Brick a book 391 ✍🏻

Tous les lundis, Alexandra du blog Brick a book nous propose d’écrire un texte suscité par la photo qu’elle nous présente.

Cette semaine il s’agit de  la photo ci-dessous et le texte qu’il m’a inspirée se trouve à la suite.

Bonne lecture 😊.

©Immo Wegmann

Comment je m’étais retrouvée dans ce champ  je n’en avais aucune idée!

J’étais jeune conductrice, il faisait beau, je chantais à tue-tête en faisant balancer ma petite voiture comme une folle et soudain le contrôle m’avait échappé et après une demi-seconde de surprise ma voiture s’était immobilisée en hoquetant.

J’avais essayé de redémarrer à plusieurs reprises en faisant tousser le moteur sans succès. J’étais dépitée et un peu penaude à me demander comment j’allais me tirer de ce mauvais pas la tête haute.

Il y avait seulement huit jours que j’avais obtenu mon permis et j’étais très fière d’avoir ainsi gagné mon indépendance en achetant à bas prix cette occasion exceptionnelle d’après le vendeur.

Par chance, je me rendais à l’entraînement de mon groupe de majorettes et, comme je n’avais rien d’autre à faire et que je suis un brin fataliste, j’ai attrapé mon sac de sport et, après avoir escaladé le capot avant j’ai commencé à faire tournoyer le bâton de twirling.

Je serais ainsi bien échauffée si j’arrivais au local et, si je n’y arrivais pas à temps, mes mouvements risquaient probablement d’attirer l’attention d’un automobiliste passant sur la grand route.

Justement, une voiture venait de s’arrêter, mon coeur battait un peu plus fort mais, quand je vis sortir la tête ébouriffée de mon amie Claudine par la portière avant, je fus vite rassurée. Il ne me resterait plus qu’à expliquer à mon frère où se trouvait ma voiture pour qu’il vienne la dépanner avec un copain, si possible avant que mes parents s’en aperçoivent…

J’en serais quitte pour des taquineries pendant quelques jours mais, après tout, le principal était que je ne sois  blessée que dans ma fierté.

Et si vous vous lanciez en essayant également d’écrire un texte? Allez voir sur Brick a book, vous serez surpris de la diversité des idées générées par la même photo et qui sait… 😉.

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Brick a book 390 ✍🏻

En ce début d’année, j’ai décider de continuer à essayer d’écrire au départ d’une photo proposée sur le blog Brick a book chaque lundi, ou presque 😉.

Cette semaine c’est la photo ci-dessous qui sert de déclencheur d’écriture et le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite. Bonne lecture à vous.

©Valentina Aleksandrovna

J’étais là, couchée sur la paille de la grange à me demander si je n’avais pas rêvé.

Un peu plus tôt, je courrais à travers champs comme une folle en portant toujours la couronne de fleurs tressée par ma sœur qui m’avait dit en l’ajustant: “Ce  diadème te donne l’allure d’une reine”.

Soudain, Gontrand, le fils du châtelain, m’avait arrêtée. Il était là, planté devant moi, un franc sourire éclairant son visage hâlé par le soleil. Il était vêtu d’un jean et d’un t-shirt usé et, à le voir ainsi, on n’aurait jamais cru que son père était respecté en tant que maire du village depuis plus de vingt ans.

Il me demanda sans hésiter s’il pouvait passer me chercher chez mes parents pour m’emmener danser au bal du village voisin. Surprise, je ne savais que lui répondre. Aucun garçon ne m’avait jamais invitée et celui-là m’impressionnait de par sa situation familiale. Je savais que, en tant qu’aîné, ses parents comptaient sur lui pour reprendre la propriété familiale, château, granges, fermes, terrains,… et je me sentais insignifiante devant lui, moi la fille du facteur.

Le rouge avait envahi mes pommettes mais c’est le menton fièrement relevé, dans une attitude de défi, que je lui ai répondu que j’étais d’accord.

Il parut ravi et me dit “à samedi, 20 heures chez tes parents”.

