Brick a book 401 ✍🏻

Comme tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose une nouvelle photo en guise de déclencheur d’écriture.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous. Le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

©Ivan Tsaregorodtsev

Il se doutait que ça arriverait un jour. Ils en parlaient en riant quand ils étaient jeunes du jour où un des deux s’en irait pour toujours.

Il n’avait jamais imaginé que ce serait elle qui s’en irait la première suite, comme on dit pudiquement, à une longue maladie.

Leurs enfants les avaient bien entourés ces dernières semaines et puis la vie avait repris son cours.

Il était seul dans la maison désormais trop grande pour lui. Plus jamais elle ne lui dirait d’enlever ses chaussures boueuses sur le paillasson, de ranger ses objets déposés n’importe où, de faire ceci ou cela…

Elle lui manquait tellement, c’est comme si une partie de lui s’en était allée, laissant l’autre totalement à vif.

En traînant les pieds il avait entrepris de mettre de l’ordre dans la vieille chiffonnière et il avait trouvé ce sachet rempli de recettes de cuisine, découpées dans des magazines et conservées en vrac pour un jour prochain, jour qui n’était apparemment jamais venu.

La gorge nouée il hésitait sur le sort à réserver à ces papiers jaunis.

En secouant la tête, il se leva lentement. Il imaginait déjà les jeunes lui dire:

“Mais Papa voyons, plus personne ne garde ce genre de papier. On trouve tout ça et bien plus sur Internet!”

Il savait lui l’émotion que provoquaient les papiers jaunis retrouvés par hasard et qu’aucun réseau informatique ne procurerait jamais le même sentiment.

D’un geste brusque il vida le sachet dans la boîte aux vieux papiers, avec tristesse…

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

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Brick a book 400 ✍🏻

Comme tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose une nouvelle photo en guise de déclencheur d’écriture.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous. Le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Pour ce chiffre rond, Alexandra nous a glissé ces quelques mots:

Youhou, 400è atelier ! Cela fait donc au moins 9 ans que l’atelier a commencé par ici !

En route pour le 500è. 🙂

Bonne lecture 😊.

©Karl Magnuson

Ils avaient marché pendant des heures dans le sable. Par moment ils devinaient plus la piste qu’ils ne la voyaient tellement le paysage était mouvant autour d’eux.

Les indigènes les avaient prévenus que l’expédition était risquée, que certains n’en revenaient jamais.

Mais ils en avaient tellement rêvé de ce lever de soleil dans les dunes que rien n’aurait pu les faire changer d’avis.

Ils étaient là, seuls face à l’astre solaire, admiratifs, muets d’émotion.

Ils avaient refusé le kif qu’on leur avait proposé: ils ne voulaient surtout pas planer et prendre le risque de ne pas vivre à fond cet instant unique. Ils voulaient accueillir le jour en pleine conscience.

L’émotion était palpable dans le silence absolu qui les baignait.

Oubliés les mois de crainte, les masques et les gels, les distances sociales, toutes les précautions qui avaient entravé leur vie depuis trop longtemps. 

Ils vivaient pleinement le contraste de cet instant de bonheur absolu.

Ils étaient heureux, tout simplement…

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

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Brick a book 399 ✍🏻

Comme tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose une nouvelle photo en guise de déclencheur d’écriture.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous. Le texte qu’elle m’a inspiré se trouve juste après et c’est la suite de l’histoire de lundi dernier qui était elle-même la suite de celle-ci.

Bonne lecture 😊.

©Kevin Hendersen

Le salaud! Depuis six mois il me susurrait des mots d’amour, m’assurait que j’étais la femme de sa vie, que nous vieillirions ensemble et gna gna gna!

Partie au centre ville pour chercher la chemise idéale qui lui ferait vraiment plaisir comme cadeau d’anniversaire, je venais de l’apercevoir en train de courir, un sourire niais sur les lèvres et d’enlacer une très jeune femme. Enfin, très jeune je ne sais pas mais plus jeune que moi en tout cas.

