Brick a book 372 ✍🏻

Le lundi c’est atelier d’écriture avec Alexandra du blog Brick a book.

Le principe? Une photo différente nous est proposée chaque semaine, avec ou sans contraintes additionnelles et nous laissons courir notre imagination pour écrire une histoire qui en découle.

 

Voici ce qui m’a été inspiré cette semaine:

Il me fascinait! J’étais immobile face à lui, incapable de le quitter des yeux.

Au départ son oeil mort m’avait mise mal à l’aise, je ne voulais pas paraître impolie en le regardant mais ne pas le regarder pouvait paraître tout aussi inconvenant.

Comment rester naturelle, voilà ce qui m’avait préoccupée pendant les cinq premières minutes face à cet homme marqué par la vie. Et puis, très vite, sa voix grave m’avait envoûtée, charmée, au moins autant que ses paroles.

J’étais venue chercher auprès de lui ce que des années de thérapie et de traitements de toutes sortes n’avaient pas réussi à me procurer…la paix dans mon coeur, dans ma vie.

Ce qui me semblait une si longue vie, avait été émaillée de bien des malheurs: perte de mes parents de manière subite et dramatique, échec d’un mariage bien trop vite bâclé sans trop de réflexion, l’absence d’enfants qui auraient pu égayer mes jours entièrement consacrés au travail. Et enfin le coup de grâce donné par un employeur pour qui j’étais devenue plus encombrante qu' »efficiente« . Je m’étais ainsi retrouvée, à 55 ans, sans boulot et seule dans la vie !

J’avais égrené mes rares amis en faisant défiler le chapelet du temps, ils m’intéressaient tellement peu avec leurs petites histoires de mioches et de problèmes domestiques. Je n’imaginais pas alors que c’était ça vivre vraiment et je me croyais tellement supérieure avec mon aura professionnelle finalement si fragile.

Pendant des mois j’avais galéré, caboté de psy en psy sans en sortir. En désespoir de cause, moi si rationnelle, j’avais testé toutes les méthodes naturelles, avalé des litres de mixtures improbables pour me sentir mieux…sans résultat.

Et puis, à force de tourner en rond sur internet, une petite fenêtre s’était entrouverte quand j’avais lu l’histoire de cet homme.

Au point où j’en étais, pourquoi ne pas essayer de le rencontrer?

Il m’avait fallu plusieurs semaines pour préparer mon voyage en Inde et me rapprocher de lui et aujourd’hui, enfin, nous nous faisions face et la force qu’il me communiquait me laissait entrevoir un avenir moins sombre.

Comme d’habitude, je vous invite à aller voir, sur Brick a book,  les autres histoires inspirées par la même photo et je vous souhaite un bon lundi.

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Brick a book 371 ✍🏻

Le lundi c’est le jour de l’écriture sur la base de la photo proposée sur le blog Brick a book. C’est la photo ci-dessous qui sert de déclencheur d’écriture aujourd’hui.

©Jeffrey F Lin

J’avais cru à une blague quand mon copain Alex m’avait invité à aller assister à un match des Red Panthers. Il savait à quel point le sport, quel qu’il soit, m’ennuyait tant que je n’étais pas moi-même en mouvement. En plus le hockey, je n’y connaissais rien, ni les règles, ni aucune des choses essentielles à connaître pour pouvoir s’impliquer un minimum.

– Justement, m’avait-il dit, comme tu ne connais pas, tu vas pouvoir tout découvrir et je suis sûr que tu vas aimer ça.

Plus pour ne pas avoir à discuter pendant des heures parce que je le connaissais et savais qu’il ne lâcherait pas facilement son idée, j’ai fini par accepter à contre-coeur. 

Pour ne pas arriver complètement idiot au bord du terrain, j’avais un peu fouillé sur internet et découvert que le hockey féminin était en pleine ascension  ce sport étant considéré par de plus en plus de femmes comme « chic, tendance et cool ». Soit.

