Agenda ironique de février 2022

L’agenda ironique de ce mois de février est hébergé par le blog de Joséphine où vous trouverez le détail des consignes. En résumé, il nous faut choisir une partie du corps, quelle qu’elle soit, et consigner son monologue qui comprendra de nombreuses parenthèses ou tirets, le tout avant le 25 de ce mois.

Mon choix s’est porté sur le coeur d’un musicien liégeois surtout connu pour ses opéras comiques mais pas que 😉.

André Grétry  a été enterré au cimetière du Père Lachaise mais son cœur a été rapatrié à Liège en 1842. Il se trouve dans une urne nichée dans le socle de sa statue en bronze juste devant l’Opéra de Wallonie.

Le coeur de l'Opéra

En passant dernièrement sur la place de l’Opéra j’ai entendu un grommellement qui se glissait entre les bruits de la ville. Interloqué, j’ai pensé:

— Tiens, une manif se prépare, à moins que ce soit le tonnerre qui commence à gronder… La météo se sera encore trompée!

Mais en traversant la chaussée, j’ai cru distinguer quelques mots et je me suis approché, l’oreille tendue, de la statue qui trône fièrement au milieu du rond-point. Je ne vous cache pas que j’étais perplexe en me rendant compte que c’était la statue de bronze qui parlait toute seule.

— Pfff! Mais qu’est-ce que je m’ennuie moi ici. Il y a plus de 200 ans que je moisis ici tout seul dans cette urne.

J’ai produit mes premiers battements en février 1741 dans un corps né en Principauté de Liège (la Belgique ne sera créée qu’en 1830). Mon hôte a eu une vie  palpitante et avec lui je me suis toujours beaucoup amusé. Il faut dire qu’il a été l’ami de Voltaire et le protégé de Napoléon.  Il a aussi été directeur de musique de la reine Marie-Antoinette. Bref, vous l’avez compris, ce n’était pas n’importe qui.

Quant à moi, j’ai toujours été là pour lui. J’ai battu plus fort quand il a rencontré son épouse ainsi qu’à la naissance de leurs trois filles. J’ai souffert avec lui lors des décès de ces dernières alors qu’elles n’avaient même pas vingt ans. Et je n’ai finalement cessé de battre qu’en 1813 quand il s’est retiré à l’ermitage de Montmorency après la mort de Jean-Jacques Rousseau, le précédent locataire .

Pour tout vous dire, il m’a un peu déçu quand il a, dans ses dernières volontés, exprimé le souhait d’être enterré au cimetière du Père Lachaise mais que son cœur soit rapatrié à Liège.

Avant on rigolait avec les autres organes: estomac, foie, rein, rate,…on échangeait comme les bons copains que nous étions devenus au fil du temps, j’aurais tellement aimé continuer à vivre “en corps”*. On a eu de bons et de moins bons moments mais nous faisions front, ensemble. Et puis on nous a séparés… A dire vrai, c’est seulement moi qu’on a séparé des autres. Subitement j’ai été loin des yeux et eux loin du cœur …

Oh, je ne me plains quand même pas trop parce que j’ai été placé dans une jolie urne et la niche où on l’a posée est grillagée. Je peux donc ressentir, en permanence, la vie de  l’Opéra de Wallonie. En fonction de l’origine du vent, je peux même entendre parfois quelques notes de musique s’échapper par les fenêtres.

Mais la plupart du temps c’est surtout le bruit de la circulation automobile qui m’empêche de me reposer. Qu’est-ce qu’il y a comme trafic autour de la place! Et les coups de klaxon à longueur de journée et parfois même de nuit! Parfois la tête me tourne et j’en ai mal au cœur, je veux dire vraiment mal au cœur !

Et voilà maintenant que la ville fait des travaux pour installer un tram! Je sens que je vais encore trembler sous les vibrations des engins de chantier et peut-être même avoir certains jours le cœur au bord des lèvres…enfin vous m’avez compris.

