L’agenda ironique de juin

Voici venu le temps de vous proposer ce que j’ai écrit pour l’agenda ironique de juin.

Comme je suis actuellement en vacances, j’ai écrit ce texte rapidement avant de partir et je ne l’ai plus retravaillé (ben oui, en vacances on n’a pas le temps c’est bien connu et avant ben on se prépare😁).

Pour rappel, les consignes et l’hébergement sont assurés par Le retour du Flying Bum.

Je vous invite à partager mon pique-nique:

Le pique-nique annuel de la famille Dupont-Dugard

Il faisait chaud ce dimanche-là. Une chance tout de même après les orages de la semaine : il n’y avait plus aucun nuage au-dessus de nos têtes et la journée promettait d’être très belle.

Il y avait un mois que je préparais tout, faisais des listes d’achats faits ou à faire, entassais des choses improbables dans une armoire dont je gardais jalousement la clé. Je voulais que ce pique-nique familial soit une réussite et une bonne surprise.

Nous organisons chaque année de grandes retrouvailles en famille. Nous sommes environ une soixantaine à chaque fois et l’organisation incombe alternativement à mon frère ainé et à moi parce que nous sommes les plus efficaces ou les plus cons, les autres ayant toujours de bons prétextes pour ne rien faire : « trop de travail », « pas possible avec les enfants », « l’année prochaine peut-être », « tu fais ça si bien » et autres niaiseries. C’était à mon tour cette fois de choisir le thème qui allait nous accompagner dans toutes les activités : les dessins de la vaisselle jetable, les banderoles en papier, les jeux qui nous occuperaient après le repas sans oublier les salades colorées et les viandes froides….

Bien que ne préparant rien, tous jouaient les sycophantes en permanence avec l’air de ne pas y toucher, en me posant des questions apparemment innocentes dans l’espoir que je me trahirais à un moment, sans succès bien sûr, j’étais sur mes gardes 24 heures sur 24.

A peine levée, le samedi matin, j’ai commencé à transporter tous mes achats dans le coffre de la voiture. J’étais surexcitée : la hâte de montrer mes talents d’organisatrice était talonnée par une petite crainte que quelque chose foire.

Arrivée dans la prairie réservée pour l’occasion, je commençai à déplier les tables et à y disposer tous mes achats.

Dans un coin, deux tables supporteraient le buffet. Au moment où je déposais le seau de mayonnaise près des crudités, une odeur nauséabonde se fraya un chemin jusqu’à mes narines : l’émulsion était clairement nidoreuse ! Je me sentis rougir jusqu’à la racine des cheveux, le cœur au bord des lèvres. Dans mon souci de tout cacher, j’avais omis de conserver certaines choses au frais…

Tant pis, il me restait d’autres sauces dont un gros pot de picallili[1]qui ferait l’affaire à coup sûr. J’espérais juste que mon petit-cousin adolescent n’allait pas parcourir le buffet des yeux avant de brailler comme à chaque fois : « Quoi ! Y a même pas de mitraillette »[2] !

Relevant la tête de tout mon barda, je vis une grande asperge aux cheveux flavescents sautiller d’un pied sur l’autre en se tortillant. Il me fallut cinq secondes pour reconnaître Luisa, ma petite cousine. J’avais gardé le souvenir d’une gamine épanouie et là, soit elle avait fait un régime carabiné soit elle était devenue anorexique. Il faudrait que j’éclaircisse ça plus tard. Pour l’heure je me réjouissais qu’elle propose de m’aider, quelle que soit son apparence.

Les aiguilles de ma montre avaient subitement pris une vitesse exponentielle. J’entendais déjà midi sonner au clocher du village quand mon frère arriva en courant, il tenait des propos amphigouriques. De tout son charabia je ne retins que le mot « bébé » qui revenait sans cesse. Il venait d’apprendre qu’il serait bientôt grand-père mais moi, ça m‘était bien égal qu’il y ait une personne de plus au pique-nique de l’an prochain puisque ce serait à lui de le préparer !

Quand tout fut prêt et que le reste de la famille arriva, je compris enfin l’état d’euphorie de mon frère ! 

