Brick a book 386 ✍🏻

Le lundi c’est le jour où j’essaye d’écrire un texte pas trop long sur base de la photo proposée sur le blog Brick a book.

Cette semaine il s’agit de la photo ci-dessous. J’espère que l’histoire qui m’est venue à l’esprit tiendra la route 😊.

Il m’avait amenée dans ce coin désert pour m’apprendre à conduire. Enfin, c’est ce qu’il m’avait dit, ou ce que j’avais cru comprendre en tout cas.

Après s’être arrêté sur le côté du champ, il m’avait embrassée langoureusement. C’est clair que ça ne me déplaisait pas mais je n’avais pas la tête à flirter: il fallait que j’aie mon permis le plus vite possible pour postuler au job de mes rêves.

Je m’étais laissé glisser hors de ses bras avant d’agripper la poignée de la voiture et de sortir en rigolant. Surpris, mon copain avait sauté à son tour hors de la voiture mais je l’avais contourné en courant me glisser derrière le volant.

J’avais bien vu que ça ne le faisait pas rire mais ce ne serait pas la première fois que nous ne serions pas sur la même longueur d’onde. Pour moi, une seule chose comptait: apprendre à déplacer ce tas de ferraille correctement.

Il s’était éloigné du véhicule en sifflotant et j’avais supposé qu’il était parti satisfaire un besoin naturel un peu plus loin…

Mais le temps passait et je ne le voyais pas revenir. Je commençais à m’inquiéter un peu en me demandant s’il ne m’avait pas réellement abandonnée là en représailles.

Je me rongeais les ongles, que faire? Je sortis du véhicule à mon tour et commençai à fouiller du regard l’entrée du bois.

C’est à ce moment que j’entendis un grand éclat de rire et le moteur tourner. Il était fier du tour qu’il venait de me jouer mais, dès qu’il vit mon air renfrogné, il me fit un sourire irrésistible avant de sortir de la voiture et de m’inviter à reprendre ma place d’apprentie-conductrice en me disant

— Fini de jouer  la leçon commence vraiment, débraye et enclenche la première!

Je vous invite vivement à passer sur le blog Brick a book, vous serez surpris(e) de voir la diversité des textes élaborés au départ de la même photo.

Et, si le coeur vous en dit, pourquoi ne pas proposer également sur le blog les mots que cette photo vous aura inspirés? 😉.

Bonne semaine à tout le monde.

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L’agenda ironique

J’ai découvert cet exercice il y a peu et la date de dépôt est le 26 novembre. Bon, c’est un peu juste comme délai mais l’organisateur m’invite à faire preuve rapidement d’imagination, les votes n’étant pas encore ouverts.

Bref, de quoi s’agit-il exactement?

Il nous est demandé de produire un texte inspiré du thème « Un temps pour chaque chose », comme il est dit dans l’Ecclésiaste III.
Comme contrainte, nous devons faire un (ou plusieurs) anapodotons, ainsi qu’’employer l’expression « Bretzel liquide »!

Pas de panique, moi non plus je ne connaissais ni anapodoton ni anacoluthe jusque là mais ce n’est pas ce petit détail qui va m’arrêter 😄.

J’ai été lire les textes envoyés par les autres participant(e)s et j’ai vraiment apprécié leur diversité, la distraction que ça m’a procurée et les sourires qu’ils ont provoqués.

Comme on sait depuis longtemps que le ridicule ne tue pas et que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, j’ai décidé de me lancer modestement, pas  pour le meilleur mais pour le rire.

J’étais ce qu’on appelle un bon vivant. J’étais connu comme le loup blanc dans mon petit village des Ardennes belges. A Hotton, j’étais de toutes les fêtes, toutes les réjouissances quelles qu’elles soient. Comme j’étais plutôt beau garçon, les filles se battaient pour tournoyer dans mes bras au bal du village. J’étais heureux, insouciant et libre. 

Un jour, alors que je me baladais à proximité de la place du Chat, je vis débouler un camion à toute vitesse. Nous ne pûmes nous éviter, ni l’un ni l’autre. J’appris plus tard que ses freins avaient cédé et que le conducteur n’était que légèrement blessé. Quant à moi, il paraît qu’on me ramassa littéralement à la petite cuiller. J’étais heureusement inconscient et mon esprit se trouvait dans un état semi-comateux, ouaté et ma foi pas désagréable.

