueillies contre son ventre qui bientôt s’arrondirait de fort jolie façon. Un plus un égale trois et pas deux comme on le lui avait appris, pensait-elle, et les fleurs faneraient mais le fruit de leur amour durerait bien plus qu’un été…

Pour compléter ce moment de douceur je vous propose d’écouter le poème de Verlaine qu’aurait pu chanter le jeune homme à sa belle mais qui est ici chanté par Julos Beaucarne.

Du côté de chez Ma

Ce samedi Ma nous propose d’illustrer le mot « amusant » en photo.

Moi, qu’un rien amuse, j’ai dû chercher ce que j’allais choisir comme photo parce que photographier un rien c’est pas facile 

Et puis j’ai pensé à mon amusement quand j’ai reçu mon cousin et que j’ai vu ce qu’il m’offrait à la place des fleurs habituelles: un mini barbecue! Et finalement, après avoir testé, je me suis rendu compte que c’était non seulement amusant mais également très pratique pour faire un barbecue à deux sans devoir attendre d’être plus nombreux.

Il est important de bien l’accompagner bien sûr 

Pendant que les saucisses grillent, allez donc voir chez Ma comment les autres personnes ont illustré le mot de ce samedi.

Découverte: les fontaines de Verviers (B)

Je vous ai déjà emmenés à ma suite pour découvrir le street art à Verviers, pour rappel, l’article se trouve ici. Mais bien sûr cette ville a d’autres curiosités à nous proposer et je vous invite à me suivre à nouveau si vous le voulez bien dans cette ancienne cité lainière de la province de Liège.

À l’ère industrielle (du 18ème au début du 20ème siècle), elle fut un centre important de production lainière connu et reconnu mondialement pour ses innovations technologiques. Aujourd’hui, elle porte le titre de Capitale wallonne de l’eau accordé par la Région wallonne, qui en a fait son pôle de l’or bleu. Elle accueille notamment les administrations wallonne chargées de l’eau. Verviers est aussi embellie de nombreuses fontaines qui honorent ce titre.(source)

Si vous voulez situer Verviers, c’est facile, voici toutes les infos 

Trêve de plaisanterie, si vous ne craignez pas d’être éclaboussés, je vous invite à la découverte de quelques fontaines verviétoises en cliquant juste

ici

Pour rappel les mots soulignés sont, en général, des liens qui vous en apprendront davantage.

Atelier d’écriture Brick a Book 330

Je participe chaque semaine à l’atelier d’écriture proposé par Alexandra du blog Brick a book. Ce lundi, la photo qu’elle nous propose d’illustrer en histoire est celle ci-dessous.

J’avoue qu’elle déclenche moins d’idées chez moi que les précédentes mais je ne m’avouerai pas vaincue pour autant. Vous pouvez lire, sous la photo, le texte qu’elle m’a inspiré.

La faim justifie les moyens

Il avait faim, tellement faim! Ces billets qui étaient tombés de la poche d’un touriste le matin même avaient été dans sa journée comme une lueur d’espoir, hélas vite éteinte. Il les observait avec insistance, perplexe et tellement dépité. L’horloge lui rappelait que midi était largement dépassé et faisait comme un écho aux gémissements de son estomac vide. L’oiseau semblait se moquer de lui et de sa misère. Le poisson, hmmm! le poisson, dont il lui semblait sentir l’odeur de friture et même le jus de citron, indispensable quand on est gourmet. Quant à la grenouille, c’est sûr qu’elle était mignonne comme ça sur sa tige mais il était tellement affamé qu’il imaginait plutôt ses bonnes cuisses bien grasses avec une sauce à l’ail qui le faisait grincer des dents de manière irrépressible.

Oh, je sais ce que vous pensez, avec cet argent il pourrait acheter à manger, sauf que…on n’accepte pas les dollars des Bermudes dans un restaurant parisien, même non étoilé! Et puis, il n’inspirait pas trop confiance dans ses vêtements crasseux, sa barbe de huit jours et son haleine avinée. Et son chien, son seul ami, tellement fidèle mais un peu pouilleux, il fallait bien le reconnaître, jamais il ne l’attacherait à l’extérieur, le temps de manger… Il n’avait pas perdu tout jugement sur sa situation actuelle. Quand il était encore cadre dans une importante société, il était tiré à quatre épingles et fréquentait de beaux restaurants avec ses collègues aussi nantis. Et puis la vie, parfois belle mais aussi parfois cruelle, l’avait envoyé au tapis. Un divorce douloureux, l’éloignement de ses enfants emmenés par son ex-femme dans un autre pays, moins d’assiduité au boulot où finalement on l’avait remercié en assurant qu’on n’oublierait jamais tout le bien qu’il avait apporté à la société. Qu’on lui en serait toujours reconnaissant et bla bla bla… Il s’était retrouvé sans emploi avec une petite somme d’argent qui avait fondu comme neige au soleil. Il n’était pas spécialement dépensier mais, pour ses enfants, il avait fait quelques folies, espérant ainsi que ceux-ci ne l’oublieraient pas trop vite dans leur nouvelle vie. Et puis la dégringolade, inattendue, incompréhensible mais tellement rapide…

Reprenant son calme et ses esprits, il regarda à nouveau ces billets inutiles. C’est vrai qu’ils étaient beaux, joliment décorés, mieux que les euros trouvait-il, plus exotiques aussi mais tellement insidieux dans les réflexions qu’ils provoquaient!