Mon coeur battait la chamade en arrivant à la ferme de mes grands-parents. J’avais pris l’habitude de m’y réfugier quand je voulais réfléchir en toute tranquillité. L’angoisse me serrait un peu la gorge à l’idée de devoir avertir mes parents. Même s’ils me faisaient confiance et me laissait fort libre de mon temps je redoutais que la position sociale de mon futur cavalier ne les mette mal à l’aise.

Ma sœur me surprit à rêver, un sourire flottant sur mes lèvres et elle comprit aussitôt que quelque chose d’étonnant m’était arrivé. Quand je lui racontai ma rencontre avec Gontrand en la suppliant de garder le secret jusqu’à ce que j’ose en parler à nos parents, elle promit mais son air malicieux me fit craindre le pire. A 13 ans, soit quatre de moins que moi, elle me regardait maintenant avec une sorte de respect tandis que je me redressais fièrement, déjà prête à succomber au charme du beau Gontrand…

Je vous invite à découvrir avec curiosité les autres textes suscités par la vue de cette photo et publiés sur Brick a book.

Bonne semaine à tout le monde.

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Vous chantiez? 🎵

Et bien dansez maintenant sur la fin de cette année qui restera gravée dans nos mémoires. Pour tout ce qu’elle aura mis en évidence comme notre désarroi face à l’inconnu, nos faiblesses devant l’adversité mais aussi l’ingéniosité et le courage de certains, nos capacités à rebondir après avoir touché le fond, nos ressources pour réinventer les échanges et recréer un peu de chaleur avec les moyens du bord mais sans jamais éteindre l’étincelle d’espoir.

N’oublions pas non plus ce qui restera un des plus grands mystères de cette pandémie 😂:

Pour finir, je vous ai promis la liste des chansons de mon article précédent. La voici:

  1. Vivre pour le meilleur (Johnny)
  2. Mon jardin d’hiver (H. Salvador)
  3. Enfin (Emmanuelle, chanteuse québécoise)
  4. Tombe la neige (Adamo)
  5. Terre (Céline Dion)
  6. Mon beau sapin (Noël).
  7. Je reviens chez nous ou fais du feu dans la cheminée (Jean-Pierre Ferland)
  8. Et maintenant (Bécaud)
  9. Tout doucement (Bibie) (mais aussi « doucement », de D. Guichard)
  10. Chez moi (S. Lama)…
  11. Petit papa Noël (Noël)
  12. Y a des hauts, y a des bas (A. Cordy)
  13. Croire (Martin Deschamps, chanteur québécois)
  14. Ça ira mieux demain (encore Annie Cordy)
  15. Même si (Marc Lavoine),
  16. Aujourd’hui (Frida Boccara),
  17. Il est où le bonheur (Christophe Maé)
  18. Dès que le printemps revient (H. Aufray)
  19. Foule sentimentale (Souchon)
  20. La tendresse (Bourvil mais aussi D. Guichard) 
  21. Un trou dans les nuages (Michel Rivard)
  22. Laisse entrer le soleil (Julien Clerc mais aussi G. Lenorman, Hair)
  23. La Madrague (sur la plage abandonnée, Brigitte Bardot)
  24. Les filles du bord de mer (Adamo) 
  25. La fille du Nord (H. Aufray)
  26. La fille du Sud (Vianney)
  27. N’attendons pas (Vianney)

J’avoue que le 3, le 13 et le 16 je ne les connaissais pas, c’est mon ami québécois qui les a relevées. En gros, je les ai placées dans mon texte sans savoir que c’était des chansons 😏. Et je dois bien avouer que je n’ai pas vraiment accroché, avec un bémol pour Frida Boccara que j’aimais bien à l’époque.

Un tout grand merci aux brillants participants peu nombreux mais de qualité (même si Géhèm est hors concours 😉).

Je vous dis à l’année prochaine en vous souhaitant , un peu à l’avance

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Si on chantait 🎵

C’est lundi mais il n’y a pas d’atelier d’écriture en ligne aujourd’hui, c’est la trêve de fin d’année sur Brick a book. J’ai donc décidé de partager un texte que j’ai écrit sur proposition de l’atelier d’écriture auquel je participe tous les mois en présentiel dans ma commune mais qui se déroule actuellement en ligne à cause du Covid (vous suivez?).

Il nous était demandé de rédiger un texte dans lequel on devait glisser quelques titres de chansons. J’en ai profité pour faire le bilan de l’année écoulée.