Le choc! les larmes noyaient mes yeux me faisant voir les lumières de la ville comme un halo. J’avançais ivre de douleur, de colère et de rage.

La magnifique chemise qui m’avait coûté la moitié de mes économies finit dans les mains d’un clochard assis au sol et qui se trouva tout étonné de ce paquet cadeau qui venait d’atterrir sur son chapeau posé par terre.

J’avançais comme dans un brouillard, mon coeur battait la chamade. Que faire, comment réagir? Allai-je aller les saluer pour montrer que je les avais vus ou au contraire attendre notre rendez-vous du soir pour voir ce qu’il allait me dire comme mensonges…

Il me restait au moins deux heures avant de lui ouvrir la porte de mon appartement. Juste le temps de mûrir ma vengeance.

Il arriva pile poil à 19 heures avec un grand sourire et un grand bouquet. Ma gifle le cueillit par surprise. Il était sonné.

J’ai mis un certain temps à me rendre compte que je l’accablais de reproches alors qu’il ne bronchait pas, l’air ailleurs. Il finit par me dire qu’il était si heureux d’avoir croisé sa cousine, “mais si, souviens-toi, celle qui se marie dans trois mois et nous a invités”.

Mais oui, il m’en avait parlé bien sûr, même que je cherchais déjà la robe qui me mettrait en valeur pour cette rencontre avec sa famille! Je sentais mes joues virer au rouge vif, j’avais chaud, je bredouillais,…

J’ai eu vraiment beaucoup de mal à expliquer, maladroitement, pourquoi je n’avais pas de cadeau à lui offrir pour ses 25 ans…

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

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L’agenda ironique de mars

En mars, c’est Joséphine du blog Nervures et entailles qui pilote l’agenda ironique mensuel.

Voici les consignes à suivre telles que je les ai comprises (mais le mieux est d’aller voir directement sur le blog de Joséphine 😉 )

  • Pour commencer, elle nous propose ce slogan du féminisme radical sud-coréen: «Nous sommes le courage l’une de l’autre».
  • Elle y ajoute quelques règles stylistiques : une ou plusieurs anaphores et voir s’entrelacer quelques chiasmes.
  • Pour finir, un autre slogan du même mouvement, également splendide et puissant, que nous pourrons aussi glisser entre nos lignes :

    «Nous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie».

Ceci étant dit, je vous propose le texte que j’ai  rédigé dans ce cadre. Je reviendrai donner les modalités de vote d’ici quelques jours. 

Pour donner le ton, je vous propose de commencer par le dessin ci-dessous du dessinateur belge Pierre Kroll (source).

Metoo ou mytho…

Bon, je ne vais pas vous faire l’offense de vous raconter l’histoire d’Adam et Eve. Nous la connaissons tous, que nous ayons été élevés dans un esprit religieux ou pas.

Et donc, pour résumer les choses, Adam s’ennuyait tout seul dans son paradis (tandis que le bon dieu s’énervait dans son atelier!) et « on » lui aurait créé une compagne à partir d’une de ses côtes. (Enfin ça c’est ce qu’on lit dans un bestseller mondial appelé la Bible et qui cartonne depuis plus de 2000 ans !)

