L’agenda ironique de février

En cette fin février, c’est Frog qui pilote l’agenda ironique du mois.

Voici les consignes à suivre telles que je les ai comprises mais le mieux est d’aller voir directement chez ( Frog 😉 )

  • nous endosserons cette fois la peau d’un dragon
  • un objet attire notre convoitise mais un importun nous empêche de nous en emparer
  • nous devons nous débarrasser de cet importun mais sans recourir à cette vilaine habitude de cracher du feu
  • pour corser un peu les choses, nous glisserons dans notre texte les 3 mots suivants: baragouin, buffle et méphitique (dont, je dois bien l’avouer, je ne fais pas un usage quotidien).

Ceci étant dit, je vous propose le texte que j’ai  rédigé dans ce cadre. Comme je publie à la dernière seconde ou presque, vous ne devrez pas attendre longtemps avant d’aller voter, sur le blog de Frog, pour votre texte préféré avant le 27 /2/2021.

Esdragon

Dès sa naissance, sa maman avait directement su qu’il ne ressemblerait jamais à ses autres enfants. Quand l’œuf avait éclos et qu’elle s’était précipitée pour renifler son nouveau-né avec son vieux nez à elle qui en avait senti bien d’autres, elle avait fait une vilaine grimace.

Ce bébé-là sentait la verdure ! En secret elle décida de le baptiser Esdragon mais n’en dit rien aux autres mamans de la communauté. Pour cacher cette particularité, elle enveloppa Esdragon et s’en alla bien vite le rouler dans les marécages afin qu’il dégage, comme les autres une odeur moins fraîche, plus nauséabonde, en un mot méphitique.

En plus d’avoir une odeur différente, on ne comprenait jamais rien de ce qu’il disait. Il susurrait des sons et tous tendaient l’oreille sans savoir si c’étaient des sons suaves ou si ses récits s’inspiraient des sagas sataniques islandaises mais il semblait souffler dès qu’il ouvrait la gueule. Tsssssss !

Bref Esdragon s’était, dès sa plus tendre enfance, retrouvé au ban du régiment des dragons. Pauvre de lui…

Il était par la force des choses devenu très solitaire et un jour qu’il errait sans but il vit un drôle d’animal errer dans la forêt.

On aurait dit un bison mais à l’école des dragons le maître avait dit qu’ils avaient disparu de la surface de la terre. Il s’approcha un peu plus, sortit de sous son aile le téléphone portable offert par sa maman pour lui faire un peu oublier son isolement, le prit en photo, lança la recherche sur Gougueulededragon et lut « buffle d’Afrique ».

L’animal avait l’air placide et, en s’approchant, Esdragon vit sur son épaule un petit être minuscule joliment étendu au soleil. Sa maman lui disait tellement souvent qu’il rêvait de coquecigrues qu’ il se frotta les yeux avant d’oser parler.

    • Ssssalut ! T’es qui toi ?
    • Moi, répondit la créature, on m’appelle libellule mais certains disent aussi dragonfly, j’aime bien ce nom.
    • Ççççça c’est drôle ! Moi je m’appelle Esdragon. Je me demande si nous sommes parents.

Libellule, l’air moqueur, regarda Esdragon et lui dit qu’elle serait fort étonnée si c’était le cas tant leurs différences étaient nombreuses.

    • Regarde comme mes ailes sont gracieuses et d’une finesse incroyable. Le soleil leur donne de magnifiques reflets irisés. Tandis que les tiennes sont moches, épaisses et caoutchouteuses.

Malgré tout, un courant de sympathie circula rapidement entre eux et ils commencèrent à se balader ensemble dans la forêt. C’était un drôle d’équipage qu’Esdragon et Dragonfly qui rigolaient en se tapant sur le ventre.

La libellule, un peu paresseuse, profitait de la grande taille de son ami pour lui demander de la nourrir sans qu’elle ait à bouger une aile. On voyait ainsi, à longueur de journée, Esdragon fouiller les buissons à la recherche de mouches, sauterelles, fourmis ailées, … pour satisfaire la gourmandise de son amie.