Il n’empêche que le jour venu, je ne me sentais pas à l’aise. Il faisait assez calme au bord du terrain, les spectateurs étaient très disciplinés au contraire de ceux qui assistaient habituellement aux rencontres du club de foot dont je faisais partie.

Et puis les Red Panthers ont fait leur entrée juste après les joueuses de Biélorussie. Et là j’ai su que j’avais bien fait de venir. D’entrée de jeu, c’est le cas de le dire, mes yeux ne se sont plus détachés d’une d’entre elles, la suivant le long de ses déplacements en zig-zag sur le terrain. Elle faisait montre d’un mélange intime de grâce féminine et de détermination à gagner, coûte que coûte. Je ressentis un enthousiasme délirant quand elle transforma en succès ses deux « penalty corner ».  Dès la fin du match, je me précipitai pour féliciter l’équipe gagnante tout en n’ayant d’yeux que pour une joueuse en particulier. C’est à ce moment qu’un grand brun ténébreux bien baraqué se pencha vers elle en l’embrassant tendrement.

J’étais un peu penaud en voyant ma bulle de joie éclater ainsi mais ça ne m’a pas empêché de retourner souvent avec Alex assister aux rencontres de nos hockeyeuses nationales. 

Je me réjouis à l’avance du plaisir que nous aurons lors de la coupe du monde qui sera organisée chez nous en février 2021!

Je vous invite à aller vous rendre compte sur le blog Brick a book de ce que l’imagination de chaque personne invente à partir de la même photo. Vous serez surpris!

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Brick a book 370 ✍🏻

C’est fou ce que les lundis reviennent vite! Vous verrez ci-dessous la photo proposée cette fois sur le blog Brick a book et, comme d’habitude, juste en-dessous, le texte qu’elle m’a inspiré.

©wildlittlethingsphoto

J’avais tellement attendu ce moment! La nature ne m’avait pas fait le cadeau d’être mère. Pendant des années, examens médicaux, nombreux spécialistes…de plus en plus spécialisés, traitements novateurs,  essais cliniques,… j’avais tout essayé. Cela tournait à l’obsession.  Tout le monde me disait de ne plus y penser, que ça viendrait tout seul avec le temps mais les mois puis les années ont commencé à s’accumuler tristement.

Ma vie sans enfant n’avait plus de saveur. J’étais stupéfaite quand j’entendais mes amies dire que j’avais bien de la chance d’avoir gardé ma liberté. Elles m’enviaient de ne pas être soumise aux caprices d’un enfant, de ne pas avoir à me prendre la tête pour les décisions importantes à prendre pour lui, etc.

Leurs remarques étaient autant de couteaux remués dans la plaie béante de ma non-maternité. Plus rien n’avait de valeur dans ma vie, désormais inutile à mes yeux. Que je croise une femme enceinte et la peine tombait sur moi comme une chape de plomb, me figeant sur place, foudroyée par le chagrin. 

En désespoir de cause, j’avais accepté d’envisager l’adoption. Le chemin à parcourir pour trouver et remplir les documents administratifs, répondre comme il le fallait, ou comme je pensais qu’il le fallait, à toutes les personnes rencontrées qui me sondaient pour définir si mon envie était réelle et si cet enfant qu’on me ferait peut-être l’honneur de me confier serait bien chez moi…

J’avais envie de hurler que cet enfant deviendrait ma seule raison de vivre, le motif qui me ferait passer, sans sourciller, autant de nuits blanches que nécessaire pour le veiller s’il le souhaitait.

J’avais beau dire que mon célibat m’empêcherait de me disperser vu que tout mon amour serait pour cet enfant, on me faisait la moue en disant qu’on n’était pas trop de deux pour élever un enfant et qu’un amour aussi exclusif l’empêcherait peut-être de s’épanouir.

Après avoir souffert au long de tous les entretiens soi-disant nécessaires, j’avais enfin reçu une approbation à ma demande. 

Le voyage au bout du monde me paru sans fin tant j’avais hâte de serrer enfin ce petit être qui allait devenir mon enfant tout contre moi.