Et donc la femme serait issue d’un morceau de l’homme ! Il n’y a qu’un homme pour avoir imaginé cette histoire qui a ainsi mis la femme en situation d’infériorité dès le départ. L’histoire commençait bien pourtant, le soleil, les petits oiseaux, la nature puis c’est parti en sucette. Si on poursuit la lecture on apprend que le créateur (que vous appellerez comme vous voulez) n’a interdit qu’une chose dans ce paradis c’est de croquer les fruits de « l’arbre de la connaissance ». Pas très fute-fute, Adam n’y voyait pas malice et se contentait de se laisser vivre. Eve, qui, bien que créée en deuxième lieu, avait été mieux assemblée (vu qu’elle avait son cerveau bien positionné contrairement à Adam😉), était curieuse d’acquérir la connaissance. C’est comme si une petite voix lui avait murmuré « Il y a plein de fleurs là-bas, là où c’est clair, pourquoi tu marches où il fait noir ? » (Han Kang). Bref, Eve a donc goûté au fruit étiqueté « défendu » et a entraîné Adam à faire de même ce qui aurait causé toutes nos misères. (Encore que pour le Covid on n’ait aucune certitude à ce jour…). Des années plus tard, en repensant à ce jour et en observant les femmes qui l’entouraient Eve s’est surprise à penser « mais nous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie ! » et c’est vrai qu’elle avait bien enflammé une situation au départ plutôt tranquille.

On ne saura jamais vraiment le fin mot de l’histoire mais l’occasion était trop belle et l’homme a sauté sur l’occasion en hurlant « à partir de maintenant c’est moi le chef et c’est moi qui décide. Toi, femme, tu es inférieure et tu devras te soumettre à ma volonté! ».

C’était parti, le conditionnement de toute notre société jusqu’à aujourd’hui était enclenché et l’homme se sentirait toujours supérieur en tout ! Toujours ? Non parce que très vite une  femme (qui avait génétiquement hérité de la connaissance) a trouvé cela injuste.
A deux on est plus fort c’est bien connu et, très vite, les femmes ont pris conscience que chacune d’entre elles était le courage  d’une autre.

Le problème, pour l’homme, c’est qu’il n’est pas facile de quitter une position dominante quand on la croit légitime !

Le bien-fondé de leur supériorité, certains y croient tellement qu’ils n’hésitent pas à harceler sexuellement les « femelles » qui passent à leur portée. Comme si d’occuper les plus hautes situations donnait le droit d’accomplir les plus viles bassesses. Depuis quelque temps des femmes courageuses ont osé parler, ne plus se comporter honteusement alors qu’elles étaient victimes. Le mouvement «Metoo» était né et il n’a cessé de s’étendre.

Comme piètre défense, les mâles dominants n’hésitent pas à clamer qu’ils n’y sont pour rien, que la dame a tout inventé et qu’il faudrait être fou pour imaginer que l’Homme se soit abaissé à de tels comportements. Mais bien sûr…

Mesdames, unissons-nous mais sans perdre ce qui fait notre nature, notre grâce et notre féminité,

Mesdames, restons debout, unies, et regagnons petit à petit la place dont nous avons été privées trop longtemps aux côtés de l’homme et pas plus bas,

Mesdames, usons de notre connaissance de la vie pour expliquer aux hommes (avec des mots qu’ils comprennent😁) que nous ne voulons pas  leur prendre le pouvoir mais le partager.

J’ai envie de terminer malgré tout sur une note rassembleuse en citant Musset qui avait tout compris 😊

« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses (…) mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux » .

Une approche un peu différente cette fois sur un sujet de société. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dedans en essayant de ne pas écrire un discours syndical 😉 mais je n’aurais pas voulu déclarer forfait malgré tout. La cause est juste.

Je vous invite à lire les autres textes chez Joséphine 😃.

Je vous fixe rendez-vous en avril pour le prochain agenda ironique mais, avant de me sauver, je vous invite à écouter les paroles de cette chanson-hommage de mon chanteur préféré  😊.

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Brick a book 398 ✍🏻

Comme tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose une nouvelle photo en guise de déclencheur d’écriture.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous. Le texte qu’elle m’a inspiré se trouve juste après et c’est la suite de l’histoire de lundi dernier qui était elle-même la suite de celle-ci.

Bonne lecture 😊.