Jusqu’au jour où un étrange animal sauta brusquement sur un nid de mouches que s’apprêtait à emporter notre ami dragon ! Esdragon ne l’avait pas vu, à croire qu’il s’était camouflé dans le feuillage. Imperturbable, Léon le camé, car c’était de lui qu’il s’agissait, continuait à avancer placidement en marmonnant dans les replis de sa peau qui avait l’air bien trop large pour son corps comme s’il s’était trompé de taille au magasin de peau.

Ne comprenant pas un mot du baragouin de l’animal mais fort en colère de s’être vu ainsi dépouillé du repas réservé à son amie, Esdragon sans réfléchir mit une patte sur le caméléon et sproutch ! l’écrasa sans sommation.

Esdragon se tenait à ce moment dans la posture de Saint-Georges terrassant son grand-père ! La fierté se lisait dans ses grands yeux verts. Pour la première fois de sa vie, il se sentait enfin utile à quelqu’un. Dragonfly, qui savait que le caméléon aurait aussi pu la gober comme une mouche voua à Esdragon une reconnaissance infinie jusqu’à la fin de ses jours.

Ils vécurent longtemps heureux ensemble même s’ils n’eurent bien sûr jamais d’enfants.

J’espère que l’histoire d’Esdragon vous a distrait et je vous invite à passer chez Frog lire les autres textes de dragons et bien sûr  d’y passer une nouvelle fois demain pour voter 😃.

Rendez-vous en mars pour le prochain agenda ironique. 

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Brick a book 395 ✍🏻

Tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose d’écrire un texte suscité par la photo qu’elle nous présente.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous et le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

©Jakob Owens

Zut de zut! J’étais en train de jouer avec mon nouveau mini-projecteur devant la maison quand j’ai entendu crier “Mains en l’air ne bougez plus”!

J’étais cernée par des voitures de police, sirènes et gyrophares activés et je ne comprenais rien à ce qui se passait.

J’avais juste eu envie de sortir de la maison dans la nuit et d’essayer ce nouveau gadget qui venait compléter ma collection d’objets du même type.

Je suis photographe dans une société qui réalise des mises en scène un peu particulières et j’aime bien trouver et tester de nouvelles idées.

Pour l’heure, j’étais entourée comme si j’étais l’ennemie publique numéro 1!

Quand la tension fut un peu retombée, celui qui semblait diriger l’opération me demanda qui j’étais et ce que je faisais quand ils étaient arrivés sur les lieux. 

Il eut l’air pour le moins embarrassé quand j’eus fini mon explication.

Il me dit que le standard venait d’envoyer toutes les voitures disponibles dans ma rue suite à un coup de fil signalant un dangereux individu brandissant une arme.

Nous avions l’habitude avec mes voisins de nous faire des blagues de plus en plus élaborées mais si c’était eux les responsables ils avaient fait vraiment fort cette fois.

Le lendemain, quand j’ai signé ma déposition pour clôturer la très courte enquête, j’ai lu que c’était une autre voisine, une vieille dame insomniaque, vivant seule, qui avait paniqué quand elle avait vu ma silhouette éclairée bizarrement (tels sont ses termes). Peut-être avait-elle cru à une invasion d’extra-terrestres. Toujours est-il que depuis lors, elle me semblait un peu gênée quand je la croisais dans la rue alors que moi j’avais beaucoup de peine à réfréner une irrésistible envie de rire en repensant à la scène!

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉

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Brick a book 394 ✍🏻

Tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose d’écrire un texte suscité par la photo qu’elle nous présente.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous et le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

©John Moeses

De surprise, j’avais laissé tomber la boîte contenant la pellicule de mon film préféré.