J’avais acheté un porte-bébé dès que j’avais eu les modalités du voyage et l’âge de mon petit, j’avais tellement peur qu’on me le reprenne que je ne voulais plus m’éloigner de lui. J’avais réservé un berceau dans l’avion pour le vol retour, on m’avait dit que c’était mieux pour le bébé. Malgré ça, l’hôtesse de l’air eut toutes les peines du monde à me convaincre d’y déposer ma petite fille, juste à mes côtés.

Quand je sortis de l’avion, ma fille ayant repris sa place tout contre mon corps, j’étais tellement fière qu’il me semblait que j’irradiais.

Ma vie allait enfin pouvoir vraiment commencer!

Et pour voir les autres histoires nées au départ de cette photo, je vous invite à aller voir sur Brick a book.

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Brick a book ✍🏻

Alexandra du blog Brick a book nous propose de reprendre les habitudes d’avant Covid 19. En ce qui me concerne, ça ne change guère puisque j’ai continuer à piocher sur son blog de quoi publier le lundi 😉 .

Cette fois c’est la photo ci-dessous qui doit servir de déclencheur d’écriture. Vous trouverez, comme d’habitude, les mots qu’elles m’a inspirés juste en dessous.

©timmarshall

C’est vrai qu’il n’était pas tout à fait « beau comme un coeur », ou alors un coeur qui avait vécu, souffert, qui était un peu cabossé, comme dans la vraie vie quoi…

Je ne sais plus lequel d’entre nous avait eu l’idée de départ: montrer à Léo qu’on tenait son coeur dans nos mains et que s’il nous quittait, comme il en avait émis le souhait, il nous laisserait les mains vides.

Nous aurions pu, comme tant d’autres, former des cœurs avec nos doigts recourbés mais nous avions voulu inscrire notre message à même notre peau. On dit de certains qu’ils ont la musique dans la peau, nous ce serait son coeur que nous aurions.

Nous ne nous étions jamais séparés très longtemps depuis que nous formions une joyeuse bande d’étudiants à la fac. « Les inséparables » on nous appelait 🙂. Nous avions commencé ensemble dans la vie professionnelle et nous retrouvions régulièrement pour de joyeuses soirées où nous continuions, comme avant, à refaire le monde. Au fil des années, nous nous étions tous mariés sauf lui. Il disait qu’il attendait le grand amour pour sauter le pas et, en attendant, il supportait nos railleries avec le sourire.

Jusqu’au jour il « la » rencontra. Il en était sûr cette fois, c’était La femme de sa vie, sans aucun doute possible. Il nous la présenta, nous l’adoptâmes directement et elle se fondit dans notre groupe.

Elle était australienne et, depuis quelques mois, elle se languissait de sa terre d’origine et de sa famille.

Nous rigolions en lui disant d’aller dans un parc animalier voir des koalas et des kangourous pour se consoler mais nos vannes la faisaient de moins en moins rire. 

Pour Léo, la question ne se posait même pas, si elle  voulait « rentrer au pays », il la suivrait. Normal, il l’aurait suivie au bout du monde si elle l’avait voulu…

Nous avions organisé cette cérémonie d’au revoir en nous promettant de nous retrouver ici ou là-bas.

Et ce coeur qui exprimait nos sentiments pour eux nous l’avions voulu comme un signe fort mais en même temps nous avions bien pris soin de choisir une peinture qui disparaîtrait facilement à l’eau afin de le libérer, de les libérer, de tout notre coeur, tout en rendant nos mains libres de les retenir encore un peu avec nous, pour le plaisir.

Comme d’habitude, je vous conseille d’aller lire, sur le blog Brick  a book,  les autres textes nés de cette photo.

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Brick a book 368 ✍🏻

Sauf si vous arrivez ici par hasard, vous savez que le lundi c’est le jour de ma participation à l’atelier d’écriture en ligne Brick a book.