©Eutah Mizushima

Je savourais mon bonheur et ma liberté retrouvée en même temps. 
Le train avait à peine roulé une heure qu’il ralentissait déjà. En regardant par la vitre je l’ai aperçue sur le quai, elle avait l’air un peu angoissée.
Nos yeux se sont croisés, elle ne quittait plus mon regard comme si elle s’accrochait à une bouée de sauvetage.
Bien sûr, elle me trouva dans le wagon et vint s’asseoir en face de moi.

Je n’arrivais pas à replonger dans mon livre, il me semblait qu’elle attendait que je dise quelque chose. Après un moment je me penchai vers elle en lui demandant si tout allait bien.

Elle parut soulagée à l’idée de n’être plus tout à fait seule. Sa correspondante l’avait invitée à son mariage et c’était la première fois qu’elle voyageait aussi loin de chez elle, seule.

Il nous fallut moins de deux minutes pour comprendre que nous allions au même endroit.

Tout à fait rassurée elle commença à m’en dire un plus sur elle, sa vie, son nouveau boulot.

A la descente du train, nous étions presque les meilleures amies du monde. En tout cas, nous espérions le devenir après avoir mis en évidence tous nos points communs.

La future mariée sembla ravie de nous voir arriver ensemble, tout sourire.

Je la soupçonnais même d’avoir provoqué notre rencontre en nous communiquant des horaires qui nous amèneraient dans le même train 😊.

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

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Brick a book 397 ✍🏻

Comme tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose une nouvelle photo en guise de déclencheur d’écriture.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous. Le texte qu’elle m’a inspiré se trouve juste après et c’est la suite de l’histoire commencée lundi dernier.

Bonne lecture 😊.

©JK

Je n’en avais pas cru mes yeux en rentrant chez nous. J’étais partie sur un coup de tête mais j’avais regagné notre appartement un peu anxieuse après seulement 4 heures d’absence.

Dès l’entrée quelque chose me paru différent, j’avais comme une impression bizarre en accrochant ma veste au porte-manteau…

C’est allant dans le séjour que je vis le vide! Plusieurs objets manquaient un peu partout et surtout ton désordre habituel n’était plus là. J’ai d’abord pensé que tu avais rangé sachant que ton fouillis me contrariait mais en me rendant dans la chambre je dus me rendre à l’évidence: ta penderie était complètement vide!

J’étais abasourdie, tu avais dû commencer à rassembler tes affaires personnelles très vite après mon départ. C’est vrai que les désaccords prenaient de plus en plus de place dans notre vie commune mais je sentais monter la colère devant ta lâcheté!

Moi qui était rentrée apaisée par ma marche dans la nature je me retrouvais à nouveau avec les nerfs à fleur de peau.

Un verre d’eau fraîche vite puis du chocolat, beaucoup de chocolat, me poser sur le canapé et réfléchir. 

Tout compte fait, j’avais déjà tellement réfléchi que ce n’était plus vraiment nécessaire, il fallait conclure. Il me restait juste à respirer à fond, de plus en plus légère, comme soulagée en fait par cette liberté inattendue que tu m’offrais par ta fuite.

C’est alors que mes yeux se posèrent sur la lettre de ma meilleure amie. Elle venait de se fiancer et m’invitait à passer quelques jours chez elle pour rencontrer l’heureux élu. Je n’avais pas encore répondu sachant que j’allais devoir te convaincre de quitter ta tanière.

Vite acheter mon billet de train sur internet avant de préparer mon sac de voyage et d’appeler un taxi.

Et maintenant j’étais là, accrochée à la porte du train, comme dans un rêve, à regarder défiler le paysage, un grand sourire aux lèvres…libre et tellement légère!

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

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Brick a book 396 ✍🏻 et Journée des droits des femmes

Après cette pause de 2 semaines, Alexandra du blog Brick a book nous propose une nouvelle photo et nous rappelle les consignes: 

Le but est d’écrire un texte court (pas plus d’une page Word). Vous pouvez, si vous le souhaitez, tenter d’écrire, semaine après semaine, une histoire dont les péripéties se suivraient, ou bien écrire des textes sans rapport évident entre eux (même si bien souvent on traite des mêmes thèmes d’un texte à l’autre.)