J’allai le trouver pour le féliciter en écrasant une larme d’émotion et nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre. Oublié le stress de préparation du pique-nique, place aux réjouissances !

[1] Le piccalilli belge est une sauce à base de légumes, de vinaigre, de sucre, de moutarde et de curcuma. Les légumes utilisés sont les petits oignons, les cornichons, le chou-fleur.

[2] La mitraillette est une des préparations culinaires les plus populaires de Belgique. Elle se compose d’une demi baguette de pain, de viande, de frites, et de beaucoup de sauce.

La date limite de rentrée des textes est le 24 juin (jour de la Saint-Jean et de ses feux) donc, si l’exercice vous tente, n’hésitez pas à rejoindre ce groupe sympa d’écrivants tolérants et sympathiques.
Il suffit pour cela de déposer votre texte (qui respecte les consignes bien sûr) sur le blog  Le retour du Flying Bum.

Bonne journée.

Continuer la lectureL’agenda ironique de juin

Quand je sers de relais pour l’Agenda Ironique 😊

Bon alors je vous explique…

En ce beau mois de juin, c’est Le retour du flying bum qui héberge l’AI sur le thème du pique-nique.

Comme je l’ai fait le mois dernier pour le texte de La Craie, j’ai accepté, avec plaisir, d’héberger le texte de mon ami Donald qui ne possède pas de blog.

J’ignore s’il y a quelque part un point qui dit que, pour participer, il est obligatoire d’avoir son propre blog? 🤔

Bref, je vous livre son texte ci-dessous et lui laisse le soin de répondre lui-même à vos commentaires bien sûr.

Ah oui, il est évident qu’il ne devra pas figurer dans le tableau des organisateurs potentiels pour juillet 😉.

Pique-nique automnal

par Donald Bilodeau

 

En ce début d’après-midi, près de l’étang du parc La Fontaine, une nappe aux motifs de damiers carmin habille un tout petit bout de pelouse. Au centre de celle-ci, un gros panier en osier y trône fièrement, laissant entrevoir une doublure de coton protégeant ce qui semble être un véritable festin de roi. Une bouteille de vin rosé Carrelot des Amants est au frais dans une petite glacière et tout près d’elle, déposées côte à côte, deux coupes en plastique, n’en étant pas moins raffinées pour autant, attendent patiemment l’instant fatidique, ne demandant qu’à être remplies, désirant sans l’ombre d’un doute trinquer au bonheur, aux retrouvailles. Çà et là dans les arbres, écureuils et oiseaux divers observent avec intérêt cet intriguant pique-nique qui pourrait s’avérer être, pour eux, plus alléchant qu’un gigantesque trésor. D’autant plus que dans les semaines à venir, ils savent très bien qu’il leur faudra sérieusement penser à faire des provisions en prévision de l’hiver à venir. L’occasion ici est donc en or.

 

Le cœur de Marco, printanier et rempli d’espoir, contraste avec cet octobre naissant. Pourtant, ce bel automne, qui s’avère chaud et ensoleillé, sait bien redonner ses lettres de noblesse à cette période où l’équinoxe vient tout juste de passer, notamment grâce à la beauté de la nature ainsi qu’à sa magnifique palette de couleurs. Dame Nature dans toute sa splendeur, à l’œuvre, comme toujours. À preuve, tous ces arbres du parc La Fontaine, certains flavescents comme les blés, d’autres orangés comme le sable d’Afrique ou encore rouges comme le Beaujolais nouveau et qui provoquent chez les passants plus d’un frisson d’émerveillement et d’étonnement. D’ailleurs, ils sont nombreux, ces Montréalais, à profiter des derniers beaux jours de l’année, avant la venue des pluies froides de novembre et des vents glacés de décembre, accompagnés très souvent d’un lot de surprises météorologiques de tout genre. Mais Marco ne regarde pas ces gens, pas plus qu’il ne remarque les oiseaux ou les écureuils. Non. Il est assis sur la nappe et il attend, il attend, il attend.