Je l’avais regardé tellement souvent que je m’étonnais qu’elle n’apparaisse pas toute pâlie, effacée par les nombreuses lectures au fil des années. Comme si mes yeux, à force de regarder, sans se lasser, les mêmes images  avaient eu le pouvoir de les gommer peu à peu.

Mon père était projectionniste dans un petit cinéma de notre quartier et, quand il n’y avait pas de séance, son patron l’avait autorisé à passer des films, rien que pour moi.

Interdiction formelle d’inviter qui que ce soit d’autre. Il n’était pas fou le patron, il n’allait pas perdre la possibilité de gagner quelques sous avec des spectateurs qui payeraient le droit d’entrer.

Je ne me souviens même plus du titre exact, il y a tellement longtemps…

Mon père est mort depuis quelques semaines et ma mère, qui ne veut plus vivre seule dans cette grande maison, m’a demandé de l’aider à trier ce qu’elle emportera dans le petit appartement qu’elle a trouvé près d’ici.

En voyant se dérouler ce ruban d’images, c’est mon enfance que j’ai vu défiler sous mes yeux.

J’ai compris que mon père avait emporté cette boîte en souvenir de nos heures de complicité quand le patron s’était débarrassé des bobines désormais inutiles puisque la projection au départ de supports digitaux était devenue automatique.

C’est alors que le titre m’est apparu, fièrement calligraphié sur le dos de la boîte métallique: “La mélodie du bonheur”…J’ai alors senti l’ombre bienveillante de mon père m’envelopper tout à coup.

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉.

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Brick a book 393 ✍🏻

Tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose d’écrire un texte suscité par la photo qu’elle nous présente.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous et le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

©Gatis Murnieks

J’ai toujours aimé les chats. C’était même plus que de l’amour, c’était viscéral chez moi, j’étais incapable de résister à leur attrait. C’est comme si j’étais aimantée par leur regard. 

Je lui murmurais  les mots de Baudelaire:

“Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate”(Le chat).

Aussi quand j’ai vu celui-là je me suis directement approchée en criant “minou, minou” et en faisant un drôle de bruit avec ma bouche pour l’attirer.

J’avais bien vu qu’il était grand et se dressait fièrement. Il avait même l’air de me snober. Je ne connaissais pas cette race, probablement un Maine Coon ou un Norvégien… C’étaient les seuls races de grands chats que je connaissais un peu.

A un moment j’ai vu ces drôles de petites touffes de poils qui se trouvaient au bout de ses oreilles.

En m’approchant du matou, je sentis mon sang se glacer. Sans mes lunettes que je portais bien trop rarement par coquetterie, je compris subitement que ce que j’avais pris de loin pour un chat, était en fait un lynx!

Je réfléchissais à toute vitesse, mes cours de sciences naturelles étaient bien loin mais j’étais quand même à peu près sûre qu’on ne trouvait pas ce genre de félin dans nos forêts ardennaises.

Subitement j’ai vu accourir quelques personnes qui gesticulaient. Parmi celles-ci se trouvait Mario qui était vétérinaire au parc animalier tout proche.

J’ai hurlé quand je l’ai vu viser le lynx avec un genre de fusil un peu spécial, juste avant de m’effondrer comme un pantin.

Quand j’ai ouvert les yeux on m’a expliqué que le fusil hypodermique avait pour seul effet d’endormir l’animal sans lui faire aucun mal.

Il se réveillerait bientôt dans son enclos après que toutes les clôtures aient été vérifiées.

Et moi je me souviendrais longtemps avec bonheur de cette rencontre surprenante avec un animal magnifique, habituellement solitaire et discret…

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉.

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C’est le moment!

J’ai eu le grand plaisir d’être classée en tête de l’Agenda ironique de décembre et ça m’a hyper motivée pour continuer à suivre Anapodoton, mon héros malgré lui.

Il y a environ une semaine, certains d’entre vous ont lu et commenté cette suite inventée pour l’Agenda ironique de janvier. J’espère que vous aurez pris plaisir à lire également d’autres textes proposés dans ce cadre 😊.