Pourtant le jour où il a composé “Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille“, j’aurais dû me douter du sale tour qu’il me jouerait en me faisant rapatrier, seul.

Où peut-on être mieux, où peut-on être mieux
Qu’au sein de sa famille ?
Tout est content,
Tout est content,
Le cœur, les yeux.
Le cœur, les yeux.

Tu parles! Je ne les ai même plus les yeux pour pleurer je suis seul et je me demande pour combien de temps encore…

Bon, je vous laisse, j’entends les répétitions à l’Opéra, au moins ce soir je pourrai m’endormir en musique en rêvant du passé 🎵.

*: j’ai emprunté l’expression “En corps” à Cédric Klapish. Il s’agit du titre de son dernier film qui sortira en mars prochain 😉.

Je vous propose trois liens supplémentaires pour en savoir davantage:

Urne contenant le coeur de Grétry

Voilà, ma participation s’arrête ici mais nous sommes encore une fois nombreux à avoir joué le jeu et je vous conseille vivement de passer chez Joséphine lire les autres textes. Je ne doute pas que vous y prendrez beaucoup de plaisir 😊.

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Brick a book 419 ✍🏻

Cette semaine voit le retour, après quelques problèmes techniques, d’Alexandra du blog Brick a book. Elle nous propose ce lundi la photo ci-dessous en guise de déclencheur d’écriture.

Comme d’habitude, le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

©Molly Blackbird

Il m’en avait fallu du temps pour arriver à ce résultat!

J’avais beau suivre des cours de photographie depuis trois ans déjà, maîtriser parfaitement tous les réglages de mon appareil et avoir quelques milliers de clichés honorables stockés dans mon disque dur, celui-ci me procurait une joie immense.

D’abord parce que mon modèle n’était pas n’importe qui, c’était la femme de ma vie. Ensuite parce que, peu importe le temps passé à essayer encore et encore en déplaçant la source de lumière, en changeant la pose, le nombre d’iso et la balance des blancs, l’émotion ressentie en voyant le résultat gommait les moments de tension.

Je voulais tellement traduire en image ce que je voyais depuis les coulisses quand elle se concentrait sur scène avant le lever du rideau et l’éclairage des spots, pile au moment du basculement entre l’ombre et la lumière.

Ce moment c’était le nôtre, celui où nous étions en communion juste avant qu’elle m’échappe temporairement pour offrir sa chorégraphie à son public.

Aujourd’hui était un jour particulier, le 14 février, et, peu coutumier de la fête devenue commerciale, j’avais néanmoins décidé de le choisir pour lui demander de m’épouser!

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

Bonne semaine 😊.

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L’agenda ironique de décembre 2021

Le lundi c’est souvent le jour de l’écriture mais il n’y a toujours pas de proposition sur le blog Brick a Book. Qu’à cela ne tienne, je vous propose de lire le texte que j’ai écrit pour l’agenda ironique de ce mois. Les consignes pour ce dernier AI de 2021 ont été soigneusement concoctées par Patrick Blachon du blog “Peintures chamaniques“.

Les voici:

D’abord être un enfant et connaitre le nom du premier renne tirant le char du Père Nöel me semble essentiel.

Ensuite il faut évidemment que le paysage commence à se recouvrir de neige et de silence, Peut être que le mot tintinnabuler tomberait à pic comme orange, étincelles, écarquiller, introït ( celui-là vraiment pour le fun) jeûne, moyeu, rayon, centre, Saint ( ou sain et sein si la phonétique vous inspire) Etoile bien sur, et conifère aller tiens ça change de sapin.

Le tr « rennes » oh ! du Père Noël

Rudolph était tout contrarié ! Depuis des siècles c’était toujours lui qui paradait fièrement en tête du traîneau du Grand Barbu.  Il faut dire que son nez rouge illuminant la nuit leur avait souvent permis d’éviter ornières et obstacles pendant les livraisons.

