L’agenda ironique de septembre 2026

Suite à une petite secousse amicale de Tiniak, je me suis remise à écrire suivant les consignes de l’agenda ironique. C’est Sabrina qui s’y colle en cette rentrée 2026 et ses consignes sont bien détaillées sur son blog Entre les lignes.

Je m’en vais donc, avant le 26 septembre, aller poster mon lien chez elle. Je vous donne la primeur de la lecture du texte que je propose cette fois.

Récidives

Vincent en a marre. C’est la troisième fois qu’un échaudage met à mal les vignes qu’il soigne avec amour depuis plus de dix ans. Il regarde les ceps et les sarments séchés alors que lui a les yeux humides, tout ce travail presqu’inutile le désole.

Si ça continue, pense-t-il, je ne planterai plus rien que de grands tournesols ! Eux au moins ne dépériront pas au soleil. Mon boulot et mon gagne-pain réduits au minimum, comment arriver à survivre avec ces conditions climatiques ?          

Cet été, les grands incendies en Gironde se rapprochaient de ma propriété. Je n’en pouvais plus de seriner « Halte au feu » comme un mantra en regardant les infos catastrophiques à la télévision.

Il y a onze ans, j’ai quitté, sans regrets, l’hôpital où j’étais infirmier. Je me disais que j’allais remplacer l’odeur du désinfectant par celle de la terre de la propriété que m’avait léguée un grand-oncle du côté de Blaye et de ma mère. Ma reconversion professionnelle m’emplissait de joie et de courage et les mille choses à faire pour devenir indépendant n’avaient nullement entamé mon enthousiasme.

Après toutes ces années, le résultat n’est pas à la hauteur de mes espoirs et je me sens impuissant face aux caprices de Dame Nature. Statistiquement tout s’explique mais personnellement tout se complique jour après jour.

J’ai beau écouter les appels à vigilance sur le climat lancés aux politiques, ma réalité quotidienne se fait de moins en moins enviable et m’amène à une seule conclusion : ils s’en moquent bien dans leurs beaux bureaux parisiens. Oh ils aiment boire quelque bonne bouteille lors de leurs repas « de travail » mais ils n’ont pas encore compris que laisser se dégrader le climat mènera à la disparition du vin. Que diront-ils quand, pour accompagner leurs festins, on leur servira du lait cru ? Il sera alors trop tard pour agir évidemment mais comme ils ne pensent pas plus loin que le bout de leur nez, ils ne prennent aucune décision intéressante à long terme.

Ceci me rappelle le chat de Montaigne et je me demande qui prend le plus de plaisir avec mon vin, ces incapables qui le boivent ou moi qui l’élabore ? Si on prend en considération le travail que ça me procure, je pense que nous gagnons tous même si eux ne se fatiguent guère alors que je me tue à l’ouvrage.

Je vais devoir prendre de grandes décisions existentielles pour continuer à assurer l’avenir de ma famille parce que je ne vous l’ai pas dit mais je serai bientôt papa pour la première fois et je n’ai pas l’intention de devoir mettre de l’eau dans mon vin !

Voilà, le texte ci-dessus est ma modeste participation à l’AI de Sabrina.

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L’agenda ironique de janvier 2025: ma proposition

Pour rappel, les consignes sont à retrouver ici.

J’aimerais ensuite apporter quelques précisions sur la différence entre la France et la Belgique.

En Belgique, pays des compromis, nous n’avons pas de Président tout puissant qui désigne un premier ministre suivant son bon vouloir alors voilà comment se passent les choses:

Dès le lendemain des élections fédérales, le Premier ministre en fonction présente la démission de son gouvernement au roi. Ce dernier confie alors au gouvernement démissionnaire la tâche de gérer les affaires courantes jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.

Le roi consulte alors un certain nombre de personnalités politiques afin de déterminer les possibilités de formation d’un nouveau gouvernement. Il rencontre notamment les présidents de la Chambre, du Sénat, des principaux partis et des personnalités du monde politique et socio-économique.