Bref, comme chaque mois, le moment de trancher est arrivé et vous pourrez voter pour maximum 3 textes  sur le blog de Carnets paresseux qui est l’organisateur de ce premier AI de l’année. 

Source: Internet

Bien sûr c’est bon pour le moral d’être bien classé mais le principal est vraiment ici de s’amuser et de découvrir des textes très différents dans leurs styles, formes, ambiances,… et qui respectent les contraintes inventées par l’organisateur du mois.

Je vous souhaite bonne lecture et bonne journée 😀.

Pour les distraits ou les pressés,

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Brick a book 392 ✍🏻

Tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose d’écrire un texte suscité par la photo qu’elle nous présente.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous et le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

© Deon Van Zyl

J’étais entrée par hasard dans ce café de Hanovre. Je cherchais un endroit où me désaltérer mais surtout où me poser pour réfléchir à ce que j’allais faire.

J’avais parcouru quelques rues au hasard depuis mon arrivée et mes pieds légèrement meurtris avaient fini par crier grâce.

D’un regard à travers la vitrine, j’avais anticipé immédiatement l’ambiance chaleureuse, élégante et un peu démodée. La serveuse portait un petit tablier blanc comme dans les vieux films. Le capuccino était servi dans une très belle tasse en porcelaine posée sur un plateau où se trouvait également un assortiment de petits chocolats. Le tout était très raffiné et je me suis enfin détendue.

Je me suis même surprise à sourire. J’avais bien fait de ne pas me laisser tenter par un bar moderne, clinquant et bruyant. J’avais besoin de calme pour trouver une solution.

J’étais venue dans cette ville dans le cadre d’un échange étudiant mais, contrairement à ce qui était prévu, personne ne m’avait accueillie à mon arrivée à la gare. 

J’avais emporté un dossier où se trouvaient les coordonnées des personnes censées m’héberger mais je ne maîtrisais pas encore suffisamment l’allemand pour oser m’adresser à une personne en rue et lui demander de me guider. Et bien sûr j’avais vidé la batterie de mon portable en répondant à toutes les copines qui m’avaient appelée pendant le trajet en train pour me souhaiter bonne chance.

Je compulsais mes papiers du fond de la banquette en velours où j’avais trouvé refuge et je regardais la personne attablée juste devant la fenêtre.

Elle semblait être une habituée et, sur un seul geste, la jeune fille allait remplir sa tasse et lui proposer quelques douceurs pendant qu’elle semblait corriger des copies.

Quand elle m’entendit expliquer mon souci à la serveuse, elle se retourna vers moi avec un grand sourire, se présenta et proposa de m’aider. Par chance, elle était professeure de français dans un Gymnasium.

Il y avait eu un simple malentendu avec la mère de ma famille d’accueil qui, de son côté, s’inquiétait de ne pas me trouver à la gare…où elle s’était présentée deux heures trop tard. Après ces débuts un peu mouvementés, je me suis très bien adaptée à la vie locale et je suis souvent retournée dans le premier endroit qui m’avait porté chance dans cette ville.

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉.

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A comme la neige a neigé!

Quelques photos récentes... - Page 5 674837407Hier, nous devions illustrer le mot “hiver” pour le défi de Ma et il n’y avait pas chez moi le moindre petit flocon à l’horizon. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise en voyant ce matin qu’un blanc manteau bien épais recouvrait tout autour de la maison.

Je vous montre un petit bout de mon jardin que j’ai pu photographier sans sortir de la maison.

C’est tout beau, tout propre et j’irai voir ça de plus près après m’être emmitouflée comme il se doit.

Et, comme à chaque fois que je vois ce spectacle, ce sont les premiers mots du poème d’Émile Nelligan qui me viennent spontanément en tête. Je vous les rappelle ci-dessous.

 

Ah! Comme la neige a neigé.
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !

Je vous souhaite une bonne fin de journée, avec ou sans neige 😊.