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous et le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

©Elle Kennedy

J’étais bien, entourée par la nature. Je venais de marcher pendant des heures et des heures, seule et d’un pas rageur et là c’était en quelque sorte le calme après la tempête.

J’avais pris la porte après une dispute plus violente que d’habitude. J’avais juste attrapé mon sac à dos, y avais enfoui de quoi grignoter et m’hydrater et j’étais partie au hasard, sans carte ni projet particulier.

Au début je frappais fort le sol avec mes bottines de marche. “Tap, tap, tap,…” On m’entendait venir de loin le long de la route macadamisée. Puis j’avais quitté la Nationale et m’étais enfoncée dans les terres. Peu à peu mon pas était devenu plus léger au fur et à mesure que mes épaules se décrispaient et que j’oubliais  mon énervement.

Les oiseaux chantaient autour de moi, des fleurs sauvages partageaient généreusement leurs parfums, les abeilles butinaient en bourdonnant et je me sentais en harmonie avec cette nature si belle et dont j’avais été privée tout au long de l’hiver.

Me posant sur l’herbe, je commençai à réfléchir à ce qui m’avait poussée à fuir la maison. Le motif de la dispute devenait moins grave dans mon souvenir et en m’allongeant  j’étais déjà presque complètement apaisée.

Je m’endormis et c’est le passage d’un gros nuage qui m’éveilla sur un frisson. J’avais le visage en feu ayant négligé de le protéger du soleil. 

Bon, le plus dur restait à faire: rentrer dignement chez moi, la tête haute et vu sa couleur c’était pas gagné! 

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

Et puis je ne voudrais pas passer ce 8 mars sans souligner la Journée des droits des femmes et vous offrir deux chansons qui me parlent en espérant qu’elles vous toucheront aussi😊 .

L’une est chantée par un homme et l’autre par une femme (qui nous a quittés récemment), comme ça c’est l’équilibre total 😉.

Si vous me connaissez un peu, vous savez que je n’aime pas faire l’impasse sur l’humour et je sais que ceux qui me suivent n’en manquent pas 😄.

@BelgaImage

Plus sérieusement quelques éléments de réponse sur la différence de traitement homme-femme au travail se trouvent ici si ça vous intéresse.

Bonne journée à toutes et tous.

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L’agenda ironique de février

En cette fin février, c’est Frog qui pilote l’agenda ironique du mois.

Voici les consignes à suivre telles que je les ai comprises mais le mieux est d’aller voir directement chez ( Frog 😉 )

  • nous endosserons cette fois la peau d’un dragon
  • un objet attire notre convoitise mais un importun nous empêche de nous en emparer
  • nous devons nous débarrasser de cet importun mais sans recourir à cette vilaine habitude de cracher du feu
  • pour corser un peu les choses, nous glisserons dans notre texte les 3 mots suivants: baragouin, buffle et méphitique (dont, je dois bien l’avouer, je ne fais pas un usage quotidien).

Ceci étant dit, je vous propose le texte que j’ai  rédigé dans ce cadre. Comme je publie à la dernière seconde ou presque, vous ne devrez pas attendre longtemps avant d’aller voter, sur le blog de Frog, pour votre texte préféré avant le 27 /2/2021.

Esdragon

Dès sa naissance, sa maman avait directement su qu’il ne ressemblerait jamais à ses autres enfants. Quand l’œuf avait éclos et qu’elle s’était précipitée pour renifler son nouveau-né avec son vieux nez à elle qui en avait senti bien d’autres, elle avait fait une vilaine grimace.

Ce bébé-là sentait la verdure ! En secret elle décida de le baptiser Esdragon mais n’en dit rien aux autres mamans de la communauté. Pour cacher cette particularité, elle enveloppa Esdragon et s’en alla bien vite le rouler dans les marécages afin qu’il dégage, comme les autres une odeur moins fraîche, plus nauséabonde, en un mot méphitique.