Fringant le jalousait depuis toujours et mourrait d’envie de prendre sa place pour que tous puissent l’admirer comme il se doit mais le boss était intransigeant sur le sujet : la sécurité avant tout.

Tonnerre était à ses côtés, en tête du troupeau. Sa force exceptionnelle permettait de tirer un poids qui dépassait la raison mais il y avait tellement d’enfants sages à gâter. Un jeûne de quelques jours pour perdre le gras accumulé depuis le Noël précédent et renforcer sa masse musculaire lui avait été conseillé par le vétérinaire mais si quelqu’un imaginait qu’il puisse se contenter d’une seule orange au goûter et bien il se trompait…       
Cette année si particulière qui avait privé les petits de nombreux plaisirs et parfois même d’école, le Père Noël souhaitait l’effacer en leur offrant davantage de cadeaux soigneusement emballés par les lutins.

Et voilà que le premier ministre venait d’annoncer que dorénavant seuls les transports de marchandises électriques pourraient circuler dans le pays ! Il paraissait que les autres véhicules étaient trop bruyants et empêchaient les experts de tout poil de se concentrer.

En général l’équipage de Noël glissait sur la neige tassée, en silence ou presque. Un tout petit chuintement se devinait si on tendait très, très fort l’oreille. Par chance il n’y avait ni roues ni moyeux sur le traineau, et par conséquent aucun risque de grincement intempestif.

Il est vrai que par moment les clochettes soigneusement disposées autour du cou des cervidés par la Mère Noël tintinnabulaient à qui mieux mieux. Ils seraient tristes de ne pas pouvoir exprimer leur joie en sautillant mais peut-être qu’en disposant des étoiles comme des rayons de soleil au centre et sur les côtés du traineau ça compenserait un peu. Peut-être même que des batônnets produisant des étincelles pourraient animer un peu la scène. Il était impératif que les enfants éveillés la nuit écarquillent les yeux au passage du traineau de Noël !

Il n’était pas question de faire comme Saint-Nicolas, seul avec son âne pour délivrer les jouets discrètement la nuit du 6 décembre. A défaut de faire du bruit il fallait au moins que ça brille !

Thimoté ignorait bien sûr les états d’âme des rennes mais il avait été bien sage et espérait recevoir les cadeaux demandés. Il avait déposé sa liste dans la boîte aux lettres spéciale Noël et n’avait nul doute de les trouver le 25 décembre au pied du grand conifère qui trônait depuis quelques jours dans un coin du salon.

Il savait qu’il devrait encore être sage pendant le repas de réveillon en famille et supporter l’introït incontournable de la messe de minuit où sa grand-mère les entraînait chaque année. Et puis, comme chaque 24 décembre, il espérait de toutes ses forces ne pas s’endormir avant d’avoir vu briller le nez rouge de Rudolph dans la nuit. Et si ce n’était pas cette année, ce serait sûrement l’année prochaine  😊.

Voilà, si vous êtes arrivés jusqu’ici je vous invite à continuer chez Patrick afin d’y lire tous les textes participant à cet AI. Jai jeté un coup d’oeil discret et croyez-moi, il y a de la variété dans les écrits!

D’ici là, je vous inviterai probablement à voter mais avant tout, laissez-moi vous souhaiter

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Brick a book 418 ✍🏻

Cette semaine, Alexandra du blog Brick a book nous propose la photo ci-dessous en guise de déclencheur d’écriture.

Comme d’habitude, le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

© lcs vgt

Il avait tellement rêvé de cet instant!

Depuis plusieurs années il ne loupait aucun épisode d’Alex Hugo à la télé, juste pour se projeter dans les si beaux paysages de montagne.