 

Le cœur de Marco tambourine dans sa poitrine. Parce qu’il attend Julie, à qui il a donné rendez-vous en ce jour. Julie qu’il avait jadis tant aimée et qu’il aime encore autant, mais qui, voilà deux ans, avait mis les voiles vers une autre destination, une autre existence. Sans tambour, ni trompette. Telle une amante amphigourique, sans doute même malheureuse, mais sans réellement savoir pourquoi. Sans en connaître les raisons ni les facteurs. Fidèle et confiant, Marco l’avait attendue pendant des jours, des semaines, des mois, sans ne jamais cesser de croire en cet amour. Sans ne jamais perdre la foi, sans ne jamais accepter de voir s’éteindre la flamme. Toutefois, il doit bien l’admettre, la pause fut longue. Très longue. Trop longue. Jusqu’à ce samedi du week-end dernier où la belle a enfin effectué son retour. Par téléphone, comme si de rien n’était, comme si elle était partie la veille pour rendre visite à une copine et qu’elle revenait à la maison le lendemain. Tout bonnement, sans autre explication à donner. À la fois heureux et prudent, mais aussi un brin méfiant, Marco tenait absolument à revoir Julie, c’était indiscutable. Néanmoins il préférait que cela se déroule ailleurs qu’à la maison, en terrain neutre. Par exemple, dans un parc. Et pourquoi ne pas la convier à un pique-nique, au parc La Fontaine, leur lieu commun préféré de Montréal ? Mais oui, quelle bonne idée ! De toute évidence, Marco visa dans le mille puisque Julie accepta la proposition et promit d’être là à treize heures pile.

 

Le cœur de Marco angoisse, se décourage. Le temps passe et Julie n’arrive pas. Deux nuages défilent. Quatorze heures… Quinze heures… Tic-tac, tic-tac, tic-tac… Les aiguilles de sa montre le taquinent, l’agacent, le désespèrent. Couchées sur la nappe, les deux coupes de vin s’ennuient et la bouteille de rosé, embuée, déposée dans cette glacière devenue soudainement trop grande, semble insensée, inutile. Les écureuils s’en vont, les oiseaux s’envolent, il n’y a plus que les fourmis curieuses qui tentent leur chance en s’approchant du panier en osier. Et ces guêpes, maudites et vilaines, attirées par les odeurs qui se mélangent. Mais Marco ne les aperçoit pas. Ses pensées vont et viennent et s’affolent. Ce que l’on craint arrive plus facilement que ce qu’on espère, certes, mais que fait donc Julie ? Qu’est-ce qui peut bien la retarder ainsi ? Comme si les deux dernières années n’avaient pas été assez longues et pénibles pour lui, pourquoi fallait-il maintenant que le destin en rajoute une couche ? Une simple petite minute lui semblait désormais une éternité. Allait-il devoir engager un mouchard fourbe et véreux, ou pire encore un sycophante, afin de découvrir la vérité ? Marco a tout à coup l’étrange impression de jouer dans un mauvais film, d’être la vedette d’une histoire ridicule et sans fin logique.

 

Le cœur de Marco le sait bien, elle ne viendra pas. Les seize heures qui viennent d’arriver emportent avec elles ses derniers rêves. Comme le vent qui se lève brusquement et qui emporte au loin les feuilles mortes. Il n’a pas su ignorer les dangers où l’homme est souvent un otage. Comme s’il n’avait pas encore appris la leçon.

 

En cette fin d’après-midi où la température commence à se faire plus fraîche, une nappe aux motifs de damiers carmin, un peu chiffonnée, est à nettoyer et à plier. Le contenu du gros panier en osier, devenu nidoreux à force d’attendre des heures sous les chauds rayons de Galarneau, est à jeter. Et le Carrelot des Amants, attristé de n’avoir jamais aussi mal porté son nom, se désole pour deux coupes abandonnées. La lumière diminue d’intensité, le soir s’en vient sous peu, comme la noirceur dans le cœur de Marco. Mais l’espoir, tenace, sait renaître de ses cendres : « Le week-end prochain, peut-être… Oui, c’est ça, elle reviendra sûrement le week-end prochain ! ».

Voilà, ma mission de relais est remplie et j’espère que vous participerez au pique-nique de Donald 😊. Vos commentaires sont attendus ci-dessous.

Mon texte viendra bientôt également mais, en attendant, je vous souhaite une excellente journée.