Si ça vous dit de jouer avec moi, je vous propose mon texte ci-dessous et je viendrai donner tous les titres qu’il fallait trouver quelques jours plus tard, juste de quoi vous laisser un peu de temps pour chercher 😉.

Vivre pour le meilleur !

Un beau matin, j’étais dans mon jardin d’hiver et je pensais à cette drôle d’année qui s’achevait enfin sur une lueur d’espoir. Je souhaitais que tombe la neige pour purifier la terre et je rêvais bien au chaud à côté de mon beau sapin.

Dès le réveil je t’avais dit « fais du feu dans la cheminée » et maintenant les flammes dansaient tout doucement devant mes yeux mi-clos. J’étais si bien chez moi…

Tout était prêt pour les enfants qui attendaient leur petit papa Noël avec impatience. Comme d’habitude mon moral oscillait et je me forçais à admettre que bien sûr « y a des hauts, y a des bas mais le principal est de croire que ça ira mieux demain » même si, aujourd’hui, j’étais en mode il est où le bonheur, il est où ? 

Je me disais « c’est décidé, dès que le printemps revient, je fais ceci et puis encore cela. Je me fonds dans une foule sentimentale et je fais le plein de ce qui m’a le plus manqué, la tendresse ».

J’attendais qu’apparaisse enfin un trou dans les nuages pour dire à chacun  laisse entrer le soleil.

Je pensais à la plage abandonnée depuis de longs mois mais cette fois j’étais sûre que j’y retrouverais les filles du bord de mer : la fille du Nord et la fille du Sud aussi.

Mais surtout je sentais comme une urgence de vivre et je pensais très fort « N’attendons pas…»

Voilà, vous devriez pouvoir m’en proposer au moins une bonne vingtaine en commentaire. Si vous n’en avez que quelques-uns ce n’est pas grave, c’est un bon début et quelqu’un d’autre pourra peut-être prendre la suite…

Prêt? Chantez! 

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J’ai besoin de vous 😊

Il y a trois jours  je vous ai proposé la suite de l’histoire d’Anapodoton. Mais si, souvenez-vous, c’était juste .

Bien sûr c’est toujours un plaisir de participer à un exercice d’écriture en ligne quand il est encadré par des consignes précises et différentes chaque mois (même si, en ce qui me concerne, je n’ai encore que 2 participations) mais, dans le cas de l’Agenda ironique mensuel, les organisateurs souhaitent établir un classement par voix de préférence.

C’est là que vous intervenez puisque je vous demande de vous rendre sur le tableau récapitulatif et de voter pour votre texte préféré parmi les 8 qui sont proposés. Remarquez que je n’essaye même pas de vous soudoyer 🤭.

Ce sera en quelque sorte votre collaboration à ce jeu pour lequel, je le précise, il n’y a rien à gagner, ni pour vous ni pour les écrivant(e)s. Mais l’important bien sûr c’est de participer 😉.

 

Merci d’avance pour votre complicité active 😀.

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Brick a book 389 ✍🏻

Comme tous les lundis, je participe à l’atelier d’écriture en ligne du blog Brick a book. Le principe est décrire un texte court au départ d’une photo qui sert de déclencheur.

Cette semaine c’est la photo ci-dessous et le texte qu’elle m’a inspiré se trouve juste en-dessous.

©Nasim Keshmiri

Tu m’avais dit, “viens manger un bout puis on  jouera aux échecs”.

Moi je préfère vraiment les réussites. Des échecs j’en ai connu assez dans ma vie pour m’ôter toute envie de jouer.

J’avais trouvé ça un peu cavalier quand tu avais ajouté que je serais ta reine de coeur le temps d’une soirée. J’aurais dû me douter que c’était encore un de tes tours facétieux. C’est vrai qu’avec toi je ne suis qu’un pion, tu me fais faire tout ce que tu veux .

J’étais donc arrivée vers 19h comme convenu et j’avais très vite vu l’échiquier placé sur la table du salon.

Je n’en croyais pas mes yeux: tu comptais vraiment passer la soirée à jouer!