Mais toujours quelque chose l’obligeait à annuler ses vacances. Il y a trois ans, c’était du boulot en retard et les yeux de cocker triste de son patron le suppliant de tout finaliser avant une date buttoir. Il y a deux ans, il avait le pied plâtré après une chute mémorable sur un tapis de feuilles mortes humides. L’année dernière la pandémie avait vu l’annulation de sa réservation.

Mais là il culminait fièrement sur un éperon rocheux et il se sentait si bien, presque seul au monde. La première étape était franchie et son regard ne quittait pas le somment enneigé de l’autre côté de la vallée. Il n’avait pas osé y aller seul, par prudence (un pied cassé est si vite arrivé 😉), mais demain matin il rejoindrait un petit groupe emmené par un guide expérimenté.

Il s’assit pour admirer l’immensité presque silencieuse qui l’entourait. Les derniers mois avaient été difficiles mais il n’y pensait plus, tout à son bonheur d’être enfin là où il le voulait. Il respirait profondément cet air si pur qu’il lui donnait l’impression de purifier également ses poumons et ses pensées.

Plus qu’une fois dormir, comme disent les enfants, et il trônerait encore plus fièrement qu’aujourd’hui sur la montagne si blanche, là, juste en face!

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

Bonne semaine 😊.

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L’agenda ironique de novembre: le grand moment du vote!

Vous avez peut-être lu le texte que j’ai proposé comme participation à l’agenda ironique de ce mois. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez vous rattraper ici.

A présent, comme chaque mois, le moment est venu de faire votre choix parmi les très différents textes en lice et, in fine, de voter pour votre préféré.

Pour cela, c’est très simple, vous filez directement chez Laurence du blog Palette d’expressions qui organisait cette session, vous (re)lisez les propositions et il ne vous reste plus qu’à voter en votre âme et conscience.

Facile non? 😊

Un dernier mot, il n’y a rien à gagner, ni pour vous ni pour les participant(e)s, sinon du plaisir à imaginer, partager, sourire et lire des textes souvent étonnants…

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L’agenda ironique de novembre

Les mois filent à la vitesse grand V et voilà déjà venu le temps de proposer un texte pour l’agenda ironique hébergé ce mois-ci par Laurence Délis du blog Palette d’expressions.

Les consignes sont:

Aussi pour pour parer aux jours gris de novembre, novembre de brume et de mélancolie, je vous propose de débuter votre récit par une phrase empruntée à Charles Trenet « Y a de la joie […] par-dessus les toits […] du soleil dans les ruelles » à laquelle j’ajoute “et novembre”.

Ce qui donne la phrase suivante : « Y a de la joie par-dessus les toits, du soleil dans les ruelles et novembre… »  

A vous d’écrire une suite où il sera question de ce mois novembre. Que fait novembre ou que faire de novembre ou que faire en novembre, avec qui ou quoi… bref, c’est à vous de le dire, comme bon vous plaira avec un zeste d’ironie agenda oblige 😉

Il faudra ajouter trois mots à votre inspiration du mois  :

un puits – le passage – se taire

Y a de la joie par-dessus les toits, du soleil dans les ruelles et novembre n’est qu’un passage vers l’hiver auquel succèderont le printemps et puis l’été.

Depuis la nuit des temps c’est ainsi et il n’y a pas de raison objective pour que ça change.

Quoique…

Il est difficile de se taire et de considérer que tout est immuable depuis qu’un bête minuscule virus de rien du tout a brutalement bouleversé nos vies.

Si l’humour est toujours là, l’ironie elle s’est faite plus discrète, la sensibilité à fleur de peau de certains nous suggérant plus de retenue,  pour ne pas les blesser pendant la traversée du tunnel.

Avant, pour nous, le rythme était bien établi, plutôt tranquille l’hiver, quelques belles balades pour photographier les reflets du soleil sur la neige immaculée ou alors au coin du feu, un bon livre en main et un chat sur les genoux, le bonheur quoi. Après la chaleur des fêtes de fin d’année, début janvier, commençait la frénésie de programmer des rencontres amicales et des vacances de printemps et/ou d’été. Choisir où, dans quelles conditions, pendant combien de temps, seuls ou avec des amis, bref un autre bonheur en pensée et par avance, comme un acompte sur les plaisirs à venir.