Le principe est ultra-simple, une photo sert de déclencheur d’écriture, s’en suit la rédaction d’un texte que je vous propose de découvrir sous la photo.

©findracadabra

Les deux amies jouaient à leur jeu favori: montrer leurs différences tout en gardant leur complicité intacte même si, gamines, on les appelait les jumelles.

Ce matin, Ayako et Atsuko avaient décidé de se prendre en photo pour s’inscrire sur un site de « rencontres en tout bien tout honneur » comme le clamait la publicité.

Plus que jamais, elles comptaient mettre en évidence leurs particularités respectives. Leurs parents expliquaient depuis toujours que ça venait de leurs prénoms: Ayako, belle fille de soie, et Atsuko, enfant chaleureuse. C’est vrai que ça leur correspondait assez bien. Ayako était beaucoup plus coquette, se rendait fréquemment chez le coiffeur contrairement à Atsuko, plus naturelle et moins préoccupée de son poids ou de sa coupe de cheveux.

Comme d’habitude, Atsuko prenait moultes poses rigolotes tandis qu’Ayako, moins naturelle, devait recommencer plusieurs fois ses prises de vue.

D’ailleurs Ayako se lassait de ce qui n’était qu’un jeu au départ. Elle n’avait jamais eu vraiment l’intention de publier ces portraits où que ce soit, contrairement à son amie. Elle était mal à l’aise avec son image et ses multiples dépenses en instituts de beauté visaient à lui donner confiance en elle.

L’après-midi tirait à sa fin et Atsuko continuait inlassablement à faire crépiter le flash de son smartphone tandis qu’Ayako n’arrivait plus qu’à plaquer un sourire peu naturel sur son visage un peu figé.

-Bon, dit-elle, on arrête et on descend chez le glacier dans la rue à côté?

Mais Atsuko ne l’écoutait pas et s’amusait comme une enfant. Ayako déposa son téléphone sur la table afin d’attirer l’attention de son amie de manière plus brutale.

– Hein, quoi? Tu ne joues plus?

– Non, j’ai envie de bouger, de sortir au soleil et puis je crois bien, ajouta-t-elle malicieusement, que nous n’avons pas besoin de nous inscrire où que ce soit pour faire des rencontres il nous suffit d’aller chez le glacier 😋

Ensuite, il est conseillé d’aller voir les textes des autres participant(e)s sur le blog Brick a book pour se rendre compte des différents chemins que prennent nos esprits au départ de la même image…

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Brick a book 367 ✍🏻

Le lundi on écrit avec la photo proposée sur le blog Brick a book comme déclencheur d’écriture. Ça tombe bien, on est confinés mais pas déconfits et l’écriture est un bon moyen pour s’évader agréablement sans sortir de chez soi. La lecture aussi bien sûr mais c’est un autre sujet.

Voici donc la photo proposée ce lundi et, juste en-dessous, l’histoire qu’elle m’a soufflée en respectant la distanciation sociale recommandée bien sûr😷 .

©Gian Paul Guinto

Jayson s’appliquait depuis le matin. Il s’était levé à l’aube pour pouvoir terminer la mise en place des décorations lumineuses de la fête en un seul jour. Les énormes papillons scintillants déployaient leurs ailes dans le noir de la nuit déjà tombée depuis au moins une heure. Il mettait la dernière touche à l’un d’entre eux quand il entendit crier son nom. L’obscurité l’empêchait de voir qui l’appelait ainsi mais il lui semblait bien avoir reconnu la voix de Kim. Rien qu’en évoquant ce prénom son coeur se mit à battre plus vite, plus fort… Pour peu, il l’imaginait scintiller lui aussi comme ces grands papillons qui feraient briller les yeux des enfants et des jeunes gens lors de la fête.

