Brick a book 378 ✍🏻

Le lundi on fait l’inverse du samedi: chez Ma on illustre en photo(s) un mot ou groupe de mots et sur Brick a book on illustre une photo par nos propres mots.

Deux exercices différents mais qui combinent deux de mes centres d’intérêt, c’est chouette non?

Cette semaine Alexandra nous a proposé la photo ci-dessous comme déclencheur d’écriture. Elle est sans couleurs et m’inspire plutôt de la tristesse.

Vous trouverez sous le cliché, les mots qui me sont venus.

©Philippe Dehaye

J’étais un peu stressé dans la voiture qui m’emmenait à l’aéroport.

Je regardais défiler les paysages. Je connaissais bien cette région, c’était la mienne, celle où j’avais vécu tellement de choses déjà depuis ma naissance.

Ne trouvant pas d’emploi malgré une recherche assidue depuis deux ans, j’avais fini par chercher une autre solution. Je ne pouvais pas rester inactif et continuer à vivre à charge de mes parents. Je n’avais rien d’un Tanguy et ils étaient, par ma faute, obligés de se serrer la ceinture. Les fins de mois étaient difficiles, même si ma mère me disait de ne pas m’inquiéter et que ça lui faisait plaisir de me garder encore un peu sous son aile.

J’aimais beaucoup mes parents mais je ne supportais plus de vivre ainsi. Quand j’avais vu une offre d’emploi qui m’obligerait à partir de l’autre côté de la terre, je n’avais pas hésité une seconde à postuler.

Pendant trois mois, j’avais participé aux différentes épreuves qui devaient mener au choix de l’ heureux candidat  qui serait engagé in fine.

Mon acharnement à bien préparer chaque épreuve avait fini par payer puisque j’avais finalement  été retenu pour le poste à pourvoir.

Passés l’ivresse de la victoire et l’enthousiasme de voir enfin mon ciel s’éclaircir après avoir effacé tous ses nuages, j’étais troublé.

J’avais l’impression que j’allais basculer dans le vide en quittant ma vie, ma famille, mes copains, mes petites habitudes.

J’étais anxieux en voyant arriver le moment des adieux. Je me forçais pourtant à positiver en me disant que j’avais été le meilleur et qu’une nouvelle vie, forcément belle, m’attendait à l’arrivée.

Mon coeur était serré, mon estomac noué et mes mains se tordaient de manière incontrôlée. 

Les premiers temps furent difficiles mais j’ai fini par m’habituer à mon nouvel environnement. 

Depuis quelques mois, je fréquentais assidûment celle qui, au départ n’était qu’une collègue  et j’étais en route vers l’aéroport afin d’accueillir mes parents qui nous rendaient visite pour la première fois.

A nouveau, mon coeur était serré et mon estomac noué par crainte qu’ils désapprouvent mon choix…

Mais j’avais mûri depuis mon arrivée et j’étais plus serein. J’avais construit ma nouvelle vie et je ne pouvais imaginer qu’elle ne soit pas merveilleuse. 

Quand votre lecture est terminée, si vous êtes curieux de lire les autres textes inspirés par la même photo, rendez-vous vite sur Brick a book 🙂.

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Brick a book 377 ✍🏻

Puisqu’on a recommencé une nouvelle année (scolaire) d’écriture chez Brick a book lundi dernier, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin.

Le principe est toujours le même, liberté totale pour écrire un texte inspiré par la photo proposée. Cette semaine c’est la photo ci-dessous qui sert de déclencheur d’écriture

©Steven Wright

Et voici les mots qui me sont venus:

On m’avait dit d’aller au premier étage et de me diriger vers le fond du couloir en sortant de l’ascenseur. Quand j’ai levé les yeux j’ai été comme hypnotisée par une très forte lueur jaune. C’était comme si on avait tenté d’enfermer le soleil à cet endroit.

A part ça, les murs n’étaient percés d’aucune porte… Et bien sûr l’ascenseur était parti.