En plus d’avoir une odeur différente, on ne comprenait jamais rien de ce qu’il disait. Il susurrait des sons et tous tendaient l’oreille sans savoir si c’étaient des sons suaves ou si ses récits s’inspiraient des sagas sataniques islandaises mais il semblait souffler dès qu’il ouvrait la gueule. Tsssssss !

Bref Esdragon s’était, dès sa plus tendre enfance, retrouvé au ban du régiment des dragons. Pauvre de lui…

Il était par la force des choses devenu très solitaire et un jour qu’il errait sans but il vit un drôle d’animal errer dans la forêt.

On aurait dit un bison mais à l’école des dragons le maître avait dit qu’ils avaient disparu de la surface de la terre. Il s’approcha un peu plus, sortit de sous son aile le téléphone portable offert par sa maman pour lui faire un peu oublier son isolement, le prit en photo, lança la recherche sur Gougueulededragon et lut « buffle d’Afrique ».

L’animal avait l’air placide et, en s’approchant, Esdragon vit sur son épaule un petit être minuscule joliment étendu au soleil. Sa maman lui disait tellement souvent qu’il rêvait de coquecigrues qu’ il se frotta les yeux avant d’oser parler.

    • Ssssalut ! T’es qui toi ?
    • Moi, répondit la créature, on m’appelle libellule mais certains disent aussi dragonfly, j’aime bien ce nom.
    • Ççççça c’est drôle ! Moi je m’appelle Esdragon. Je me demande si nous sommes parents.

Libellule, l’air moqueur, regarda Esdragon et lui dit qu’elle serait fort étonnée si c’était le cas tant leurs différences étaient nombreuses.

    • Regarde comme mes ailes sont gracieuses et d’une finesse incroyable. Le soleil leur donne de magnifiques reflets irisés. Tandis que les tiennes sont moches, épaisses et caoutchouteuses.

Malgré tout, un courant de sympathie circula rapidement entre eux et ils commencèrent à se balader ensemble dans la forêt. C’était un drôle d’équipage qu’Esdragon et Dragonfly qui rigolaient en se tapant sur le ventre.

La libellule, un peu paresseuse, profitait de la grande taille de son ami pour lui demander de la nourrir sans qu’elle ait à bouger une aile. On voyait ainsi, à longueur de journée, Esdragon fouiller les buissons à la recherche de mouches, sauterelles, fourmis ailées, … pour satisfaire la gourmandise de son amie.

Jusqu’au jour où un étrange animal sauta brusquement sur un nid de mouches que s’apprêtait à emporter notre ami dragon ! Esdragon ne l’avait pas vu, à croire qu’il s’était camouflé dans le feuillage. Imperturbable, Léon le camé, car c’était de lui qu’il s’agissait, continuait à avancer placidement en marmonnant dans les replis de sa peau qui avait l’air bien trop large pour son corps comme s’il s’était trompé de taille au magasin de peau.

Ne comprenant pas un mot du baragouin de l’animal mais fort en colère de s’être vu ainsi dépouillé du repas réservé à son amie, Esdragon sans réfléchir mit une patte sur le caméléon et sproutch ! l’écrasa sans sommation.

Esdragon se tenait à ce moment dans la posture de Saint-Georges terrassant son grand-père ! La fierté se lisait dans ses grands yeux verts. Pour la première fois de sa vie, il se sentait enfin utile à quelqu’un. Dragonfly, qui savait que le caméléon aurait aussi pu la gober comme une mouche voua à Esdragon une reconnaissance infinie jusqu’à la fin de ses jours.

Ils vécurent longtemps heureux ensemble même s’ils n’eurent bien sûr jamais d’enfants.