Après ces consultations, le roi désigne un informateur ou un formateur. Si le roi désigne un informateur, ce dernier sera chargé de rassembler les informations auprès des différents partis quant à leur revendication concernant la formation du nouveau gouvernement. Après ces consultations, l’informateur fait un rapport au roi afin d’aider celui-ci à chercher un formateur.

Cependant, le roi peut directement désigner un formateur qui a pour mission, comme l’indique son nom, de former un gouvernement. S’il y parvient, il est généralement nommé Premier ministre du gouvernement nouvellement formé par le roi. (Source)

Tout ça pour dire que chez nous, tant qu’il n’y a pas d’accord entre les différents partis élus démocratiquement, il n’y a pas de nouveau premier ministre nommé par le roi. Et cela peut durer ainsi très longtemps 😉. Actuellement, nous avons passé le cap des 200 jours sans nouveau Premier (ce qui est loin des 541 jours d’attente de 2011).

Comme nous n’avons que jusqu’au 28 janvier pour former notre gouvernement ironique, je vais donc considérer que je suis première ministre effectivement nommée par un Président (ça ne marchera pas forcément mieux mais ça ira, peut-être, plus vite et tant pis si ça dure moins longtemps 😂).

Proposition officielle et mûrement réfléchie de constitution du gouvernement

Préambule: 

Par le plus grand des hasards me voilà donc nommée première ministre ! Comment en suis-je arrivée là je vous le demande. Il faut croire que tous mes prédécesseurs avaient refusé le poste (et comme je les comprends !).

Moi je n’ai pas eu le choix, c’était le poste ou la porte, d’une part, et, d’autre part, j’ai toujours aimé relever des défis et plus ces défis sont importants, plus le plaisir que je ressens est intense. De toute manière mes prédécesseurs ont toujours fait n’importe quoi, je ne pourrai pas faire pire et le 49.3 n’est pas fait pour les chiens!

 

On m’a imposé d’emblée quatre ministres, que je n’aurais personnellement pas choisis mais on ne m’a évidemment (comme chantait France Gall) pas demandé mon avis.

En premier, Amélie Poulain et son nain de jardin comme assistant, j’ai nommé Jean Le Poulain. J’ai pensé en faire des sortes de « facteur cheval » ou des responsables de relais de poste (avec tous les achats en ligne qui sont faits de nos jours, ça se justifie pleinement il me semble).

Ensuite Perceval le gars-loi. Alors lui sera parfait pour nous pondre de nouvelles lois comme toujours incompréhensibles par le peuple et d’office rejetées par l’opposition. Rien de nouveau sous le soleil donc pour celui-là mais pendant que les politiques discutaillent, ils ne signent rien de dangereux, c’est toujours ça de gagné. A moins que je le nomme gars-lwa ce qui lui donnerait au moins le pouvoir d’intercéder auprès des dieux de la politique, s’ils existent…

La troisième imposition est Gaston Lagaffe. Au moins avec lui on sait où on va c’est-à-dire nulle part. Il peut se faire assister par Jules-de-chez-Smith-en-face , Mademoiselle Jeanne et même Vincent Lagaf’ accompagné de Bill l’extraterrestre s’il veut. Si on part du principe qu’il n’arrivera à rien de concret, je pense qu’on tient là un ministre normal (il y a déjà eu un président normal en France et on a vu les résultats).

Et enfin, Cléo-pâtre. Elle est caractérielle, fourre son nez dans tout et se croit irrésistible. Bon, rendons à César ce qui lui appartient, elle n’est pas désagréable à regarder mais il faut l’occuper sinon elle déprime et pique des colères effroyables. Je pense que je vais lui demander de compter les moutons sous les meubles de son ministère. Non seulement ça l’occupera mais en plus ça l’endormira. A ses moments perdus je lui ferai établir un relevé des nouveaux nez du pays. Le principal est de ne pas la laisser inoccupée.