Depuis mars 2020, les jours d’hiver ont peu changé : la neige est toujours là, le feu, la lecture et le chat aussi. C’est rassurant. En été par contre, les vacances ont été écourtées puis ont laissé place à des balades moins loin, à d’autres loisirs plus casaniers, le jardin s’est refait une beauté. On a moins vu les amis ou alors en extérieur, tous un peu gênés de ne plus oser se faire la bise, comme des amoureux à leur premier rendez-vous.

Malgré ces moments difficiles, passés, présents et à venir, (bien sûr que nous avons un avenir et que le meilleur est à venir!) après avoir eu parfois l’impression de glisser dans un puits sans fond, la vie a doucement repris le dessus, d’autres manières de vivre se sont installées, la résistance s’est bien organisée. Au passage, notre échelle de valeurs a changé, est devenue plus sensée mais le principal est que nous sommes toujours là, participants permanents au bal masqué, ohé, ohé à clamer haut et fort que oui vraiment y a de la joie par-dessus les toits et que bientôt nous pourrons fredonner ces quelques mots en dansant

Aujourd’hui j’embrasse qui je veux, je veux
Devinez, devinez, devinez qui je suis
Derrière mon loup, j’embrasse qui je veux, je veux
Aujourd’hui, (aujourd’hui) tout est permis (tout est permis)
(Au bal masqué, la Compagnie créole).

 

Voilà, si vous êtes arrivés jusqu’ici, au bas de la page, il vous reste à passer chez Laurence lire les autres participations puis, dans quelques jours, à répondre à l’invitation à voter.

Prenez soin de vous 😊.

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Brick a book 417 ✍🏻

Cette semaine, Alexandra du blog Brick a book nous propose la photo ci-dessous en guise de déclencheur d’écriture.

Comme d’habitude, le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite et, comme je suis ailurophile, je n’ai pas eu trop de mal à démarrer mon texte. Il m’a suffit de regarder la boule de poils qui partage notre vie depuis quelques années😻.

Bonne lecture 😊.

©iana Parkhouse

Ça c’est moi, Pacha.

Au début de ma vie, je me suis retrouvé, avec mes frères et sœurs,  dans un carton déposé au bord de la rivière. Nous avions faim et ne comprenions pas ce qui nous arrivait. Où était notre maman?

Très vite une gentille dame nous a trouvés et emportés dans ce qu’elle a appelé un refuge. Nous ne comprenions pas bien ce que c’était mais au moins on nous a donné à manger.

Quelques jours plus tard est arrivée celle qui est depuis devenue mon esclave. Elle m’a soulevé dans ses mains et a dit

— C’est celui-ci que je veux, je l’aime déjà!

Depuis, elle vit chez moi. Bon, au départ c’était sa maison mais très vite elle a compris qui était le maître.

Si je veux manger je miaule un peu devant ma gamelle et elle se précipite pour me donner coquettes et bouchées de choix.

Si je souhaite qu’elle m’ouvre la porte, je miaule brièvement devant celle-ci et elle accourt pour l’ouvrir.

Heureusement elle me laisse passer la nuit dans le garage où j’ai une maison chaleureuse rien que pour moi ainsi qu’un coussin sur la chaudière. Une petite porte qui s’ouvre dès que je l’approche me permet de faire la java jusqu’au matin avec les autres chats du quartier. Ils m’aident à oublier ma famille sauf quand j’ai le cafard.

C’est mon esclave mais je crois que je commence quand même à l’aimer, surtout quand elle me laisse me blottir sur ses genoux et qu’elle me caresse le ventre.

Finalement je me dis que, même mal commencée, ma vie est finalement très belle et mon nom très bien choisi.