A deux pas de là, un jeune homme regardait ce pauvre hère penché sur ces billets tellement colorés. Il en avait envie mais n’osait pas. Prenant enfin son courage à deux mains, il aborda le clochard en lui expliquant qu’il collectionnait les billets étrangers et n’en avait encore jamais vus d’aussi beaux. Il aimerait tellement les posséder. Il proposa d’aller lui acheter un menu au Mac Do tout proche, pendant toute la semaine,  en échange des quatre billets. 

Ce n’était pas vraiment des cuisses de grenouilles ou du poisson mais il avait tellement faim que ce fut peut-être le meilleur repas qu’il ait fait depuis longtemps! Il s’endormit, repu, dans ses cartons avec, comme une veilleuse, la petite lueur d’espoir aperçue le matin qui s’était rallumée: la vie, parfois cruelle mais aussi parfois belle 😉

 

N’oubliez pas d’aller voir sur Brick a book ce que cette photo a inspiré aux autres participant(e)s. Je suis sûre que vous y trouverez de belles surprises.

Du côté de chez Ma

Pierre Dac disait « Sur les bancs de la faculté, il faut bien que jeunesse se tasse » mais je ne pense pas que c’est à ça que pensait Ma quand elle nous a proposé ce samedi d’illustrer en photo le mot tasse…

Je vous propose d’abord une photo de très grande tasse sur un manège pour enfants en Belgique.

Et puis parce que ça fait toujours plaisir, je vous offre un café mais pas le petit café comme en France mais plutôt un bon grand cappuccino généreux et crémeux à souhait.

Comme en tout il faut rester raisonnable et ne pas abuser bien sûr…

Pour voir comment les autres participants ont illustré ce mot je vous invite à aller voir chez Ma

C’est la saison des allergies mais pas que… 🤧

Chez moi c’est aussi le moment d’une crise de paréidolie! Une de plus…Oh ce n’est pas grave mais vu que je circule beaucoup plus en été, forcément les effets se manifestent davantage…

Je vais donc vous livrer les images qu’a fait jaillir dans mon esprit ramolli par la canicule cette nouvelle crise afin de voir si vous aussi vous êtes atteints.

Il suffit de cliquer sur les vignettes ci-dessous pour voir les photos en grand. Ce sont souvent des visages qui m’apparaissent mais aussi des animaux (escargot, papillon).

La dernière image m’a irrésistiblement évoqué Pinocchio, allez savoir pourquoi…

Et n’ayez crainte, il semblerait que ce ne soit pas contagieux, quoique…

Atelier d’écriture Brick a Book 329

Je participe maintenant de manière hebdomadaire à l’atelier d’écriture en ligne Brick a book. Les textes sont envoyés en commentaires et commentés directement sur le post chez Alexandra.

La photo proposée pour ce 329ème atelier est celle ci-dessous.

Et voici l’histoire qu’elle m’a inspirée:

L’eau vive

A chaque fois qu’elle posait son doigt doucement à la surface de l’eau, des ronds concentriques se formaient et s’éloignaient tout aussitôt avec un effet un peu hypnotique…
Elle aimait sentir la fraîcheur de l’onde sur sa peau, le frisson qui se propageait le long de sa main et au-delà. Elle recommençait encore et encore, essayant de poser le plus petit bout de doigt possible, juste assez pour sentir l’eau sans créer de remous. Jamais elle n’y arrivait et cette victoire permanente des éléments sur sa propre volonté l’énervait  au plus haut point. A l’eau, non mais à l’eau quoi pensait-elle avec rage. Elle n’avait pas encore compris que parfois impossible est bien français. 

Et d’abord, pourquoi des ronds et pas autre chose? Son doigt n’était pas parfaitement rond que diable, il était même plutôt tordu. A tel point qu’elle cachait souvent ses mains et regrettait l’époque où les élégantes portaient des gants crochetés au coton blanc. Et donc pourquoi ne créait-elle que des encyclies alors qu’elle aurait tellement voulu se démarquer et faire des cœurs par exemple ou autre chose, à l’instar de ce qui décore parfois joliment la crème sur le café?

Elle en était là de ses réflexions quand d’un gros « splash » un poisson sauta dans la barque! Elle eut tellement peur qu’elle se redressa d’un bond, fit chavirer la légère embarcation et se retrouva dans l’eau entourée de nombreux et très grands cercles autour d’elle, comme autant d’éclats de rire moqueurs de la rivière. L’humidité la sortit de ses rêveries et, trouvant finalement la situation parfaitement ridicule, elle se senti prise d’un fou-rire irrépressible à son tour.

 

Et puis, parce que je ne peux pas m’en empêcher et que j’aime ça,  je vous propose en partage une version féminine tout en légèreté et fort d’à propos des Moulins de mon coeur.