J’y ajouterai, pour faire bonne mesure,

  • Catherine de Midi-Six qui veillera à ce que des sandwiches convenables soient apportés en salle de réunion au moment de la pause, quelques minutes après midi. Grand’mère pourra l’assister parce qu’elle sait faire un bon café.
  • Bernard Cases-neuves, à l’urbanisme et aux nouvelles constructions, en Lego ou pas.
  • A la santé Deferre. Voilà un nom qui inspire confiance et si jamais une nouvelle pandémie nous tombait dessus il pourrait résister un moment avant de rouiller. En plus, Gaston pourrait répondre au téléphon.
  • Clément Beaune, spécialisé dans les hospices, à la gestion des seniors et des EHPAD’s.
  • Franck Leboeuf à l’agriculture et l’élevage parce qu’il se dit que ce gars-là est fort comme un taureau et pas vache pour un sou.
  • L’amiral Olivier de Kers « osons » pour dire tout haut ce que les autres pensent tout bas.
  • Pour ajouter un peu de féminité, Cécile de minibus, qui sera efficace au transport de groupe et aux transports amoureux.

Je ne pense pas que ces personnes nous conduisent à la cata politique (à ne pas confondre avec le pot catalytique qui ne sert à rien sur les nouveaux véhicules des ministères).

Mais n’oublions surtout pas, parce que (sur)vivre sans est impossible, une administration pour nous protéger.

Définition d’Ambrose Bierce dans Le dictionnaire du diable

Le texte ci-dessus est ma participation à l’Agenda ironique de janvier. Comme disait une connaissance, j’ai truffé mon texte de jeux de mots orphéonesques. Pourquoi me direz-vous, parce que des pareils, seul « Orphée ose en faire » (sur une musique d’Offenbach)😉 .

Pour lire les autres textes et les commentaires, il suffit d’aller voir chez Jobougon l’organisatrice.

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L’agenda ironique de janvier 2025: les consignes

Dans les bonnes résolutions de début d’année, vous savez celles qu’on ne tient pas toujours😉, j’ai placé le retour à l’agenda ironique.

Si vous êtes tentés de participer à cette joyeuse aventure sachez que le texte devra être chez Jobougon, qui pilote ce mois, avant le 28 février.

Les consignes:

C’est vous qui venez d’être nommé(e) premier(e) ministre.
Vous allez constituer une équipe, choisir un gouvernement.
En tant que ministres au moins quatre personnages connus existants ou ayant existé et créer pour eux des ministères décalés et complètement loufoques.
Par exemple, Jeanne d’Arc au ministère de la bûche de Noël.
Ou encore, Blaise Pascal au ministère conceptuel de la botanique rustique.

Voici encore quatre autres ministres à inclure absolument qui sont :
Amélie Poulain
Perceval le Gallois
Gaston Lagaffe
Cléopâtre
Et puis encore… Si vous avez des textes de lois à faire voter à l’assemblée, amusez-vous à nous les présenter. Ou des réformes, des innovations, des joyeux désordres à proposer, des procédures de haute autorité à disséminer et disperser dans les différents secteurs d’activité humoristiques dont vous allez nommer les têtes de liste, ne nous en privez pas, « allézy » de tout votre pouvoir créateur.

Voilà, yapluka comme on dit 👍…

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L’Agenda ironique d’octobre: le temps des votes

L’édition de ce mois a été pilotée et hébergée par la Licorne sur son blog Filigrane.