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L’agenda ironique de janvier

Tant qu’on s’amuse et vu qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien, je repars pour une nouvelle aventure d’Anapodoton avec l’agenda ironique 😊.

Carnets Paresseux, qui gère celui-ci de main de maître, nous donne les consignes suivantes:

Ce mois de janvier, je vous propose de raconter une première semaine en ville. Elle pourra être étrangère (comme toutes les villes qu’on voit pour la première fois), imaginaire, et ça pourra aussi être plusieurs villes, et aussi un projet, un rêve, un souhait, ou même un vrai séjour. Pas de mots imposés, sauf réverbère (parce que j’aime bien la sonorité) et Onésime (pour faire plaisir à Gibulène). La forme ? Sera ce que vous voulez, mais une liste me ravirait, en sept points si possible. Bien sûr, avec une pointe d’agenda et une goutte d’ironie. A part ça, vous avez droit à tout, du feuilleton à l’opéra (ou presque) – sauf peut-être reprendre Daniel Balavoine. Voilà : une ville, une semaine, un réverbère, Onésime, une liste en sept points. C’est tout, ou presque : une fois écrit, faudra pas oublier de venir déposer un lien dans les commentaires de ce billet. La récolte est ouverte jusqu’au 24 janvier (mais les retardataires seront accueillis avec joie). Et puis le vote courra jusqu’au 31, et de là on basculera en février et dans un nouvel agenda.

Onésime et Ana: la rencontre…enfin (3).

(Les épisodes précédents se trouvent ici: 1 et 2 et la version d’Onésime ici)
Les mots en blanc dans le texte sont des liens qui apportent quelques explications 😉.

Mon pote Onésime m’avait envoyé un e-miel le mois précédent dans lequel il proposait que nous nous rencontrions enfin en vrai après nous être rencontrés sur la toile: il était secrètement amoureux de Maya mais étant arachnophobe il détestait les toiles. Quant à moi, j’étais excité comme une puce! Mais laissons là, pour l’instant, ces considérations entomo-illogiques (ben oui, tout le monde sait que les araignées ne sont pas des insectes!)

Comme j’avais prévu d’aller passer une petite semaine dans la ville d’Alcantara, je m’étais arrangé pour faire le détour par Absurdie pour voir Onésime.

Arrivé sur place, je me suis précipité (enfin, autant que possible vu que  le sol était recouvert de graviers bien peu adaptés aux roues de mon fauteuil) vers l’endroit censé contenir sa liste mais aussi le lieu de notre rendez-vous. Je ne sais pas s’il m’avait oublié, si j’étais en avance ou si j’avais pris le revers du réverbère près du vieux mur de pierre mais je n’avais trouvé aucune liste. J’étais déçu, je pensais qu’Onésime était du style “les copains d’abord”, mais c’était probablement un problème d’horaire de train. Je repasserais jeter un oeil après avoir trouvé où passer la nuit.

Enfin installé dans ma chambre, après que le directeur de l’hôtel m’ait offert un petit remontant pour me faire oublier que l’ascenseur était en panne, j’ai sorti la liste des choses que j’avais prévu de réaliser pendant cette semaine de vacances. Je faisais toujours des listes quand je voyageais même si ma fantaisie faisait que je ne les suivais pas toujours, voire même presque jamais mais j’aimais bien avoir l’air organisé, ça me donnait de la prestance. Je vous montre à quoi j’avais prévu d’ employer la semaine:

  1. D’abord, rencontrer Onésime pour de vrai. Échanger par internet c’est bien mais se voir en face à face c’est mieux. Bon, ça démarrait mal puisque le premier point allait devoir être postposé. Cette déception, bien qu’infinitonésimale, me contrariait très peu tant j’étais sûr que nous allions nous voir. On ne peut pas se tromper ainsi sur quelqu’un avec qui on s’est tellement confié par écrit.
  2. Rejoindre le pied-à-terre (j’aime bien ce mot😉) que j’avais loué à Alcantara en musardant sur le chemin des écoliers. Il y avait bien longtemps que j’avais quitté l’école et musarder m’était devenu plus facile depuis mon accident!
  3. Si Alcantara était bien un genre de Suède comme je l’avais lu, j’espérais y trouver trace des Wallons de Suède, mes ancêtres si appréciés là-bas (plus que dans mon pays en tout cas mais ça c’est une autre histoire et je ne veux pas vous saouler, même à la bière belge 😋).
  4. Manger un cornet de glace au milieu de la neige pour me sentir aussi fort qu’un viking d’autant plus que je n’avais aucun risque de me geler les pieds, au pire je sentirais un léger dérapage de mes roues non cloutées.
  5. Trouver un vrai troll pour la collection de mon ami François accro aux frites mais aussi à la bière et pour qui lever le coude valait toujours mieux que baisser les bras. Il m’avait tellement aidé à me reconstruire (même si ce n’était qu’à moitié) après mon accident!
  6. Dissimuler un Manneken Piss miniature à Alacantara comme dans chaque endroit où j’allais puisque je pratiquais volontiers le géocaching.
  7. Trouver la femme de ma vie. Ce dernier point je l’écrivais toujours à la fin de chaque liste parce que ce n’était pas une fin en soi mais j’espérais que ce serait un commencement en bas de soie.

Après avoir rangé ma liste et fait un brin de toilette, je ressortis afin de réaliser le premier point de ma liste. Cette fois, des traces de pas s’étaient mêlées aux traces de mes roues dans les graviers et je n’eus aucune peine à trouver la liste d’Onésime bien visible. Il m’y donnait le nom de son hôtel, par hasard voisin du mien et ce fut plein d’entrain (sans aucun retard dû à la SNCF cette fois) que je roulai jusque là.

Ce que nous nous sommes dit et ce que nous avons bu lors de cette première rencontre entre deux bons vivants n’appartient qu’à nous. Tout ce que je vous dirai c’est que nous avons fini par rouler sous la table ce qui m’a bien fait rire parce que d’habitude j’étais seul à rouler à côté d’autres que je faisais marcher! C’était l’entente totale entre nous deux. Je regrettais presque de ne pas rester plus longtemps en Absurdie mais Alcantara m’attendait. Je promis toutefois à Onésime de revenir assez tôt pour passer à nouveau une soirée ensemble avant de regagner Hotton.

 

Voilà, vous venez de découvrir  ma participation à l’agenda ironique de janvier. Je déposerai peut-être un petit rappel sur mon blog pour vous inviter à voter, comme les mois précédents, pour votre texte préféré parmi tous ceux proposés.

J’ai lu quelques-uns des textes déjà déposés et, franchement, il y a du lourd. J’ai pris beaucoup de plaisir à les découvrir et je vous invite  à faire de même en cliquant juste ici. Promis, si vous avez une bonne dose d’humour et de surréalisme, vous ne serez pas déçus 😊.

L’important est de s’amuser après tout…

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Brick a book 391 ✍🏻

Tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose d’écrire un texte suscité par la photo qu’elle nous présente.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous et le texte qu’il m’a inspirée se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

©Immo Wegmann

Comment je m’étais retrouvée dans ce champ  je n’en avais aucune idée!

J’étais jeune conductrice, il faisait beau, je chantais à tue-tête en faisant balancer ma petite voiture comme une folle et soudain le contrôle m’avait échappé et après une demi-seconde de surprise ma voiture s’était immobilisée en hoquetant.

J’avais essayé de redémarrer à plusieurs reprises en faisant tousser le moteur sans succès. J’étais dépitée et un peu penaude à me demander comment j’allais me tirer de ce mauvais pas la tête haute.

Il y avait seulement huit jours que j’avais obtenu mon permis et j’étais très fière d’avoir ainsi gagné mon indépendance en achetant à bas prix cette occasion exceptionnelle d’après le vendeur.