J’essayais de voir ce qu’était ce cercle jaune qui me faisait un peu penser au dispositif de tirage du Lotto, sans les boules.

Curieusement en m’approchant malgré la douleur oculaire provoquée par cette lueur intense, je ne ressentais aucun rayonnement de chaleur. Au contraire, je frissonnais d’inquiétude et d’incompréhension mais aussi parce qu’un grand froid m’envahissait.

Levant les yeux au plafond, je vis des sortes de caissons et me demandais ce qu’ils cachaient.

Je me sentais un peu idiote avec mes sacs de courses, plantée devant “la chose” comme figée.

Quand soudain, j’entendis le signal d’arrêt de l’ascenseur et vit un homme en salopette qui paraissait aussi étonné que moi.

— Je peux savoir ce que vous faites là, me demanda-t-il brusquement.

—On m’a dit de monter au premier étage et de me diriger vers le fond du couloir mais je ne comprends pas du tout où je suis, bégayai-je.

—Ah ok, me répondit l’homme, tout sourire, l’ascenseur est encore déréglé. Ça arrive environ une fois par semaine. En fait ici nous sommes au 3ème étage, là où normalement le public n’a pas accès actuellement.  Je suis occupé à mettre en place les dispositifs pour la prochaine exposition son et lumière.
Je vais vous accompagner au bon endroit pour éviter tout problème et, si vous le permettez, je vous offrirai une invitation pour le vernissage de l’expo. 

Aussitôt dit aussitôt fait. Ce n’est qu’en regardant en détail le carton d’invitation que je vis la photo de l’artiste.  Quelle ne fut pas ma surprise de reconnaître mon sauveur rayonnant sur le bristol…jaune vif.

Comme d’habitude, je vous invite à passer sur le blog Brick a book, croyez-moi, vous serez étonné(e) de voir la diversité de textes imaginés au départ de la même photo.

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Brick a book 376 ✍🏻

Après une pause estivale tout en nuances et en prudence avec cette situation inédite qui perdure, il est bon de venir souffler un peu dans cet espace où on laisse notre esprit vagabonder à sa guise, sans masque ni gel obligatoire. De quoi je parle? Mais du blog Brick a book bien sûr où une photo sert de déclencheur d’écriture chaque semaine.

Cette semaine c’est la photo ci-dessous.

©Kayla Koss

Et voici ce qu’elle m’a inspiré:

Purée Josiane mais qu’est-ce que tu as fait! 

Je t’envoie en reportage dans cette nouvelle école de danses modernes, je te demande “simplement” de rapporter quelques photos donnant une idée de mouvement, de légèreté, de grâce pour illustrer un article et toi, que fais-tu? tu m’apportes un seul cliché où on voit le ciel, surtout le ciel, mais on s’en moque un peu du ciel, non? Et par contre on ne voit pas les jambes ni les pieds de la danseuse!

Tu imagines vraiment des danseuses sans pieds ni jambes? Ah ben oui tiens et à côté j’écrirai une histoire sans queue ni tête comme ça le tableau sera complet! C’est sûr que ça va vachement intéresser nos lectrices ça, c’est sûr.

D’accord la position de la jeune fille est suggestive, on voit bien qu’elle ne souffre pas d’arthrose et sait cambrer les reins tout en continuant à sourire. Moi, à mon âge, ça suffit déjà à me faire rêver mais je te rappelle que la moyenne d’âge de nos lectrices est 25 ans Josiane!

Et quand je cherche les autres clichés sur la carte mémoire de l’appareil, je ne trouve rien, nada. 

Comment? ah, tu avais oublié de recharger ta batterie? Wouah! Mais tu vas gagner le titre de reporter de la semaine c’est sûr ça! Non je plaisante Josiane, après un coup pareil, tu vas surtout gagner la porte, l’ouvrir, sortir et ne plus revenir. On t’enverra tes affaires personnelles chez toi!

Bon, maintenant que le sort de Josiane est réglé😉 , je vous invite à aller lire les autres histoires imaginées au départ de la même photo sur Brick a book.