La suite l’est moins puisqu’il fallut m’amputer des deux jambes: je devins alors cul-de-jatte ou, comme disent les latinistes un anapode (de ana et pode bien sûr).

Les experts de l’assurance mirent en évidence que non seulement les freins avaient lâché mais aussi que les roues du camion avaient glissé dans une espèce de bretzel liquide géant répandu sur la chaussée! La responsable était bien connue, c’était un ersatz de pâtissière alsacienne installée dans la région depuis longtemps. Ses ratages culinaires étaient connus et on ne passait jamais devant sa maison sans craindre de la voir ouvrir la porte pour balancer rageusement son dernier exploit sur la route!

Oserai-je dire que ça me faisait une belle jambe que les médecins considèrent que j’étais un miraculé? Plus de bals, de filles, d’insouciance. Heureusement que j’étais d’un naturel optimiste et que, trouvant plus de pitié que de  plaisir à Hotton, j’avais décidé de prendre le large en m’offrant un véhicule adapté. Changer d’air et enfin découvrir le monde, c’était ça mon nouveau but. Oh ça ne s’était pas fait en un jour mais un matin je m’étais éveillé en pensant qu’il y avait un temps pour pleurer et un temps pour vivre. C’est celui-là qui m’intéressait maintenant.

De mes voyages, je fis des livres illustrés par mes photos personnelles. J’y racontais mes aventures et je gagnais plutôt bien ma vie tout en m’amusant. J’avais l’impression d’enfin vivre pleinement.

Je me souviens encore de l’air ébahi de mon premier éditeur me demandant quel était le pseudonyme que j’avais choisi.
Pensant à ma nouvelle vie depuis l’accident et à mon village, je suggérais très vite “anapode d’Hotton”. Il compris Anapodoton, resta perplexe mais accepta ma lubie, il en avait vu d’autres… 😉

Voilà c’est tout ce que j’ai pu produire dans un temps aussi court. J’essayerai peut-être de faire mieux une prochaine fois. Le principal pour moi étant de m’être amusée à pondre cette histoire…belge.

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Brick a book 385 ✍🏻

Ce n’est pas parce qu’on a passé une semaine qu’on doit perdre les bonnes habitudes. Comme tous les lundis donc, ou presque, voici ci-dessous la photo qu’Alexandra du blog Brick a book livre à notre imagination pour faire naître un texte.

Vous trouverez le mien sous la photo.

©Nsey Benajah

Nous étions là, pied-dessus pied-dessous en train de nous disputer une fois de plus.
Il me reprochait de toujours tout prendre au pied de la lettre! Il venait encore de râler parce qu’on ne se voyait pas assez. C’était un comble alors que je travaillais d’arrache-pied pour terminer mon mémoire, et que lui me demandait toujours de faire des trucs au pied levé en s’impatientant si je n’y arrivais pas.
Il commençait sérieusement à me casser les pieds! S’il continuait, j’allais mettre un coup de pied dans la fourmilière et il trouverait quelqu’un d’autre pour prendre son pied. Ce n’était pas qu’il soit bête comme ses pieds, non il était même plutôt intelligent et sympa comme mec mais avec lui j’avais souvent l’impression d’avoir les deux pieds dans le même sabot. Au début je trouvais ça rassurant qu’il prenne des initiatives et me guide mais depuis plusieurs semaines je me sentais foulée aux pieds et  j’étouffais, pieds et poings liés, sans aucune liberté.

C’est en marchant sur la pointe des pieds que je lui ai suggéré de lever le pied dans notre relation. Cette fois j’avais mis les pieds dans le plat et il me reprochait déjà de le mettre au pied du mur, de ne plus l’aimer… Je le voyais perdre pied petit à petit.

Dire que je le mettais sur un piédestal depuis six mois alors qu’il n’était finalement qu’un géant aux pieds d’argile. En fait il me marchait sur les pieds depuis le début et je venais seulement d’en prendre conscience.

Là je voyais dans ses yeux qu’il était blessé. Je ne l’avais pas habitué à me rebeller. Il ne savait plus sur quel pied danser. Il avait du mal à admettre qu’il s’était tiré lui-même une balle dans le pied en me rabaissant ainsi et sa  seule défense était de dire que je m’étais probablement levée du pied gauche! Il ne se remettrait jamais en question, j’en étais certaine à présent.

Il fallait trancher dans le vif et prendre mes pieds…euh mes jambes à mon cou non sans lui avoir souhaité en ricanant de trouver une autre chaussure à son pied  😉.