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

Bonne semaine 😊.

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Apollinaire, le circuit de Spa-Francorchamps et le dessin de presse

Quelle drôle d’idée de mêler trois sujets aussi différents me direz-vous peut-être 😊.

Je vous raconte. Ayant fini récemment le roman “La dixième muse” d’Alexandra Koszelyk (la même qui organise tous les lundis l’atelier d’écriture en ligne sur Brick a book) j’ai été prise d’une furieuse envie d’aller enfin visiter le musée Apollinaire à Stavelot. Bien sûr je savais que le seul musée au monde consacré à ce poète se trouvait à 50 km de chez moi puisqu’il a séjourné en Belgique avec son frère, mais je n’avais jamais eu le déclic. 

Aussitôt dit aussitôt fait, une réservation en ligne et nous voilà partis à l’abbaye de Stavelot.

Le billet est combiné et permet la visite de 3 musées et d’une exposition temporaire.

Nous avons donc visité le musée Apollinaire et celui du circuit de Spa-Francorchamps (bien connu des amateurs de F1) ainsi que l’exposition très intéressante des dessins de presse du monde entier.

Et le troisième musée? C’est celui de la principauté de Stavelot-Malmédy que nous irons voir à notre aise une prochaine fois, les dessins de presse nous ayant retenu un temps certain.

 

L’abbaye de Stavelot

1. Guillaume Apollinaire

C’est en 1954 que l’Association Internationale des Amis de Guillaume Apollinaire inaugure le musée sous la présidence d’honneur de Jean Cocteau.

D’abord installé dans l’ancienne pension Constant, où résida le poète, il fut déplacé en 1961 dans l’Abbaye où  nous pouvons revivre le séjour effectué  par Guillaume et son frère.

Leur mère et son compagnon, qui s’étaient fait passer pour des aristocrates russes, les ont abandonnés plusieurs mois dans cette pension  tandis qu’ils allaient tenter leur chance au casino de Spa à quelque 15 kilomètres de là. Les deux jeunes gens n’eurent d’autre issue que de s’enfuir à la cloche de bois un jour d’octobre 1899.

Sans argent et désœuvré, c’est à Stavelot que Guillaume commencera à écrire sur tout ce qui l’entoure. C’est là aussi qu’il rencontrera son premier amour, Marie Dubois, à qui il écrira de très beaux acrostiches dont certains en patois de l’endroit.

C’est probablement la trahison de cette jeune fille qui provoquera chez lui le sentiment qui le suivra jusqu’à sa mort d’être le “mal-aimé”.

Pour voir quelques pièces présentes dans ce musée, je vous invite à cliquer, ci-dessous, sur le tableau réalisé par le peintre belge Pierre Alechinsky.

Les passionnés peuvent également trouver de nombreuses informations sur ce site consacré au poète.

Je vous parlerai de la visite du deuxième musée et de l’expo dans un prochain article.

A très vite 😀.

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Brick a book 416 ✍🏻

Cette semaine, Alexandra du blog Brick a book nous propose la photo ci-dessous en guise de déclencheur d’écriture.

Comme d’habitude, le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

©Robert Collins

Il en avait littéralement plein le dos de cette bonne femme!

Ils s’étaient connus à la salle de musculation, avaient échangé quelques sourires appréciateurs puis s’étaient rapidement trouvés dans le même lit pour le meilleur et pour le…meilleur.

Il y avait deux ans déjà. Complètement obsédés tous les deux par leur apparence, ils prenaient des tas de produits anabolisants pour parfaire leur musculature. Aucun concours, aucun programme d’exhibition dans la région ou plus loin ne les rebutait. On les voyait partout, ensemble et sur la même longueur d’onde, créant de nouvelles figures à deux pour faire saillir leurs muscles.

Tout allait merveilleusement bien jusqu’au début du printemps dernier. Elle commença par limiter sa consommation de produits dopants laissant ainsi rapidement fondre sa masse musculaire. il s’en étonna mais mit ça sur une lubie de régime ou autre fantaisie féminine.