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Brick a book 375 ✍🏻

C’est la dernière fois, avant une pause estivale, que nous avons reçu une photo du blog Brick a book afin d’écrire un texte qu’elle nous aura inspiré.

©Guillaume Lorain

Des fleurs rouges, il m’avait offert des fleurs rouges! Il savait pourtant que je n’aimais pas cette couleur et que chez moi tout était bleu.

“Oui mais ça me semblait plus approprié pour te demander de m’épouser” m’avait-il dit, plein d’espoir. “Et puis, c’est la fleuriste qui m’a dit que c’était la couleur de la passion”. Soit. Ça pouvait se concevoir mais quand même. Occultant la solennité de l’instant, ma contrariété grandissait. Pourrai-je seulement imaginer passer ma vie avec quelqu’un qui méprisait ainsi mes goûts? Pour moi le rouge est  la couleur du sang, de la douleur, et en plus cette couleur est terriblement agaçante à mes yeux, comme la muleta employée dans les corridas, tout ce que je déteste!

Et donc, il était là, un genou à terre, attendant ma réponse qui tardait à venir, un sourire niais plaqué sur ses lèvres.

Au fil des minutes qui s’égrenaient sans que je ne dise rien, je voyais ses lèvres s’arquer de plus en plus vers le bas; Son bras fièrement brandi avec le bouquet au départ commençait aussi à fléchir. Je ne savais quoi dire, comment lui expliquer qu’il s’était mépris sur mes sentiments. Je l’aimais bien mais le bien était de trop…

Bien sûr les pauvres fleurs rouges n’étaient pas responsables de mon refus qu’il commençait à appréhender de plus en plus mais c’était leurs pétales qui avaient fait déborder le vase.

Enfin il se releva, jeta le bouquet sur la table en se dirigeant vers la porte. Puis, il fit demi-tour et vint reprendre les fleurs en me jetant avec mépris “je ne voudrais pas que leur vue et la mienne t’importunent davantage”.

J’entendis la porte claquer violemment. C’est à ce moment que je me dis que je ne le verrais probablement plus et qu’un immense soulagement m’envahit, sans aucun remord pour la scène qui venait de se jouer.

Comme chaque lundi, je vous invite vraiment à aller voir sur Brick a book les autres textes imaginés à partir de la même photo. Vous serez surpris😊. 

Il n’y a pas que cet atelier qui sera en pause estivale puisque, en ce qui me concerne, je serai absente de mon domicile pendant quelques jours. 
La parution d’articles risque par conséquent d’être un peu plus erratique. J’ai bien dit risque 😉. Tout dépendra de la météo de l’endroit où je serai…

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Brick a book 373 ✍🏻

Le lundi je participe à l’atelier d’écriture en ligne du blog Brick a book.

Les « règles » de cet atelier : écrire un court texte à partir de cette photo, le poster dans les commentaires, interagir avec les autres participants, parce que c’est toujours très sympa quand un lien se crée.”

Voilà, ça ce sont les règles sur Brick a book où je poste mon texte. Je le poste aussi ici, sous la photo, sans “règles” mais avec beaucoup de plaisir quand il y a des commentaires donc, lâchez-vous 😉.

©hesam jr

Elle pinçait les lèvres comme à chaque fois qu’elle était contrariée. Je  regardais en coin son air entre deux airs. 

Elle m’avait bien énervé cette fois. D’habitude je lui passais ses caprices et ses sautes d’humeur mais cette fois j’avais tenu bon. Il n’était pas question que je cède pour adopter un chaton.

J’avais accepté d’accueillir un chiot il y a deux ans, cédant à ses supplications, à ses airs de gamine faisant la chattemite. Résultat, j’étais seul à m’en occuper, à le nourrir,  à l’emmener chez le vétérinaire, soi-disant qu’elle ne supportait pas l’odeur du local où se faisait l’auscultation, et bien sûr à le sortir deux fois par jour. Son “petit chiot adoré” était devenu un beau grand labrador qui ne tenait plus sur ses genoux et donc elle s’en était rapidement détournée.