Continuer la lectureQuand je sers de relais pour l’Agenda Ironique 😊

L’agenda ironique de juin 2022 ✍🏻

Comme convenu, Le retour du Flying Bum nous a transmis ses consignes pour le prochain agenda ironique.

Et, au cas où l’exercice vous tenterait, je vous les rapporte volontiers ci-dessous:

C’est à mon tour de vous accueillir ce mois-ci dans ce merveilleux rendez-vous littéraire et amical. Comme juin inaugure notre été, nous qui habitons l’hémisphère nord, quoi de mieux pour sujet qu’un des petits bonheurs par excellence de la belle saison et j’ai nommé le pique-nique. Ce sera le thème pour juin. Mais, pas de pique-nique sans les enquiquineuses comme les fourmis et autres insectes piqueurs ou suceurs, cette fois-ci ce seront des mots bien singuliers qui devront coûte que coûte s’inviter au pique-nique : flavescent, amphigourique, sycophante et nidoreux. Sans toutefois gâcher le pique-nique quand même. Et tant qu’aller pique-niquer en région, pourquoi ne pas y ajouter aussi un régionalisme ou deux?

On se donne jusqu’à la Saint-Jean (24 juin) pour déposer un lien vers son texte, en commentaire sur ce blogue, et ensuite, on votera jusqu’au 30 juin, heure de Paris.

À vos nappes, sandwiches, crayons, plumes, claviers, c’est un départ!

Le flying Bum

New_pieds_ailés_pitonVert

Voilà, vous en savez à présent autant que moi pour envoyer au Flying Bum un texte délirant respectant les souhaits du mois…

Bon amusement et bon courage à toutes et tous 😊.

Continuer la lectureL’agenda ironique de juin 2022 ✍🏻

L’agenda ironique de mai: les résultats

And the winner is…

Le poisson de glace par Le retour du flying bum 🐟

suivi de Bjarkar par Marinade d’Histoires en 2ème position et de Mon voyage au Nunavik par Photonanie en 3ème position (pour voir le détail des votes cliquez ici).

Bravo à toutes et tous pour votre participation et encore merci d’avoir si bien joué le jeu chez moi 😊. Ce fut un plaisir d’héberger cet AI.

Pour organiser l’AI de juin vous avez choisi Marinade d’Histoires qui cède sa place pour raisons personnelles.

La personne qui la suit de très près dans le classement pour l’hébergement est Solène Vosse.

Si Solène accepte c’est donc sur son blog que nous poursuivrons nos délires.

Je vous tiens au courant dès que j’ai confirmation.

Bonne fin de semaine à tout le monde 😊.

La bonne nouvelle est que le gagnant de l’AI de mai Le flying bum accepte d’héberger l’agenda ironique de juin.

Ouvrez l’oeil, c’est sur son blog que nous trouverons bientôt les nouvelles consignes.

Continuer la lectureL’agenda ironique de mai: les résultats

L’agenda ironique de mai 2022✍🏻

Le temps est venu de partager le texte que j’ai écrit pour cette édition de l’agenda ironique de mai.

Je ne sais pas si c’est pareil pour les autres organisateurs mais ma participation, en ayant moi-même fixé les contraintes, m’a paru un peu plus difficile.

Bref, voilà mon texte:

Mon voyage au Nunavik

J’en avais tellement rêvé et maintenant j’y étais enfin!

Enfin…j’y étais, c’est vite dit, il me restait la partie la plus difficile du voyage à faire.

Faire toutes les formalités m’avait pris trois longues semaines. On m’avait baladée d’une administration à l’autre, c’est que ce n’est pas commun d’aller au Nunavik.

Nunavik, rien que le nom me transportait déjà avec bonheur en pensée dans le grand Nord…

Nord, Lapons, Inuits, des mots qui vont si bien ensemble et qui tournaient en boucle dans ma tête depuis que j’avais lu ce roman.

Ce roman, je l’avais découvert par hasard à la librairie voisine et, bien que je ne lise jamais rien, ma syllogomanie m’avait poussée immédiatement à l’acheter.

Acheter sans nécessité pour le seul plaisir d’accumuler des choses souvent sans intérêt, voilà bien, aux yeux de mes proches, un des problèmes de ma vie.