Pour voir où l’imagination des participant(e)s les entraîne, courez vite voir sur Brick a book. Promis, vous ne serez pas déçu(e) 😊.

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Brick a book 384 ✍🏻

Comme tous les lundis, je participe à l’atelier d’écriture en ligne Brick a book.

Le principe est simple, Alexandra nous propose une photo, à nous de tricoter l’histoire qui l’habillera.

Cette semaine c’est la photo ci-dessous qui sert de support.

©Zo Razafindramamba

J’ignore pourquoi les gens détestent les corbeaux. C’est vrai que ce ne sont pas les plus beaux et les plus colorés des oiseaux, loin de là, mais ce sont des êtres vivants.

Moi, depuis plus d’un mois que je suis confiné dans ce chalet de montagne, j’ai eu le temps de les apprécier.

Il faut dire qu’il n’y a pas la télé, pas Internet et mon téléphone portable a parfois une seule barre de réseau quand je me déplace en levant le bras dans les congères autour du chalet et que j’ai de la chance.

Oh bien sûr, les premiers jours j’ai adoré être isolé, sans contraintes ni horaires, enveloppé dans l’ouate de neige qui feutre tous les sons qui d’habitude me gênent pour écrire.

J’ai oublié de vous dire que je suis écrivain. Oui, oui, un vrai, un qui a déjà une dizaine de romans édités à son actif et, en plus, ces derniers se vendent très bien.

Et donc mon cher agent (je dis cher parce qu’avec ce qu’il prélève sur les ventes de livres c’est vrai qu’il me coûte très cher) a eu la merveilleuse idée de louer ce chalet rien que pour moi, il y a mis des tonnes de provisions, du bois en quantité suffisante pour chauffer tout l’hiver et m’ a asséné un péremptoire

—”J’attends ton tapuscrit dans 3 mois au plus tard. De toutes manières tu n’auras que ça à faire donc ça devrait aller”.

Et me voilà, comme un con à essayer d’attirer les corbeaux avec du pain séché. Il faut dire que ce sont les seuls êtres vivants que je côtoie et qu’ils me rappellent qu’il y a une vie ailleurs. Et même s’ils sont moches, malaimés et qu’ils croassent de manière dissonante, ils sont ma seule récréation et c’est dingue comme je les envie de savoir voler…

Comme d’habitude, je vous invite à poursuivre la lecture en découvrant les textes des autres participant(e)s à cet atelier sur le blog Brick a book et je vous souhaite une excellente semaine.

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Brick a book 383 ✍🏻

Comme chaque lundi, je participe à l’atelier d’écriture en ligne sur Brick a book.

Le principe? Une photo sert de déclencheur d’écriture et on laisse vagabonder son esprit et ses doigts sur le clavier pour écrire une courte histoire.

Cette semaine c’est la photo ci-dessous qui donne le ton 😉.

©Saso Tusar

Je n’aurais jamais dû boire autant! Chaque année c’était pareil, ma grand-mère voulait absolument rassembler toute la famille la veille de la Toussaint. Moi, ça me barbait tellement que, non seulement je m’empiffrais des nombreux plats proposés  mais en plus je les arrosais copieusement grâce aux grands crus sortis de la cave familiale pour l’occasion.

Mon grand-père était un fin connaisseur en œnologie et il avait passé sa vie à accumuler d’excellentes bouteilles au fil des années. Depuis son décès, grand-mère nous gâtait en disant que  depuis que Pépé était parti rien n’avait plus d’importance dans sa vie que notre rassemblement annuel.

Oh nous nous voyions souvent entre cousins mais rarement tous ensemble comme chaque 31 octobre.

Le rituel état immuable, nous passions tous la nuit dans la grande maison qu’avaient fait bâtir mes arrière-grands-parents de manière à être ensemble au moment de partir au cimetière tout proche fleurir les tombes de la famille. Après le repas nous nous étions dispersés. Certains avaient sortis les vieux jeux de société usés par les nombreuses parties qui avaient jalonné nos vacances communes chez nos grands-parents.

Préoccupée par un souci au travail, je n’avais pas souhaité me joindre aux autres et je m’étais éloignée, un verre dans une main et les trois-quarts d’une bouteille entamée dans l’autre.

Je m’étais finalement assoupie dans la véranda agréablement chauffée. Au petit matin, le soleil qui se levait avait paré le ciel de couleurs chaleureuses. J’étais un peu vaseuse, plus tout à fait endormie mais pas tout à fait réveillée quand je vis sauter sur le toit vitré une silhouette qui m’effraya et me sortit brusquement de ma torpeur.