Tout à ses pensées, il n’entendit pas les pas s’approcher et il sursauta quand Kim, car c’était bien elle, lui toucha le bras en souriant.  Il avait beau avoir largement dépassé la trentaine, il était comme un adolescent dès qu’il voyait sa bien-aimée et rougissait aussitôt comme un gamin. Il l’aimait tellement et n’en revenait pas qu’elle ait posé les yeux sur lui alors que d’autres jeunes gens plus fortunés la courtisaient. Bien sûr les parents de la jeune fille ne voyaient pas d’un très bon oeil cette relation mais Kim avait du caractère et elle suivait les chemins de son coeur. Elle savait que Jayson était travailleur, courageux et honnête et surtout qu’il la vénérait.

« Viendras-tu me faire danser demain à la fête », demanda-t-elle avec une lueur malicieuse dans le regard. Elle était sûre qu’il ne perdrait jamais une occasion de la faire tournoyer et que sa longue journée de mise en place était comme un cadeau qu’il lui faisait. Il savait qu’elle aimait cette ambiance joyeuse avec toutes ces immenses décorations .

Un grand sourire éclairait son visage quand il se retourna pour lui répondre. Il la raccompagna chez ses parents avant de rentrer enfin reposer son dos fort sollicité tout au long de cette journée de travail.

Il voulait pouvoir lui faire tourner la tête demain, tout le temps que durerait le bal…

Je vous invite à me suivre sur le blog Brick a book pour découvrir les autres textes inspirés par cette photo.

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Brick a book 366 ✍🏻

Confinement oblige, c’est deux fois par semaine que le blog Brick a book nous invite à laisser le champ libre à notre imagination au départ d’une photo.

C’est celle-ci-dessous qui nous est proposée cette fois. Ce qu’elle m’a inspiré se trouve juste en-dessous.

© MHM / CH
© MHM / CH

« Il arrive beaucoup de choses entre la bouche et le verre. »
(Antoine Furetière)

  • Non mais qu’est-ce qui t’est arrivé?
  • A moi, pourquoi cette question?
  • Ben, tu es devenu tout pâle quand elle s’est levée. Juste avant, tu étais comme moi, le teint bien rosé puis quand elle s’est levée tu es devenu blanc comme un linge.
  • Tu ne te rends pas compte, elle a posé ses lèvres sur moi, a soulevé mon pied à hauteur de son nez…puis m’a brusquement reposé sur la table! Y a de quoi pâlir non?
  • Bah elle aura pensé à autre chose, c’est pas grave.
  • Pas grave, pas grave, je suis tout en émoi, elle m’émoustille, me regarde pétiller puis me laisse comme une vieille chaussette. Je suis quand même un Bollinger rosé, on ne me traite pas comme un banal mousseux moi Môssieu!
  • Oh ça va, ne le prends pas mal, d’ailleurs la voilà qui revient.

La demoiselle s’assied, l’air contrarié, empoigne son verre, le regarde, fait la grimace et appelle le serveur en lui montrant le liquide incolore d’un air mécontent.

Le verre se fait tout petit mais le serveur l’empoigne sans état d’âme et part le vider pour le remplir à nouveau de champagne rosé.

Ayant retrouvé ses couleurs le verre se pâme attendant d’être à nouveau saisi par le pied et porté à la bouche. Le moment est fugace, la fille est pressée et contrariée et très vite le verre se retrouve vide alors qu’il pensait très fort « verre, j’espère ».

Ainsi va la vie 🍸

Et maintenant? Bah, maintenant on va lire les autres textes sur Brick a book en prenant un verre…ou pas 😉

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Brick a book 365 ✍🏻

Comme tous les lundis, je m’essaye à l’écriture grâce à la photo proposée sur le blog Brick a book.

Aujourd’hui, c’est la photo ci-dessous qui doit servir de déclencheur d’idées et, juste en-dessous, vous trouverez le texte que cette photo m’a soufflé.

©Snaps by Dark

Les visages géants avaient directement accroché mon regard quand j’étais arrivé dans la ville. Je cherchais un parking et, quand je vis ces visages inexpressifs, je sus que je l’avais trouvé. Ce serait là et nulle part ailleurs que je laisserais la voiture que j’avais volée le matin même.