Vie que je passe à chercher mes chats adorés parmi les montagnes d’objets qui encombrent les dix pièces de mon domicile…

Mon domicile je l’ai quitté il y a déjà deux jours, une fois ma valise bouclée, en confiant les soins de mes matous à une voisine aussi ailurophile que moi, c’est dire ! J’ai vraiment beaucoup de chance qu’elle soit là.

Là où je suis en transit actuellement, il aurait été insensé d’emmener mes douze compagnons, les pauvres auraient été malheureux dans leurs cages de transport sans compter qu’ils auraient risqué d’avoir les pattes gelées et que j’aurais à coup sûr été cataloguée de bec à foin !

Foin de tracasseries administratives ! Il semble que je puisse enfin entrer sur le territoire après avoir dû écouter les douaniers énumérer toutes leurs coquecigrues.

Grues, ou plutôt oies sauvages à ce qu’il paraît, que je vais rencontrer dans cette région qui a hanté mes nuits de façon totalement inouïe.

Inouïe comme les Inuits souriants qui m’accueillent déjà à bras ouverts…

NB : Le point de départ de ce voyage est le magnifique roman « Nirliit » de Juliana Léveillé-Trudel.

J’espère vous avoir emmené avec moi et je rappelle que la date limite pour m’envoyer les textes est le mercredi 25 mai. N’hésitez pas, j’attends les retardataires 😊. Ensuite nous voterons jusqu’au 1er juin inclus.

D’ici là, je vous souhaite d’excellentes journées.

Continuer la lectureL’agenda ironique de mai 2022✍🏻

Agenda ironique de mai 2022 ✍🏻

Le texte qui a recueilli le plus de suffrages au mois d’avril est celui de La Licorne. Bravo à elle 👏.

En ce joli mois de mai, j’ai le plaisir de vous accueillir pour ce nouvel agenda. C’est une grande première pour moi et je vous demande d’être indulgent(e)s, je vais faire de mon mieux 😊.

J’ai envie que l’action se passe dans un pays froid, l’Islande éventuellement mais pas que.

J’aimerais assez que s’y glissent les mots suivants: ailurophile, syllogomanie, bec à foin et puis aussi coquecigrue parce que j’aime bien ce mot.

Si en plus le texte se présente sous forme d’anadiplose je serai comblée mais si ce n’est pas le cas, je le serai aussi, l’important étant que vous soyez nombreuses et nombreux à participer.

J’avoue que je ne sais pas très bien moi-même ce que je vais faire de ce mélange un peu fou mais c’est le principe après tout 😂.

J’attends vos créations pour le 25 mai au plus tard puis j’essayerai de me dépatouiller avec les votes jusqu’au 1er juin.

A vos claviers, prêts? Partez!

Si par hasard vous n’avez pas de blog, envoyez-moi votre texte via le bouton Contact, je me débrouillerai pour le publier pour vous.

Continuer la lectureAgenda ironique de mai 2022 ✍🏻

Agenda ironique d’avril 2022 ✍🏻

En ce beau mois d’avril printanier, c’est le blog Toutlopera qui nous accueille pour l’agenda ironique.

Voici les consignes :

Je vous propose comme thème général « Les Fées sont d’exquises danseuses« , mais vous pouvez aussi travailler sur « L’effet son, d’exquises danses, heu(ses) » ou encore, si vous êtes cyclistes, « Les fesses ont d’exquises danseuses ».

Il vous faudra glisser ici ou là quelque heureuse homophonie, et si vous réussissez à glisser les mots calembredainepalimpseste et archéoptéryx, vous gagnerez les félicitations du jury.

Vous pouvez écrire dans tous les styles que vous voulez”.

L’histoire que je vais vous raconter met en scène Ana et son ami François (présentés précédemment ici et ) dans un lieu dont je vous ai parlé pas plus tard qu’hier, le Jardin des fées, ainsi que la fée Carabistouille évoquée aussi hier. Je ne l’ai pas inventée, elle existe vraiment et se balade avec un dragon sur l’épaule, la preuve en photo ci-dessous😉.

Les fées sont d’exquises danseuses…ou presque !