J’espère que l’histoire d’Esdragon vous a distrait et je vous invite à passer chez Frog lire les autres textes de dragons et bien sûr  d’y passer une nouvelle fois demain pour voter 😃.

Rendez-vous en mars pour le prochain agenda ironique. 

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Brick a book 395 ✍🏻

Tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose d’écrire un texte suscité par la photo qu’elle nous présente.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous et le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

©Jakob Owens

Zut de zut! J’étais en train de jouer avec mon nouveau mini-projecteur devant la maison quand j’ai entendu crier “Mains en l’air ne bougez plus”!

J’étais cernée par des voitures de police, sirènes et gyrophares activés et je ne comprenais rien à ce qui se passait.

J’avais juste eu envie de sortir de la maison dans la nuit et d’essayer ce nouveau gadget qui venait compléter ma collection d’objets du même type.

Je suis photographe dans une société qui réalise des mises en scène un peu particulières et j’aime bien trouver et tester de nouvelles idées.

Pour l’heure, j’étais entourée comme si j’étais l’ennemie publique numéro 1!

Quand la tension fut un peu retombée, celui qui semblait diriger l’opération me demanda qui j’étais et ce que je faisais quand ils étaient arrivés sur les lieux. 

Il eut l’air pour le moins embarrassé quand j’eus fini mon explication.

Il me dit que le standard venait d’envoyer toutes les voitures disponibles dans ma rue suite à un coup de fil signalant un dangereux individu brandissant une arme.

Nous avions l’habitude avec mes voisins de nous faire des blagues de plus en plus élaborées mais si c’était eux les responsables ils avaient fait vraiment fort cette fois.

Le lendemain, quand j’ai signé ma déposition pour clôturer la très courte enquête, j’ai lu que c’était une autre voisine, une vieille dame insomniaque, vivant seule, qui avait paniqué quand elle avait vu ma silhouette éclairée bizarrement (tels sont ses termes). Peut-être avait-elle cru à une invasion d’extra-terrestres. Toujours est-il que depuis lors, elle me semblait un peu gênée quand je la croisais dans la rue alors que moi j’avais beaucoup de peine à réfréner une irrésistible envie de rire en repensant à la scène!

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

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Brick a book 394 ✍🏻

Tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose d’écrire un texte suscité par la photo qu’elle nous présente.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous et le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

©John Moeses

De surprise, j’avais laissé tomber la boîte contenant la pellicule de mon film préféré.

Je l’avais regardé tellement souvent que je m’étonnais qu’elle n’apparaisse pas toute pâlie, effacée par les nombreuses lectures au fil des années. Comme si mes yeux, à force de regarder, sans se lasser, les mêmes images  avaient eu le pouvoir de les gommer peu à peu.

Mon père était projectionniste dans un petit cinéma de notre quartier et, quand il n’y avait pas de séance, son patron l’avait autorisé à passer des films, rien que pour moi.

Interdiction formelle d’inviter qui que ce soit d’autre. Il n’était pas fou le patron, il n’allait pas perdre la possibilité de gagner quelques sous avec des spectateurs qui payeraient le droit d’entrer.

Je ne me souviens même plus du titre exact, il y a tellement longtemps…

Mon père est mort depuis quelques semaines et ma mère, qui ne veut plus vivre seule dans cette grande maison, m’a demandé de l’aider à trier ce qu’elle emportera dans le petit appartement qu’elle a trouvé près d’ici.

En voyant se dérouler ce ruban d’images, c’est mon enfance que j’ai vu défiler sous mes yeux.

J’ai compris que mon père avait emporté cette boîte en souvenir de nos heures de complicité quand le patron s’était débarrassé des bobines désormais inutiles puisque la projection au départ de supports digitaux était devenue automatique.

C’est alors que le titre m’est apparu, fièrement calligraphié sur le dos de la boîte métallique: “La mélodie du bonheur”…J’ai alors senti l’ombre bienveillante de mon père m’envelopper tout à coup.

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉.

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