Inexpressifs, ils l’étaient de prime abord mais en y regardant de plus près, ils semblaient un peu tristes aussi voire blasés mais, heureusement, pas désapprobateurs. Ma conscience n’était pas tranquille depuis que j’avais crocheté la serrure de ce véhicule mais je n’avais pas vraiment eu le choix. Je devais quitter la ville de toute urgence et mes maigres moyens ne me laissaient aucune alternative.

Je m’arrangeai pour garer la voiture dans un coin sombre afin que les caméras de surveillance ne puissent pas donner matière aux forces de l’ordre à faire de moi un portrait trop précis.

Je quittai nonchalamment le parking après avoir jeté le ticket pris à la borne d’entrée en dissimulant au maximum mon visage sous ma casquette.

Je me tournai une dernière fois vers les visages, leur adressai un signe de connivence et disparus dans les méandres de cette autre ville où mon avenir allait se jouer…

Si vous avez aimé l’exercice, ou pas d’ailleurs 😊, je vous invite à aller lire les autres textes initiés par la même photo sur ce blog.

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Brick a book 364 bis ✍🏻

Quelques adaptations bien compréhensibles ont été apportées sur le blog Brick a book qui essaye de continuer à nous divertir en ces temps si particuliers.

Voici les mots d’Alexandra sur cette nouvelle mouture:

Après quelques essais d’un texte en mode « cadavre exquis » où chacun mettait sa petite touche personnelle, je sais que certains n’y trouvent pas leur compte, aussi voilà ce que je vous propose : le mardi et le vendredi, je poste une photo, et vous écrivez chacun votre texte (que vous postez dans les commentaires.) Il s’agit des règles habituelles de l’atelier d’écriture, sauf que là, sa fréquence est doublée (d’une fois par semaine, nous passons à deux.), puis le mercredi et dimanche, je posterai le début d’un texte et ce sera à vous de le poursuivre en participant chacun votre tour.

Vous trouverez ci-dessous la photo proposée pour ce premier vendredi d’écriture suivant la nouvelle organisation et, juste en-dessous, le texte qu’elle m’a inspiré.

©MHM / CH

Mais qu’est-ce qui m’avait pris de l’écouter! Mon amie Martine m’avait raconté qu’elle avait été faire une visite insolite au Musée de la Boverie à Liège: le sujet de l’expo semblait intéressant mais la particularité était surtout que, lors de cette séance, les visiteurs étaient nus comme des vers.

Cette expérience l’avait tellement enthousiasmée qu’elle m’avait invitée à faire partie du groupe qui organisait une visite du Paris souterrain dans le même accoutrement ou plus exactement sans accoutrement. Et moi, comme une idiote, par bravade peut-être, j’avais répondu « pourquoi pas? »

L’entrée se faisait par la descente vers les toilettes publiques et de là un portillon nous donnait accès au Paris souterrain.

Afin de nous mettre « dans l’ambiance » nous avions commencé à nous dévêtir dès le départ. Nos grosses vestes avaient été déposées sur la rambarde qui surplombait les escaliers qui conduisaient au ventre de Paris. Je croisai discrètement les doigts en espérant retrouver la mienne à la sortie parce qu’un petit vent frisquet m’avait déjà fait frissonner.

Arrivés au sous-sol, nous envoyions tous valser tous les textiles que nous portions et, un peu gênés quand même, nous nous préparions à l’aventure sous les yeux amusés de Monsieur Pipi.

Notre progression commença en silence et puis un rire s’échappa, puis un autre, puis un soupir, puis quelques remarques fusèrent. L’ambiance se dégelait peu à peu entre nous. Mais il n’y avait qu’elle parce qu’un méchant courant d’air nous entourait désagréablement. J’espérais ne pas m’enrhumer en plus.

Heureusement la visite ne dura pas trop longtemps et nous reprîmes bien vite le chemin des toilettes par où nous étions arrivés.