Il paraît que j’ai poussé un hurlement tellement inhumain que j’ai réveillé d’un coup toute la maisonnée. 

C’est quand j’ai vu les têtes hirsutes et les mines inquiètes de mes cousins en pyjama autour de moi que j’ai vraiment pris conscience du comique de la situation.

Un fou-rire irrépressible m’a empêchée pendant plusieurs minutes d’expliquer que c’était Oscar le vieux gros matou de  Mémé qui m’avait tellement effrayée. Il faut dire que mon hurlement l’avait fait fuir au diable Vauvert ce qui finalement n’était que normal à la fin de cette nuit de Halloween!

Votre lecture terminée, je vous invite à vous rendre sur Brick a book pour découvrir les autres écrits inventés au départ de la même photo. C’est souvent très étonnant de voir où chaque écrivant(e) aboutit alors que nous partons tous de la même photo…

Bonne semaine 

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Brick a book 382 ✍🏻

Le lundi est le jour où je laisse voguer mon imagination pour rédiger une histoire déclenchée par une photo proposée sur le blog Brick a book.

Cette semaine, il s’agit de la photo ci-dessous.

©Lorenzo Cerato

Et voici les mots qu’elle m’a inspirés:

Depuis qu’on vivait dans ce pays qui nous avait accueillies, Maman était beaucoup plus cool avec moi. Elle avait bien un peu crié quand elle avait vu mon tatouage mais, comprenant que c’était trop tard, elle n’avait plus rien dit.

Elle avait aussi accepté de me payer un smartphone pour que je sois comme tous mes copains même si pour ça on avait dû  manger des pâtes au beurre pendant un mois…

La vie n’était pas simple, même si ma mère trouvait des petits boulots de ci de là pour grossir un peu la maigre allocation qui nous permettait tout juste de survivre depuis que Papa nous avait quittées.

Alors même si  je craignais que quelqu’un nous surprenne et que dans ce cas je ressentirais une honte pas possible, je la laissais faire quand elle voulait tresser mes cheveux comme à une petite fille. Je savais que c’était sa manière à elle de se rassurer, de se dire que j’étais toujours son bébé et que j’avais besoin d’elle. Il me suffirait de passer la main dans mes cheveux pour les ébouriffer une fois le coin de la rue tourné. Mais ce petit moment entre nous je savais qu’elle y tenait et le moins que je puisse faire était de le lui accorder.

Pour continuer la lecture, je vous invite à parcourir les textes des autres participant(e)s sur Brick a book.

Bonne semaine à tout le monde 😊.

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Brick a book 381 ✍🏻

Si vous êtes un(e) habitué(e) de mon blog vous savez que le lundi je participe avec plaisir à l’atelier d’écriture proposé par Alexandra du blog Brick a book.

Le principe est on ne peut plus simple puisqu’il suffit de s’imprégner de la photo proposée avant de laisser nos doigts courir librement sur le clavier. Même pas besoin de tremper notre plume dans l’encrier…Simple non ?

©David Shoykhet

J’étais tombée par hasard  sur cette ancienne photo en noir et blanc en triant de vieux papiers jetés dans une boîte à chaussures. Une bouffée de nostalgie m’envahit à ce moment, c’était si vieux tout ça.

J’avais dix-sept, dix-huit ans à peine et c’était mon premier rendez-vous. 

Tu m’avais invitée au restaurant pour fêter la Saint-Valentin et j’étais intimidée en t’attendant. J’aurais préféré que tu viennes me chercher chez moi et que nous entrions ensemble dans la grande salle mais je ne sais plus pourquoi tu avais souhaité que nous nous retrouvions sur place.

Un serveur condescendant m’avait emmenée vers la table où se trouvait un petit carton noir marqué “Réservé”.

Je ne savais comment me donner une contenance et tout ce qui me venait à l’esprit en regardant les pauvres tulipes dans leur vase c’était que dès demain, ou après au plus tard, elles se courberaient vers le bas.

Mais là elles étaient droites et raides, comme moi, assise sur le bord de la chaise, mal à l’aise et guettant nerveusement tous les mouvements de la porte d’entrée. 