Ce jour-là, Ana et son ami François avaient décidé d’aller ensemble au Jardin des fées. Cet endroit était un havre de paix et de verdure et les deux jeunes hommes y passaient volontiers un bon moment. Ils embarquaient la quantité nécessaire de bières fraîches pour y rester environ trois heures à refaire le monde loin de toute civilisation. Ils appelaient ça « faire le plein des sens » tant la nature embaumait. Leurs yeux ravis admiraient les différents verts des alentours tandis qu’eux vidaient les leurs de verres et les chants d’oiseaux les berçaient. Ils aimaient à se taquiner mutuellement en affirmant à chaque fois qu’un piaf se posait qu’il ne pouvait s’agir à coup sûr que d’un archéoptéryx miniature. Plus la bière coulait et plus les archéoptéryx grossissaient dans les propos des deux amis d’ailleurs : ils ne voyaient pas double, ils voyaient plus gros ! Ils en étaient là à savourer le moment présent mais c’était sans compter sur la fée Carabistouille. Celle-ci arpentait les chemins en pestant et en articulant des calembredaines difficilement compréhensibles par le commun des mortels.

Il semblait qu’elle pestait contre un palimpseste réalisé à partir d’un grimoire de sa grand-mère. Quel était donc le malotru qui avait osé effacer les termes soigneusement calligraphiés par son aïeule plus de cent ans auparavant ? Et pour y écrire quoi, je vous le demande, les horaires d’une émission télévisée !

Il y était question de couples de danseurs en compétition… Non mais, comme si les humains pouvaient rivaliser avec les fées qui sont d’exquises danseuses comme tout le monde le sait ou devrait le savoir.

Bref, Carabistouille était en colère et il semblait que rien ne pourrait la calmer rapidement. Elle troublait le repos des deux amis et ne semblait pas près de se poser.

Soudain Ana l’interpella :

  • Oh Cara ! Ton document est irrécupérable nous sommes d’accord, donc, puisqu’il n’y a pas de solution, t’inquiéter ne sert à rien. Viens plutôt t’asseoir près de nous et attrape une bière fraîche au passage, ça va te faire du bien et à nous aussi.

Carabistouille accepta en grommelant mais elle les aimait bien ces deux-là, ils étaient gentils et puis il faisait chaud et la bière était tentante. Ils vidèrent à eux trois tout le contenu de la glacière puis se mirent à chanter tandis que Carabistouille exécutait maladroitement quelques pas de danse sur l’herbe fraîche.

A défaut d’admirer une chorégraphie parfaite, ce fut un grand moment de fou-rire pour Ana et son ami. Particulièrement quand Carabistouille bascula, cul par-dessus tête, dans un buisson. D’abord surprise et silencieuse, elle finit aussi par éclater de son rire tonitruant qui faisait tressauter son énorme fessier !

Ce qui fit dire à Ana cette phrase d’anthologie qui est restée dans les annales: les fesses sont vraiment d’exquises danseuses !

Voilà, c’est tout pour cette fois mais je vous invite à aller lire les autres textes tous dans des styles très différents qui ne vous laisseront pas indifférents 😉.

C’est demain 25 avril, la date limite de rentrée des textes ensuite viendra le moment du vote comme chaque mois. Je vous en reparlerai prochainement.

D’ici là, je vous souhaite un bon dimanche et de bonnes lectures.

Continuer la lectureAgenda ironique d’avril 2022 ✍🏻

Les votes de l’agenda ironique de mars ✍🏻

Un article très court pour vous informer du résultat des votes de mars.

Les trois billets ayant reçus le plus de suffrages sont :

Toutlopera avec Le lièvre et la tortue

John Duff avec Les propriétés antiseptiques de la sarriette

et Palette d’expressions avec Le seuil de l’espérance

et c’est Toutlopera qui a été choisi pour organiser l’agenda ironique d’avril.

Si ça vous tente de venir vous amuser avec une joyeuse bandes de déjantés (mais rien qu’un peu pour certain(e)s 😉), les consignes sont détaillées juste ici.

A vos plumes, euh vos claviers avant le 25 avril.

Bonne journée 😊.