Jamais plus je ne me laisserais embarquer dans pareille aventure, Martine l’avait bien compris qui m’offrit d’aller boire un chocolat chaud pour me réconforter et accrocher à nouveau un sourire à mes lèvres presque gercées.

Voilà, c’était ma participation à ce projet bihebdomadaire. Je verrai si je tiens le rythme mais, quoi qu’il en soit, je vous encourage à aller lire les textes nés de cette photo. Certains sont drôles, d’autres émouvants et ils se trouvent juste ici.

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Brick a book ✍🏻

Période de confinement oblige, les règles restent modifiées sur le blog Brick a book. Actuellement c’est toujours le texte à la chaîne qui prévaut et je vous invite à passer voir les productions originales et humoristiques qui découlent des participations de personnes ayant des sensibilités et des approches différentes 😀

Pour garder une certaine continuité et une sorte de routine malgré la période, je conserve le lundi comme jour consacré à l’écriture sur mon blog.

Aujourd’hui c’est la photo ci-dessous qui sert de déclencheur d’écriture avec comme incipit la phrase suivante: « Tu vois, ma bonne amie, que je te tiens parole, et que les bonnets et les pompons ne prennent pas tout mon temps ; il m’en restera toujours pour toi » (Choderlos de Laclos).

Je vous propose mon texte, sous la photo, en essayant bien sûr d’éviter les liaisons dangereuses dans l’écriture 😉

©Andrei Bocan

J’étais bien. Tout simplement bien. Un vieux vinyle crachotait un peu sur la platine, le café tiédissait dans le récipient et moi j’étais au fond de mon canapé, soigneusement lovée dans un plaid moelleux. Si le paradis existait, il devait ressembler un peu à ça je crois… J’avais l’air d’un nem avec une tête hirsute qui en émergeait mais je m’en moquais, je profitais d’un instant de béatitude absolue.

Mes idées s’évadaient, loin dans le passé, du temps de ma jeunesse. Je ne tenais pas en place, toujours à voyager à gauche et à droite, à fureter, à faire mille choses à la fois, à n’en finir aucune. Je changeais de boulot tous les six mois. Quand je m’étais lassée des tâches routinières, des gens qui affichaient toujours la même tête et des cons qui empoisonnaient mon existence, je démissionnais et allais voir ailleurs si la vie y était plus palpitante.

Puis vint la maturité, la vie de couple, les enfants, la fin du couple, le départ progressif des enfants, la vie quoi.

Le temps a passé, insidieusement, les premières rides et les premiers cheveux blancs ont fait leur apparition, sans effet d’annonce, les lâches.

J’ai fini par trouver l’apaisement mais aussi la solitude, parfois difficile après l’agitation quotidienne d’une vie familiale bien remplie. 

Et puis, enfin, la retraite tant attendue avec de nouveau des rêves d’évasion mais aussi de nouvelles obligations familiales liées aux petits-enfants « qui aiment tant venir loger chez Mamy »… Des amours, c’est vrai mais aussi une grande fatigue quand ils sont là avec leurs sollicitations permanentes et l’envie d’être une Mamy modèle pour eux.

Et ce soir, après leur retour chez eux, cette solitude savourée comme il se doit, le calme après la tempête.

Soudain, les paroles de la chanson me rappellent la promesse d’écrire à ma plus vieille amie, celle avec qui on rigolait à vingt ans en s’imaginant comme deux mémés tricotant des bonnets à longueur de soirée.

Je pris alors ma plus belle plume et commençai ainsi mon message: 

« Tu vois, ma bonne amie, que je te tiens parole, et que les bonnets et les pompons ne prennent pas tout mon temps ; il m’en restera toujours pour toi »

Le café sera froid et le disque fini quand j’aurai fini mon message mais je salive déjà à l’idée de préparer un nouveau café, de retourner le disque sur la platine et de me réenrouler dans mon plaid pour replonger dans mes rêves.

Je vous dis à lundi prochain pour un nouvel écrit et, d’ici là, prenez soin de vous et de vos proches.

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