Puis elle commença à laisser traîner des magazines avec des photos d’enfants un peu partout dans leur appartement. Inutile de dire que le signal n’arrivait pas au cerveau masculin de son compagnon. A croire que les nœuds de ses muscles empêchaient l’information d’arriver jusqu’à ses neurones!

Au fil du temps, l’horloge biologique de l’une avait pris de l’avance sur celle de l’autre, toujours obsédé par son corps.

Hier elle lui avait carrément posé un ultimatum: tu me fais un enfant, très vite, ou je te quitte directement après l’exhibition de ce soir.

Il savait qu’il vivait les derniers instants de leur couple et qu’il sentait pour la dernière fois le poids de sa compagne sur ses épaules. Il ne pouvait pas laisser tomber tous ses rêves et changer radicalement de vie, même sous la menace.

Le spectacle fini, elle rentra une dernière fois dans leur logement pour emporter le bagage préparé discrètement au cas où malgré l’espoir qu’il partage enfin son envie de fonder une famille.

Cette  photo, devenue collector, est la dernière des “Musclamoureux” comme on les appelait dans le milieu.

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

Bonne semaine 😊.

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Brick a book 415 ✍🏻

Cette semaine, Alexandra du blog Brick a book nous propose la photo ci-dessous en guise de déclencheur d’écriture.

Comme d’habitude, le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

@ random institute

Elle espérait que les battements de son coeur allaient ralentir. Elle avait l’impression qu’on entendait les pulsations résonner dans tout le wagon. Pour son malheur…

Elle était arrivée à semer ses poursuivants mais l’angoisse la paralysait encore. Elle savait qu’ils n’abandonneraient pas de sitôt leur traque.

Les rouages de son cerveau tournaient à toute vitesse. Il fallait qu’elle arrive à leur échapper une bonne fois pour toutes.

Le pire c’est qu’elle ne savait pas ce qu’ils lui voulaient. Ils parlaient une langue étrangère avec des tonalités qui lui évoquaient une langue des pays de l’est mais sans certitude.

Ils avaient commencé à la bousculer, la narguer, la tripoter, crier en tournant autour d’elle. Il l’invectivaient et personne parmi les passagers en attente sur le quai n’avait réagi. Tous regardaient ailleurs, comme gênés par la scène mais ne souhaitant surtout pas s’en mêler.

Sa mère avait eu raison de craindre qu’on s’en prenne à elle qui avait toujours été différente des autres enfants. Plus lente, moins réactive, moins agressive surtout, une proie idéale pour des adolescents en recherche de sensations.

Elle était arrivée à ouvrir la porte de l’endroit réservé aux colis encombrants et surtout à s’y enfermer. Elle ne savait plus trop s’orienter dans cet espace où les fenêtres brillaient surtout par leur absence. Comment savoir où descendre du train alors que tous les repères mis en place par sa mère lors du premier trajet effectué ensemble avaient disparu…

A un moment la porte s’ouvrit doucement. Elle retenait son souffle, s’attendant au pire.

— Mais que faites-vous ici, dit le contrôleur aussi surpris qu’elle.

Quand elle fondit en larmes, le brave homme ne sut plus quoi faire. Il décida d’appeler l’accompagnatrice du train qui parvint difficilement à calmer la jeune fille et à lui faire raconter son histoire. 

Avec beaucoup de patience ils comprirent plus ou moins ce qui s’était passé et ne la quittèrent plus jusqu’à son arrêt où ils s’assurèrent que sa maman l’attendait bien sur le quai.

Le plus dur serait de remonter dans le train le lendemain et les jours suivants mais il le fallait si elle voulait acquérir, peu à peu, un minimum d’indépendance…

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

Bonne semaine 😊.

Continuer la lectureBrick a book 415 ✍🏻