Le serveur m’avait proposé un apéritif que j’avais évidemment refusé. Mes parents m’avaient fait tellement de recommandations pour cette première sortie sans eux…

Tu étais enfin arrivé, l’appareil photo en main comme presque toujours et c’est toi  qui avait immortalisé sur le papier mon attitude de petite fille un peu perdue, ne se sentant pas tout à fait à sa place.

Je ne me souviens plus de la suite ni de ce que nous avions mangé et bu mais tu m’avais raccompagnée en me tenant par les épaules. Je suis certaine que si tu m’avais à nouveau photographiée après ton baiser devant la porte, la photo aurait été riche en couleurs.

Comme chaque lundi, je vous invite vivement à aller lire sur le blog Brick a book, les autres textes nés au départ de la même photo.

Je vous souhaite une très belle semaine 😊.

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Brick a book 380 ✍🏻

Le lundi c’est jour de rendez-vous sur le blog Brick a book. Le principe? Alexandra nous propose une photo et nous laissons courir nos doigts sur le clavier pour écrire l’histoire qu’elle nous inspire. Mes mots sont sous la photo de la semaine, ci-dessous.

©Jeff Trierweiler

J’hésitais… Le message reçu précisait bien d’accrocher un ballon rouge à la portière droite de la voiture.

C’était le signe de reconnaissance apparemment. Pourquoi un ballon rouge? Va savoir. Peut-être un frustré qui chantonnait comme Lama “je n’ai pas eu de ballon rouge”? Bref, tout ça me semblait un peu bizarre mais en même temps ça titillait ma curiosité.

Je nous avais inscrits, mon frère et moi, à un rassemblement de jeunes pour faire la fête. Le message posté sur Facebook était clair: à 19h à l’entrée du bois…avec un ballon rouge bien visible pour que le guetteur nous guide ensuite.

Ce ballon je le caressais du bout des doigts, j’aimais ce contact mais en même temps je me demandais si c’était raisonnable d’aller ainsi vers l’inconnu. Certes, c’était grisant ce côté un peu mystérieux. Peut-être y retrouverais-je des amies ou y ferais-je de nouvelles connaissances. C’est ce qui m’avait excitée au départ et ce qui m’avait donné suffisamment d’arguments pour convaincre mon frère de m’accompagner. Mais plus je réfléchissais plus je m’agitais sur mon siège. Après tout je ne connaissais pas la personne qui avait lancé cette idée et c’est surtout par défi que j’avais dit “on y va”.

La voiture qui nous précédait arborait le même ballon mais j’hésitais de plus en plus au point que mes doigts commençaient à se crisper sur le plastique rouge. Une drôle d’impression m’envahissait.

Tout à coup, mue par je ne sais quelle impulsion, alors que nous approchions du lieu de rendez-vous, mon ongle creva la baudruche tandis que je disais à mon frère de continuer son chemin, sans s’arrêter.

C’est sûr que la lumière des gyrophares aperçus un peu plus loin sur la route y était pour quelque chose 😉.

Cette fête organisée sans autorisation n’avait pas plu au voisinage et la police était intervenue pour disperser les jeunes après  avoir relevé leur identité, probablement pour avertir les parents des mineurs d’âge.

Je ne saurais donc pas si j’aurais aimé ou non l’expérience dont le goût de défendu m’avait fait rêver pendant huit jours. En tout cas, je n’avais nulle envie de renouveler l’expérience  Mais peut-être est-ce cela qu’on appelle  “rêve parti”…

Pour lire les autres histoires très différentes inspirées par la même photo, je vous invite à vous rendre sur  Brick a book.

Et si l’exercice vous tente, pourquoi ne pas proposer également votre texte? 😊

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Brick a book 379 ✍🏻

Chaque lundi je m’essaie à l’exercice proposé sur Brick a book, à savoir imaginer une histoire au départ d’une photo.

Cette semaine il s’agit de la photo ci-dessous et elle est suivie des mots qu’elle m’a inspirés.

©Connor Houtman

Il faisait noir, très noir comme si la lune était partie loin, très loin sans se retourner. J’étais fatigué d’avoir marché tellement, dans tous les sens en te cherchant. En levant les yeux je vis ces quatre chiffres qui brillaient dans le noir comme une invite.

“1989”, l’année de réunification des deux parties de l’Allemagne. C’était bon signe. Non que toi ou moi sois allemand mais, dans l’état où j’étais, me rappeler d’une réunification ne pouvait qu’être positif.

Et puis ils étaient bien éclairés en vert ces chiffres, n’était-ce pas la couleur de l’espoir? Par un raccourci osé mon esprit traduisit cela par “l’espoir d’une réunification”…pour notre couple.