Pour rappel, les consignes étaient

Sept textes ont été envoyés par les participant(e)s:

  1. La Licorne  : « Esprit farceur »
  2. Gibulène : « Esprit es-tu là ? »
  3. Jamadrou : « Esprit es-tu là ? »
  4. AlainX : « L’esprit du chat »
  5. John Duff : « Esprit es-tu là ? »
  6. Toutlopéra : « Esprit es-tu là ? »
  7. Photonanie : « Face et cieux »

Pour voter, merci de vous rendre chez La Licorne en cliquant ici.
Trois votes sont possibles pour les textes ainsi qu’un vote pour le prochain hébergeur de l’AI.
Pour tout ça, vous avez jusqu’au 31 octobre.

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L’agenda ironique d’octobre 2024: ma proposition

En ce mois d’octobre, l’Agenda ironique a été confié à La Licorne qui nous a donné ceci comme consignes:

Ceci étant dit, yapluka faire preuve d’esprit 😉.

👻 Face et Cieux 👻

Ils étaient deux et venaient me hanter les soirs d’Halloween mais pas que. Je les avais surnommés Face et Cieux parce qu’ils étaient souvent taquins à mon égard.

La première fois que j’ai senti leur présence, c’était un 31 octobre il y a une vingtaine d’années. Je n’y croyais pas, mon esprit cartésien me disait que j’avais dû rêver ou que j’étais fort fatiguée. Et pourtant… Au fil du temps, je me suis bien habituée à sentir ces deux esprits à mes côtés. Ils n’étaient pas toujours là, mais surgissaient à l’improviste en faisant preuve de présence d’esprit. Normal me direz-vous pour des fantômes… Il y avait une grande tendresse chez ces deux-là, ils sentaient quand je souffrais de solitude et m’entouraient de leur présence, comme pour me rassurer. J’imaginais l’un des deux comme un escogriffe qui aurait poussé trop vite tandis que l’autre, légèrement cacochyme, devait être plus petit. C’est du moins ce que me révélaient les frôlements dont ils me gratifiaient en arrivant près de moi.

Ils avaient assurément l’esprit d’équipe parce qu’ils semblaient inséparables quand ils jouaient aux esprits frappeurs : ça cognait dans tous les coins jusqu’à me faire tourner en bourrique quand j’essayais de les attraper et que mes mains n’enserraient que du vide. Ils avaient aussi de l’à propos et de la répartie quand je leur parlais. C’est sûr que mes deux fantômes apprivoisés n’avaient pas l’esprit d’escalier même s’ils aimaient en faire grincer les marches!

Il arrivait pourtant qu’ils tombent mal avec leurs calinotades quand j’essayais de travailler mais je ne pouvais pas leur résister et ils parvenaient toujours à me faire rire : c’est évident qu’ils avaient de l’esprit et en aucun cas le cerveau lent (même si je ne suis pas certaine que les esprits aient un cerveau. Ben oui, les faibles d’esprit ont un cerveau mais pas vraiment d’esprit alors l’inverse se peut-il ? Il faudrait que je me renseigne 😉).

Le pire, c’était quand je paperassais et que je sentais leurs souffles autour de moi : bien sûr mes documents se faisaient la malle ce qui les faisait hurler de rire. Ils avaient l’esprit d’observation et heureusement jamais l’esprit mal tourné. Leurs farces étaient toujours sans conséquences envers moi, un peu comme si l’esprit de famille les empêchait d’être trop durs et ce n’est pas du tout une vue de l’esprit : ils me taquinaient soit mais toujours gentiment.

Bref, ils faisaient un peu partie de ma famille. Et puis un jour j’ai ressenti comme un manque. Cela faisait assez longtemps qu’ils ne s’étaient plus manifestés du tout. J’imagine qu’ils sont partis hanter quelqu’un d’autre. Ce ne peut être que cela puisque je ne peux imaginer la mort des esprits Face et Cieux. 

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L’agenda ironique de septembre 2024: ma proposition

Ce mois-ci c’est Jean-Louis, alias Toulopera, qui nous a concocté des consignes pour l’agenda ironique. Et quelles sont-elles ces consignes?