Tu m’embrassas avant de m’entraîner vers la salle à manger où je fus émerveillée par la table magnifiquement dressée. Tu avais même placé des bougies et des fleurs. Tu m’invitas à prendre place et tu t’occupas toi-même du service.

C’est en prenant ma serviette soigneusement pliée à côté de mon assiette que je découvris un petit écrin.

J’étais tellement émue que c’est à peine si je t’ai entendu me demander si j’acceptais de t’épouser. J’ai répondu oui évidemment et, pour le coup, c’est toi qui t’es retrouvé échec et mat mais avec du bonheur plein les yeux!

Pour voir les autres propositions basées sur la même photo, rendez-vous vite sur le blog Brick a book.

Ceci est le dernier exercice d’écriture proposé par Brick a book en cette année 2020 mémorable. La reprise est prévue le 4 janvier 2021.

D’ici-là, je vous souhaite une excellente semaine et un Noël aussi joyeux que possible.

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L’agenda ironique de décembre

En ce dernier mois de 2020, c’est le Flying bum qui nous donne ses consignes pour l’agenda ironique.

Le thème: l’Annus Horribilis avec comme particularité qu’il faut obligatoirement utiliser au moins un régionalisme (mot), au moins une expression ou locution régionale et un juron régional.

Forte de ces consignes/contraintes, je me suis attelée à la rédaction du texte ci-dessous non sans avoir souffert pendant un long moment de leucosélophobie.

Après avoir tergiversé j’ai choisi de poursuivre l’histoire commencée le mois dernier et je vous propose un court résumé de la chose:

Anapodoton est le pseudo choisi par un jeune homme devenu cul-de-jatte suite à un accident. Il a retrouvé le goût de vivre en réalisant des livres illustrés par les photos de ses nombreux voyages.

Anapodoton (que ses amis appelaient familièrement Ana) avait toujours de nombreux projets de voyages sous le coude et n’était jamais à court d’idées quand il s’agissait de vivre de nouvelles expériences. Il avait bien rebondi, si j’ose dire, malgré l’amputation qui avait changé profondément sa vie. Il croyait que rien ne pourrait désormais se mettre en travers de sa route et était toujours heureux de se poser quelques jours dans son village d’origine. Il venait de rentrer d’un voyage dans l’Oural et travaillait d’arrache-pied, comme il se plaisait à le dire avec beaucoup d’humour, à son prochain livre.

On lui avait bien parlé de quelques problèmes de santé en Chine mais l’info entrée par une oreille était ressortie par l’autre tout aussitôt. Il était comme ça Ana,  la vie lui avait joué un très mauvais tour en le privant de ses jambes et il était certain d’avoir épuisé son quota de malheurs.

Quittant son ordinateur, il roula jusqu’à la place du village où son ami François tenait la baraque à frites. Il s’installa à une table proche du comptoir de manière à pouvoir babeler un peu avec son ami. François était une bonne nature, le roi des petits arrangements. Tout le monde savait que, au chômage depuis longtemps, il n’avait pu faire rénover son commerce qu’en stoemelings. Les deux amis plaisantaient volontiers ensemble et François avait l’habitude de taquiner Ana à propos de Sandrine, la fille du cantonnier.

— Ne fais pas l’idiot, lui disait-il, on voit bien qu’elle n’aspire qu’à froucheler avec toi. 

— Arrête avec ça, lui dit Ana, il faut vraiment que tu n’aies pas toutes tes frites dans le même sachet (ce qui est quand même un comble dans le cas présent 😉) pour imaginer que je puisse m’intéresser à elle alors que je fais de magnifiques rencontres dans tous les pays que je visite.

Redevenant tout à coup sérieux, François lui demanda s’il avait entendu parler du  drôle de virus qui se propageait un peu partout et qui poussait  les pays à fermer leurs frontières.

Nom di Djoss, j’espère que ça ne va pas m’empêcher de voyager cette année sinon je deviendrai fou. Il n’y a que quand je circule très loin d’ici que j’arrive à me sentir presque normal. C’est déjà assez pénible d’être devenu “anapode”, je ne vais quand même pas maintenant souffrir d’annus horribilis! Tu as de la chance que je n’aie pas perdu mon humour en perdant mes jambes, j’aurais pu mal le prendre: on ne balance pas des infos sans fondement à un cul-de-jatte voyons!