Tu étais partie en claquant la porte, pleine de colère à mon encontre. Nous nous disputions souvent mais jamais encore tu n’étais partie comme ça.

Après avoir contacté tous nos amis et ta famille malgré l’heure tardive, l’angoisse m’avait laissé pantelant. Il fallait que je bouge, que je parte à ta recherche. Je ne pouvais pas rester à rien faire dans cette maison vide, tellement vide sans toi.

J’ai parcouru les rues en m’éloignant de plus en plus du quartier où nous vivions jusqu’à tomber en arrêt devant ces signes d’espoir tout là-haut.

Je sais bien que je m’accrochais à un fétu de paille mais la raison avait déserté mon esprit pour l’emplir du manque de toi.

La nuit qui s’achevait doucement me vit chanceler, ivre de fatigue et de chagrin.  Dans ma tête, la raison me soufflait de faire demi-tour et ces chiffres, devenus moins visibles au lever du jour, semblaient là, juste pour moi, à me dire que toi aussi tu avais fait demi-tour…peut-être…

Pour que l’exercice soit complet, je vous invite à aller voir sur Brick a book les mots des autres participant(e)s et je vous souhaite une excellente semaine.

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Brick a book 378 ✍🏻

Le lundi on fait l’inverse du samedi: chez Ma on illustre en photo(s) un mot ou groupe de mots et sur Brick a book on illustre une photo par nos propres mots.

Deux exercices différents mais qui combinent deux de mes centres d’intérêt, c’est chouette non?

Cette semaine Alexandra nous a proposé la photo ci-dessous comme déclencheur d’écriture. Elle est sans couleurs et m’inspire plutôt de la tristesse.

Vous trouverez sous le cliché, les mots qui me sont venus.

©Philippe Dehaye

J’étais un peu stressé dans la voiture qui m’emmenait à l’aéroport.

Je regardais défiler les paysages. Je connaissais bien cette région, c’était la mienne, celle où j’avais vécu tellement de choses déjà depuis ma naissance.

Ne trouvant pas d’emploi malgré une recherche assidue depuis deux ans, j’avais fini par chercher une autre solution. Je ne pouvais pas rester inactif et continuer à vivre à charge de mes parents. Je n’avais rien d’un Tanguy et ils étaient, par ma faute, obligés de se serrer la ceinture. Les fins de mois étaient difficiles, même si ma mère me disait de ne pas m’inquiéter et que ça lui faisait plaisir de me garder encore un peu sous son aile.

J’aimais beaucoup mes parents mais je ne supportais plus de vivre ainsi. Quand j’avais vu une offre d’emploi qui m’obligerait à partir de l’autre côté de la terre, je n’avais pas hésité une seconde à postuler.

Pendant trois mois, j’avais participé aux différentes épreuves qui devaient mener au choix de l’ heureux candidat  qui serait engagé in fine.

Mon acharnement à bien préparer chaque épreuve avait fini par payer puisque j’avais finalement  été retenu pour le poste à pourvoir.

Passés l’ivresse de la victoire et l’enthousiasme de voir enfin mon ciel s’éclaircir après avoir effacé tous ses nuages, j’étais troublé.

J’avais l’impression que j’allais basculer dans le vide en quittant ma vie, ma famille, mes copains, mes petites habitudes.

J’étais anxieux en voyant arriver le moment des adieux. Je me forçais pourtant à positiver en me disant que j’avais été le meilleur et qu’une nouvelle vie, forcément belle, m’attendait à l’arrivée.

Mon coeur était serré, mon estomac noué et mes mains se tordaient de manière incontrôlée. 

Les premiers temps furent difficiles mais j’ai fini par m’habituer à mon nouvel environnement. 

Depuis quelques mois, je fréquentais assidûment celle qui, au départ n’était qu’une collègue  et j’étais en route vers l’aéroport afin d’accueillir mes parents qui nous rendaient visite pour la première fois.

A nouveau, mon coeur était serré et mon estomac noué par crainte qu’ils désapprouvent mon choix…

Mais j’avais mûri depuis mon arrivée et j’étais plus serein. J’avais construit ma nouvelle vie et je ne pouvais imaginer qu’elle ne soit pas merveilleuse. 

Quand votre lecture est terminée, si vous êtes curieux de lire les autres textes inspirés par la même photo, rendez-vous vite sur Brick a book 🙂.

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