Le thème principal sera « les chansons de l’échanson ». Je vous propose donc de nous proposer un texte où apparaîtront des chansons, enfantines ou non, populaires ou non, sophistiquées ou non.

En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels qu’échanson, vistemboir, saxifrage et sigillographie, ainsi que l’expression « le diable est dans les beffrois ».

Le joyeux violoniste Gerard van Honthorst 1623, Rijksmuseum, Amsterdam

Ma proposition est la suivante: 

Les chansons de l’échanson en chaussons de Chauzon

Il était une fois un échanson qui collectionnait les vistemboirs de toutes sortes pourvu qu’ils permettent de boire : autant les verres que les seaux (ce qui n’a rien à voir avec la sigillographie évidemment mais bien avec la sitellofrigiphilie comme tout le monde ne le sait pas).

Il allait de château en château égayer les princes (qui étaient parfois déjà gays et gais avant son arrivée) avec ses chansons entraînantes les incitant à lever le verre, le gobelet, la coupe ou le hanap, dans tous les cas le coude.

Lui-même buvait très peu de boissons alcoolisées de crainte de verser à côté du récipient et de salir ses chaussons. Il faut dire qu’il avait toujours bon pied bon œil grâce à ses chaussons anti-dérapants. Il était arrivé à des collègues de glisser sur les reliefs du repas souvent jetés au sol et il préférait éviter de choir. D’autant plus qu’à l’époque, les assurances pour accidents de travail n’existaient pas encore. Mieux valait donc rester prudent. De la même manière, il demandait aux approvisionneurs en tonneaux de vin d’utiliser un accessoire pour les transporter afin de ne pas se blesser. Il disait toujours que le diable est dans les beffrois et que c’est là qu’il faut aller le chercher.

A Chauzon, et dans les environs, il entonnait « Chevaliers de la table ronde » et tous reprenaient avec lui en hurlant « goûtons voir si le vin est bon ». Bien sûr, le ton montait au fur et à mesure que le niveau des barriques baissait tandis que les invités trinquaient en se saluant suivant la formule locale « à Chauzon, tout est bon ».

Il fallait les entendre s’égosiller en rinçant leur gosier. « C’est à boire, à boire, à boire… » et l’échanson les servait tout en n’étant jamais ronchon. Les plus gourmands buvaient en faisant « Et glou, et glou, et glou » tandis que l’assemblée entonnait « Il est des nôooootres » en bafouillant et bavant de plus en plus.

Est-il utile de dire que tous, sauf l’échanson bien dans ses chaussons, zigzaguaient ensuite en beuglant dans les rues de Chauzon ? En chemin vers leur maison, ils se soulageaient en chantant « De ventre en pisse, La voilà la joli’ pisse, Pissi-pissons pissons le vin, La voilà la joli’ pisse »[1]. Avec tout ce qu’ils buvaient, c’est clair qu’ils n’avaient pas de problèmes aux reins et donc nul besoin de remède saxifrage[2]!

[1] Source

[2] Source

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L’agenda ironique de juillet et août 2024

Toujours dans la nonchalance estivale, j’avais oublié que l’AI devait être envoyé pour le 24 août au plus tard!

C’est donc pleine de confusion🫣  que je publie ma participation (même si j’ai déjà publié un autre article aujourd’hui 🙄) à cet exercice orchestré par Johnn Duff et hébergé par Tiniak.

Les consignes (pas piquées des vers!) sont celles-ci:

Le thème de l’AI est la chute, chute dans l’escalier, chute d’eau, chute des prix ou chute de rein…
Quelques mots pour agrémenter les textes, tout d’abord, camembert (le fromage des rois, le roi des fromages), Un mandarin et sa mandarine sont les bienvenus. Enfin, les mots, Sinémurien, ouroboros et conchoïdale. Il serait amusant qu’un des personnages porte un marcel. Enfin, il serait intéressant d’utiliser une locution latine, si besoin contrefaite.