Pour vous aider si nécessaire:

Voilà ce que j’avais à ajouter sur la vie d’Anapodoton. Vous en dirai-je davantage sur lui? Je l’ignore, même si je m’y attache un peu. Ce serait quand même dommage, alors qu’il a fait des pieds et des mains (Oups!) pour continuer à trouver de l’intérêt à vivre, que je le jette comme une vieille chaussette désormais inutile non?

On verra qui pilotera l’agenda ironique de janvier prochain et quelles seront les consignes. Dans l’immédiat, ce que je vous suggère c’est d’aller voir les autres participations sur le blog du Flying bum. Je vous promets que vous ne serez pas déçus.

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Brick a book 388 ✍🏻

Tous les lundis, je participe à l’atelier d’écriture en ligne Brick a book.

Alexandra nous propose une photo sur son blog et chacun-chacune laisse les mots venir en la regardant.

Cette semaine c’est la photo ci-dessous qui nous sert de déclencheur d’écriture. Vous trouverez mon histoire juste en-dessous.

©Becca Tapert

“C’était le temps des fleurs, on ignorait la peur…”. Je me souviens avec tendresse de cette époque où nous marchions derrière nos parents pour une balade dans la nature.

Ce jour-là, après le repas dominical, terminé par un fantastique dessert dont la recette sortait tout droit du précieux carnet hérité de ma grand-mère, Papa avait proposé qu’on aille profiter du soleil.

En attendant nos parents dans le jardin nous avions confectionné des couronnes de feuilles et de fleurs. Ça allait bien avec nos vestes en denim et ça nous donnait un petit côté hippie chic, comme disait Maman avec attendrissement.

Quand je revois cette photo prise par mon petit frère, toujours à la traîne avec  l’appareil photo reçu pour sa communion, la nostalgie m’envahit.

Nous étions si heureux et nous ne le savions pas ou en tout cas nous ne l’appréciions pas suffisamment.

Maintenant, c’est nous qui marchons en tête des balades, suivis par nos enfants et petits-enfants. La vie continue et on ne peut pas se plaindre mais que le temps de l’insouciance semble  loin…

Si vous aimez lire des textes courts, allez voir sur Brick a book ce que cette photo a inspiré aux autres participant(e)s. Surprise garantie!

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Brick a book 387 ✍🏻

Comme tous les lundis, je participe à l’atelier d’écriture du blog  Brick a book.

Le principe? Produire un texte original sur base de la photo proposée. Cette semaine c’est la photo ci-dessous qui doit titiller nos neurones 😊.

Juste en-dessous, vous trouverez le texte qu’elle m’a inspiré.

©Jean-Carlo Emer

Cette année-là, j’avais espéré recevoir des patins à roulettes pour ma Saint-Nicolas. Je savais que c’était bien trop cher pour mes parents qui avaient beaucoup de mal à boucler les fins de mois. Il me restait un seul espoir:  demander au vieil homme à barbe blanche de les déposer pour moi près de la cheminée afin que je les découvre au matin du 6 décembre .

J’ignorais évidemment que les miracles n’existaient pas et que les cadeaux n’arrivaient pas vraiment par la cheminée. Il faut dire que je n’avais pas encore tout à fait six ans.

Qu’est-ce que j’en rêvais de ces patins! Il me semblait que si je pouvais en chausser qui m’appartiennent je deviendrais le petit garçon le plus heureux du monde, enfin de mon quartier, celui où les maisons étaient toutes identiques et minuscules mais mises à disposition par le propriétaire de l’usine toute proche.

Je me couchai le coeur plein d’espoir le 5 décembre au soir. Pour une fois je n’essayai même pas de grapiller encore quelques minutes auprès de mes parents et j’allai me coucher sans renâcler. Mon impatience de voir mon cadeau me donnait des ailes. J’eus du mal à m’endormir, j’étais bien trop énervé mais je m’obligeais à ne pas bouger afin de ne pas inquiéter mes parents.

Au matin, je me précipitai pieds nus dans la petite pièce où nous vivions et je restai figé sur place. Ils étaient bien là! Mes efforts pour être bien sage avaient payé, ce ne pouvait être que ça.