Par chance, je me rendais à l’entraînement de mon groupe de majorettes et, comme je n’avais rien d’autre à faire et que je suis un brin fataliste, j’ai attrapé mon sac de sport et, après avoir escaladé le capot avant j’ai commencé à faire tournoyer le bâton de twirling.

Je serais ainsi bien échauffée si j’arrivais au local et, si je n’y arrivais pas à temps, mes mouvements risquaient probablement d’attirer l’attention d’un automobiliste passant sur la grand route.

Justement, une voiture venait de s’arrêter, mon coeur battait un peu plus fort mais, quand je vis sortir la tête ébouriffée de mon amie Claudine par la portière avant, je fus vite rassurée. Il ne me resterait plus qu’à expliquer à mon frère où se trouvait ma voiture pour qu’il vienne la dépanner avec un copain, si possible avant que mes parents s’en aperçoivent…

J’en serais quitte pour des taquineries pendant quelques jours mais, après tout, le principal était que je ne sois  blessée que dans ma fierté.

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉.

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Brick a book 390 ✍🏻

En ce début d’année, j’ai décider de continuer à essayer d’écrire au départ d’une photo proposée sur le blog Brick a book chaque lundi, ou presque 😉.

Cette semaine c’est la photo ci-dessous qui sert de déclencheur d’écriture et le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite. Bonne lecture à vous.

©Valentina Aleksandrovna

J’étais là, couchée sur la paille de la grange à me demander si je n’avais pas rêvé.

Un peu plus tôt, je courrais à travers champs comme une folle en portant toujours la couronne de fleurs tressée par ma sœur qui m’avait dit en l’ajustant: “Ce  diadème te donne l’allure d’une reine”.

Soudain, Gontrand, le fils du châtelain, m’avait arrêtée. Il était là, planté devant moi, un franc sourire éclairant son visage hâlé par le soleil. Il était vêtu d’un jean et d’un t-shirt usé et, à le voir ainsi, on n’aurait jamais cru que son père était respecté en tant que maire du village depuis plus de vingt ans.

Il me demanda sans hésiter s’il pouvait passer me chercher chez mes parents pour m’emmener danser au bal du village voisin. Surprise, je ne savais que lui répondre. Aucun garçon ne m’avait jamais invitée et celui-là m’impressionnait de par sa situation familiale. Je savais que, en tant qu’aîné, ses parents comptaient sur lui pour reprendre la propriété familiale, château, granges, fermes, terrains,… et je me sentais insignifiante devant lui, moi la fille du facteur.

Le rouge avait envahi mes pommettes mais c’est le menton fièrement relevé, dans une attitude de défi, que je lui ai répondu que j’étais d’accord.

Il parut ravi et me dit “à samedi, 20 heures chez tes parents”.

Mon coeur battait la chamade en arrivant à la ferme de mes grands-parents. J’avais pris l’habitude de m’y réfugier quand je voulais réfléchir en toute tranquillité. L’angoisse me serrait un peu la gorge à l’idée de devoir avertir mes parents. Même s’ils me faisaient confiance et me laissait fort libre de mon temps je redoutais que la position sociale de mon futur cavalier ne les mette mal à l’aise.

Ma sœur me surprit à rêver, un sourire flottant sur mes lèvres et elle comprit aussitôt que quelque chose d’étonnant m’était arrivé. Quand je lui racontai ma rencontre avec Gontrand en la suppliant de garder le secret jusqu’à ce que j’ose en parler à nos parents, elle promit mais son air malicieux me fit craindre le pire. A 13 ans, soit quatre de moins que moi, elle me regardait maintenant avec une sorte de respect tandis que je me redressais fièrement, déjà prête à succomber au charme du beau Gontrand…

Je vous invite à découvrir avec curiosité les autres textes suscités par la vue de cette photo et publiés sur Brick a book.

Bonne semaine à tout le monde.

Continuer la lectureBrick a book 390 ✍🏻