Et voici ma participation ci-dessous.

La chute du mandarin

Mon père est tombé de très haut quand ma mère est partie définitivement. La chute a été d’autant plus abyssale qu’il n’avait rien vu venir, perché bien haut dans sa tour d’ivoire et dominant tout le monde avec sa fatuité insupportable.

Il était mandarin à la faculté de médecine de Bruxelles. C’est dire s’il ne se prenait pas pour un camembert ! Il était vêtu de blanc mais n’était jamais coulant avec personne, même pas avec ses propres enfants, mes frères et moi.

Ma mère, Marine, était infirmière mais, à partir du moment où elle s’est laissée séduire par mon père, le personnel s’est mis à l’appeler Mandarine. Au début c’était rigolo mais il faut dire qu’au fil du temps elle a perdu le sourire, la joie de vivre et est devenue de plus en plus acide. Ce surnom lui allait dès lors comme un gant (chirurgical bien sûr) d’après le personnel hospitalier.

La vie à la maison était dirigée de main de maître par mon père, malgré ses rares moments passés avec nous. Son autorité naturelle était tellement prégnante que personne n’osait s’y opposer.

Ma mère, dominée par son mari dès la fin de la lune de miel, avait toujours sur le visage une moue conchoïdale montrant qu’elle n’était pas très heureuse de la situation. Il disait qu’elle avait la bouche parapluie 😒. C’est vrai que les orages étaient chose courante à la maison.

Ah s’il avait pu la voir courir chez son amant ! Car depuis quelque temps elle avait décidé de suivre ses envies hors du domicile, exactement depuis le jour où elle avait croisé les yeux du jardinier du parc jouxtant l’hôpital. Il désherbait, taillait, cueillait en sifflotant, toujours joyeux. Qu’il porte un marcel plutôt qu’un tablier blanc amidonné et brodé à son nom, comme son mari, la faisait rire aux éclats en imaginant la tête de ce dernier. S’il savait ! C’est certain qu’il tomberait de haut le mandarin, la chute serait dure mais surtout incompréhensible à ses yeux. Il se pensait si parfait, tellement au-dessus d’un quelconque vulgum pecus !

Et Marine était enfin heureuse, épanouie auprès de Marcel (qui en portait toujours). Quand elle le retrouvait dans son appentis, ils se mettaient rapidement in naturalibus pour batifoler parmi les outils et les sacs de terreau. Comme l’atmosphère froide et immaculée voulue en tous lieux par son médecin de mari était loin de son esprit en ces moments de plaisir bien peu aseptisés ! Il leur était même arrivé, une seule fois hélas, d’aller tous les deux au Ciné Murien pendant que son époux participait à un congrès de deux jours à l’étranger. Elle n’avait pas bien compris le rapport entre le titre du film « Ouroboros » et l’histoire parce que, comme deux adolescents, ils n’avaient fait que se bécoter avant de vite courir à l’appentis de Marcel pour conclure.

Tout le monde savait ce qu’il se passait bien sûr sauf le cocu de service, mon père en l’occurrence, et quand ma mère fit ses bagages pour rejoindre Marcel, il tomba des nues et, en même temps de son piédestal, ne comprenant pas que son aura soit ainsi piétinée aux yeux de tout l’hôpital !

Les textes déjà envoyés à Tiniak sont regroupés sur cette page où je vous invite à aller les lire.

Le vote aura lieu tout bientôt, à suivre chez Tiniak bien sûr.

Bonne lecture, bonne journée, bonne reprise pour certain(e)s.

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L’agenda ironique de juin 2024

Ayant été plus qu’occupée en ce mois de mai, je n’ai pas trouvé le temps de participer à l’AI. Celui-ci est à présent terminé et  le palmier de la réussite a été décerné à Momo et Yuja, deux personnages dont John Duff détient tout le secret de la création 👏.