Continuer la lectureLes votes de l’agenda ironique de mars ✍🏻

Agenda ironique de mars 2022 ✍🏻

Bien qu’un peu perdue dans un fonctionnement qui ne ressemble plus à ce que je croyais avoir compris au départ, je participe ce mois encore à l’Agenda Ironique, le principal étant de sortir de sa zone de confort et de s’amuser un peu.

En ce mois de mars, l’AI est hébergé par Brigetoun et les consignes sont les suivantes:

Nous disons donc pour mars le thème serait attente, avec utilisation des mots frémissement, zéphyr, frimas, velours, fendre, torrent, seuil et sarriette.

Je suis absolument certaine que vous voudrez bien en tirer des merveilles, avant le 25 mars.

Visite à la caisse de retraite

A peine franchi le seuil du bâtiment, on m’envoya sur la droite dans une salle d’attente.

J’aurais voulu poser une question à la personne à l’accueil mais, étant d’un naturel soumis, je suis allé sans rien dire m’asseoir sur un siège vide entre deux personnes.

J’ai évidemment dû faire lever la moitié de la rangée. Je ne comprendrai jamais pourquoi les gens laissent toujours un siège vide quand ils s’installent. Au cinéma c’est pareil, il y a toujours un siège de velours rouge snobé qui se trouve pile au milieu des autres. Bizarre…

Dans un long frémissement ressemblant à une onde transversale, chacun a repris sa position assise.

Et nous avons attendu. Heureusement la salle était bien chauffée et nous n’avions plus à subir les assauts des frimas comme quand nous poireautions dans la file à l’extérieur. Il faut dire que depuis huit jours il gelait à pierre fendre et que même le torrent qui se trouvait près de chez moi était pris par la glace. Putain d’hiver ! Il n’en finirait donc jamais.

Quarante ans que j’attendais ce moment et j’étais là comme un con à la caisse de retraite depuis déjà une heure sans qu’il y ait eu de changement. J’étais à l’aube de ma deuxième vie, celle où j’allais enfin occuper mes journées à ma guise et je commençais à m’impatienter. Je n’étais pas encore habitué à laisser le temps au temps.

Je regardais le panneau lumineux placé en haut du mur devant mes yeux. Il indiquait « Caisse de retraites ». Enfin je l’espérais puisque, dyslexique depuis toujours, je lisais en réalité « Caisse de sarriette* » ce qui n’avait évidemment aucun sens.

Enfin ce fut mon tour. Je m’approchais du bureau ad hoc quand une voix a aboyé violemment « J’espère que vous avez tous les documents nécessaires ! J’en ai marre de ceux qui ont fini carrière et comptent sur les autres pour faire le boulot à leur place ».

Pas de bol, j’étais tombé sur une employée dont les paroles étaient soufflées dans un style plus aquilon que zéphyr !

Un peu refroidi, je croisais les doigts pour que tout se passe bien…

*: je précise pour les distraits, j’en connais 😉, que sarriette est l’anagramme de retraites.

Voilà ce que ce thème m’a inspiré. Les autres participations sont à découvrir dans les commentaires chez Brigetoun et, si ça vous tente de participer, courez vite déposer votre texte sur son blog avant le 25 mars.

Bonne journée 😊

Continuer la lectureAgenda ironique de mars 2022 ✍🏻

Agenda ironique de février 2022

L’agenda ironique de ce mois de février est hébergé par le blog de Joséphine où vous trouverez le détail des consignes. En résumé, il nous faut choisir une partie du corps, quelle qu’elle soit, et consigner son monologue qui comprendra de nombreuses parenthèses ou tirets, le tout avant le 25 de ce mois.

Mon choix s’est porté sur le coeur d’un musicien liégeois surtout connu pour ses opéras comiques mais pas que 😉.

André Grétry  a été enterré au cimetière du Père Lachaise mais son cœur a été rapatrié à Liège en 1842. Il se trouve dans une urne nichée dans le socle de sa statue en bronze juste devant l’Opéra de Wallonie.

Le coeur de l'Opéra

En passant dernièrement sur la place de l’Opéra j’ai entendu un grommellement qui se glissait entre les bruits de la ville. Interloqué, j’ai pensé:

— Tiens, une manif se prépare, à moins que ce soit le tonnerre qui commence à gronder… La météo se sera encore trompée!