Je me précipitai dans la rue pour essayer mon nouveau jouet avec impatience. Au début je tombai quelques fois mais très vite je maîtrisai leur utilisation et puis j’étais tellement fier de tourner et virevolter sans cesse devant les autres enfants qui me regardaient avec envie.

Ce n’est que bien plus tard que je remarquai que maman ne portait plus sa médaille de baptême à laquelle elle tenait pourtant tellement. 

Mais ce n’est que quand je sus que Saint-Nicolas était une légende entretenue par les adultes que je mesurai l’étendue de l’amour de ma mère.

Je suis vieux maintenant et mes parents sont morts depuis bien longtemps. Mes enfants puis leurs enfants à leur tour se sont tous moqués de moi en découvrant au grenier ces vieux patins démodés et cabossés. Ils ne peuvent imaginer l’émotion qui m’envahit encore aujourd’hui à leur vue…

En Belgique, la fête de Saint-Nicolas est la fête des enfants sages, bien plus que Noël qui est davantage réservé aux cadeaux entre adultes.

En temps normal, on trouve des trônes de Saint-Nicolas dans tous les grands magasins et les enfants peuvent aller confier leur liste de souhaits inspirée par les nombreux catalogues de jouets dont nos boîtes aux lettres sont gavées dans les semaines qui précèdent le 6 décembre. Cette année, vive la technique!, mes petits-enfants ont pu lui parler en vidéo-conférence. On est bien loin de mon histoire inventée 😉.

N’hésitez surtout pas à aller voir les propositions écrites des autres participant(e)s, c’est souvent source d’étonnement et de plaisir.

Et si le coeur vous en dit, n’hésitez pas à proposer votre propre texte sur le blog Brick a book 😉.

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Brick a book 386 ✍🏻

Le lundi c’est le jour où j’essaye d’écrire un texte pas trop long sur base de la photo proposée sur le blog Brick a book.

Cette semaine il s’agit de la photo ci-dessous. J’espère que l’histoire qui m’est venue à l’esprit tiendra la route 😊.

Il m’avait amenée dans ce coin désert pour m’apprendre à conduire. Enfin, c’est ce qu’il m’avait dit, ou ce que j’avais cru comprendre en tout cas.

Après s’être arrêté sur le côté du champ, il m’avait embrassée langoureusement. C’est clair que ça ne me déplaisait pas mais je n’avais pas la tête à flirter: il fallait que j’aie mon permis le plus vite possible pour postuler au job de mes rêves.

Je m’étais laissé glisser hors de ses bras avant d’agripper la poignée de la voiture et de sortir en rigolant. Surpris, mon copain avait sauté à son tour hors de la voiture mais je l’avais contourné en courant me glisser derrière le volant.

J’avais bien vu que ça ne le faisait pas rire mais ce ne serait pas la première fois que nous ne serions pas sur la même longueur d’onde. Pour moi, une seule chose comptait: apprendre à déplacer ce tas de ferraille correctement.

Il s’était éloigné du véhicule en sifflotant et j’avais supposé qu’il était parti satisfaire un besoin naturel un peu plus loin…

Mais le temps passait et je ne le voyais pas revenir. Je commençais à m’inquiéter un peu en me demandant s’il ne m’avait pas réellement abandonnée là en représailles.

Je me rongeais les ongles, que faire? Je sortis du véhicule à mon tour et commençai à fouiller du regard l’entrée du bois.

C’est à ce moment que j’entendis un grand éclat de rire et le moteur tourner. Il était fier du tour qu’il venait de me jouer mais, dès qu’il vit mon air renfrogné, il me fit un sourire irrésistible avant de sortir de la voiture et de m’inviter à reprendre ma place d’apprentie-conductrice en me disant

— Fini de jouer  la leçon commence vraiment, débraye et enclenche la première!

Je vous invite vivement à passer sur le blog Brick a book, vous serez surpris(e) de voir la diversité des textes élaborés au départ de la même photo.

Et, si le coeur vous en dit, pourquoi ne pas proposer également sur le blog les mots que cette photo vous aura inspirés? 😉.

Bonne semaine à tout le monde.

Continuer la lectureBrick a book 386 ✍🏻