On passe maintenant à l’édition de juin qui est hébergée chez Sabri Na où vous trouverez toutes les consignes bien détaillées.

J’en propose un condensé ci-dessous au-cas où certain(e)s souhaiteraient se lancer dans l’aventure de cet agenda voyageur.

  • Nous devrons mettre à l’honneur des gens ordinaires, leurs tracas, leurs tralalas, leurs tragédies comme il nous chante, un matin de changement ! 
  • Nous devrons aussi créer au moins une locution introuvable (à la manière de l’OULIPO) à partir d’expression et locutions déjà connues (ex : avoir la tête dans le guidon + la balle est dans ton camp = avoir la tête dans ton camp… ou la balle est dans le guidon…).
  • Il y a également quelques mots à placer : porte-fenêtre / whisky / discorde / toupet / perce-neige / bouilleur de cru .
  • Et pour les plus courageux.ses, en option, il pourra être ajouté en début ou bout de course, cette phrase : « J’en suis reconnaissant.e car je sais maintenant où regarder pour répondre à l’inévitable question […] ça va encore durer longtemps ? »

Bon amusement et n’oubliez pas d’envoyer vos créations les plus dingues à Sabrina au plus tard le 26 juin.

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L’agenda ironique de mai 2024: les consignes

Voici venu le doux mois de mai et les nouvelles consignes itou.

Elles sont à lire en entier chez Jobougon mais je vous résume la chose:

Sur le modèle du livre du roi René d’Anjou (à ne pas confondre avec le rosé) « Le livre du Cœur d’amour épris », nous devrons personnifier « Liberté » et lui faire traverser moult tribulaventures en inventant des noms de lieux et personnages dans le style poétique de cette époque et de ce livre, en incluant dans le texte au moins deux jurons bien tournés dans un langage tout aussi poétique que fleuri.

🗓️ La clôture des participations est prévue le dimanche 26 mai. Nous voterons entre le 27 et le 30 mai. Puis le relais sera transmis le 31 mai.

A vos claviers et bon amusement 😊.

Je n’ai pas communiqué les résultats d’avril mais pour les curieux je vous livre  la mention de Carnetsparesseux:
Prem’s exéko, Sabri Na et Photonanie, puis, dez’egzaéko,  La Licorne,  John Duff  & Carnets paresseux; et puis toustoutes, soient Isabelle-Marie, Toulopéra, Jacou,  Jobougon, Gibulène, Adrienne, Mijo & Lyssamara. 

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Agenda ironique d’avril: le temps des votes + un bonus

La participation à l’AI est clôturée et les votes sont attendus avant le 30 avril mais l’intégration du tableau de votes n’ayant pas pu se faire, les votes doivent être communiqués par courriel à l’adresse: carnetsparesseux[at]yahoo[point]fr

Pour rappel, ou juste pour le plaisir, les treize textes participants sont les suivants: La Licorne (avec un bis), Jacou, Jobougon, Isabelle-Marie, Gibulène (avec un peu de rab), John Duff, Adrienne, Toulopéra (avec une rallonge), Sabri Na, Mijo, Photonanie, Carnetsparesseux (en deux épisodes) & Lyssamara.

 

Comme l’article est un peu court, je profite de l’occasion pour partager la découverte, faite chez Géhèm, d’un artiste belge assez amusant et plein d’imagination.

Il s’agit de Vincent Bal et de sa shadowology (ombrologie) qui est le fait de dessiner avec des ombres et quelques coups de crayon bien placés.

Regardez ci-dessous:

Je ne vais pas essayer de décrire ce qu’il fait, c’est graphique, astucieux et original😉. Vous pourrez voir d’autres exemples ici et là.

Et si vous en voulez encore, c’est très facile d’en trouver sur Facebook, Instagram, … bref sur internet.

Pour moi, qui suis atteinte de paréidolie, c’est assurément une démarche qui me plaît 😊.

Et vous, qu’en pensez-vous?

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