Mais en traversant la chaussée, j’ai cru distinguer quelques mots et je me suis approché, l’oreille tendue, de la statue qui trône fièrement au milieu du rond-point. Je ne vous cache pas que j’étais perplexe en me rendant compte que c’était la statue de bronze qui parlait toute seule.

— Pfff! Mais qu’est-ce que je m’ennuie moi ici. Il y a plus de 200 ans que je moisis ici tout seul dans cette urne.

J’ai produit mes premiers battements en février 1741 dans un corps né en Principauté de Liège (la Belgique ne sera créée qu’en 1830). Mon hôte a eu une vie  palpitante et avec lui je me suis toujours beaucoup amusé. Il faut dire qu’il a été l’ami de Voltaire et le protégé de Napoléon.  Il a aussi été directeur de musique de la reine Marie-Antoinette. Bref, vous l’avez compris, ce n’était pas n’importe qui.

Quant à moi, j’ai toujours été là pour lui. J’ai battu plus fort quand il a rencontré son épouse ainsi qu’à la naissance de leurs trois filles. J’ai souffert avec lui lors des décès de ces dernières alors qu’elles n’avaient même pas vingt ans. Et je n’ai finalement cessé de battre qu’en 1813 quand il s’est retiré à l’ermitage de Montmorency après la mort de Jean-Jacques Rousseau, le précédent locataire .

Pour tout vous dire, il m’a un peu déçu quand il a, dans ses dernières volontés, exprimé le souhait d’être enterré au cimetière du Père Lachaise mais que son cœur soit rapatrié à Liège.

Avant on rigolait avec les autres organes: estomac, foie, rein, rate,…on échangeait comme les bons copains que nous étions devenus au fil du temps, j’aurais tellement aimé continuer à vivre “en corps”*. On a eu de bons et de moins bons moments mais nous faisions front, ensemble. Et puis on nous a séparés… A dire vrai, c’est seulement moi qu’on a séparé des autres. Subitement j’ai été loin des yeux et eux loin du cœur …

Oh, je ne me plains quand même pas trop parce que j’ai été placé dans une jolie urne et la niche où on l’a posée est grillagée. Je peux donc ressentir, en permanence, la vie de  l’Opéra de Wallonie. En fonction de l’origine du vent, je peux même entendre parfois quelques notes de musique s’échapper par les fenêtres.

Mais la plupart du temps c’est surtout le bruit de la circulation automobile qui m’empêche de me reposer. Qu’est-ce qu’il y a comme trafic autour de la place! Et les coups de klaxon à longueur de journée et parfois même de nuit! Parfois la tête me tourne et j’en ai mal au cœur, je veux dire vraiment mal au cœur !

Et voilà maintenant que la ville fait des travaux pour installer un tram! Je sens que je vais encore trembler sous les vibrations des engins de chantier et peut-être même avoir certains jours le cœur au bord des lèvres…enfin vous m’avez compris.

Pourtant le jour où il a composé “Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille“, j’aurais dû me douter du sale tour qu’il me jouerait en me faisant rapatrier, seul.

Où peut-on être mieux, où peut-on être mieux
Qu’au sein de sa famille ?
Tout est content,
Tout est content,
Le cœur, les yeux.
Le cœur, les yeux.

Tu parles! Je ne les ai même plus les yeux pour pleurer je suis seul et je me demande pour combien de temps encore…

Bon, je vous laisse, j’entends les répétitions à l’Opéra, au moins ce soir je pourrai m’endormir en musique en rêvant du passé 🎵.

*: j’ai emprunté l’expression “En corps” à Cédric Klapish. Il s’agit du titre de son dernier film qui sortira en mars prochain 😉.

Je vous propose trois liens supplémentaires pour en savoir davantage:

Urne contenant le coeur de Grétry

Voilà, ma participation s’arrête ici mais nous sommes encore une fois nombreux à avoir joué le jeu et je vous conseille vivement de passer chez Joséphine lire les autres textes. Je ne doute pas que vous y prendrez beaucoup de plaisir 😊.

Continuer la lectureAgenda ironique de février 2022