Oh elle m’avait bien dit qu’un chat demandait moins de soins, que c’était un peu comme une peluche vivante et douce, qu’il n’y avait pas besoin de le promener vu qu’il se promenait tout seul et autres arguments qui se voulaient convaincants. Il n’empêche que je savais que je serais seul à vider la litière et à démêler les nœuds dans les longs poils de ce croisé persan qu’elle avait vu sur une affichette en faisant ses courses.

Mon coeur se serrait malgré tout en la regardant. La vie à deux, trois avec Nestor le labrador, était si belle. Et j’aimais tellement quand elle était heureuse, épanouie, resplendissante. 

Non, ne pas céder cette fois, lui faire comprendre qu’elle avait passé l’âge des caprices. Mouais plus facile à dire qu’à faire et puis, c’est vrai qu’Alban le persan, dont elle m’avait montré la photo sur son gsm, était craquant…

Mais elle m’avait fait terriblement mal quand elle m’avait dit que je n’avais pas de coeur, que cet adorable chaton allait peut-être tomber chez de mauvais maîtres et que j’en serais seul responsable. Le chantage classique en fait… Mais je l’aimais tellement et en plus, j’adorais les chats alors, puisque je m’occupais déjà de Nestor, j’essayais de garder mon sérieux pour la faire mariner encore un peu mais je savais déjà qu’Alban serait son plus beau cadeau d’anniversaire.

Et bien sûr puisque je publie mon texte sur Brick a book je vous invite vivement à aller y lire les autres textes inspirés par la même photo. Vous verrez, c’est parfois surprenant…

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Brick a book 372 ✍🏻

Le lundi c’est atelier d’écriture avec Alexandra du blog Brick a book.

Le principe? Une photo différente nous est proposée chaque semaine, avec ou sans contraintes additionnelles et nous laissons courir notre imagination pour écrire une histoire qui en découle.

 

Voici ce qui m’a été inspiré cette semaine:

Il me fascinait! J’étais immobile face à lui, incapable de le quitter des yeux.

Au départ son oeil mort m’avait mise mal à l’aise, je ne voulais pas paraître impolie en le regardant mais ne pas le regarder pouvait paraître tout aussi inconvenant.

Comment rester naturelle, voilà ce qui m’avait préoccupée pendant les cinq premières minutes face à cet homme marqué par la vie. Et puis, très vite, sa voix grave m’avait envoûtée, charmée, au moins autant que ses paroles.

J’étais venue chercher auprès de lui ce que des années de thérapie et de traitements de toutes sortes n’avaient pas réussi à me procurer…la paix dans mon coeur, dans ma vie.

Ce qui me semblait une si longue vie, avait été émaillée de bien des malheurs: perte de mes parents de manière subite et dramatique, échec d’un mariage bien trop vite bâclé sans trop de réflexion, l’absence d’enfants qui auraient pu égayer mes jours entièrement consacrés au travail. Et enfin le coup de grâce donné par un employeur pour qui j’étais devenue plus encombrante qu'”efficiente“. Je m’étais ainsi retrouvée, à 55 ans, sans boulot et seule dans la vie !

J’avais égrené mes rares amis en faisant défiler le chapelet du temps, ils m’intéressaient tellement peu avec leurs petites histoires de mioches et de problèmes domestiques. Je n’imaginais pas alors que c’était ça vivre vraiment et je me croyais tellement supérieure avec mon aura professionnelle finalement si fragile.

Pendant des mois j’avais galéré, caboté de psy en psy sans en sortir. En désespoir de cause, moi si rationnelle, j’avais testé toutes les méthodes naturelles, avalé des litres de mixtures improbables pour me sentir mieux…sans résultat.

Et puis, à force de tourner en rond sur internet, une petite fenêtre s’était entrouverte quand j’avais lu l’histoire de cet homme.

Au point où j’en étais, pourquoi ne pas essayer de le rencontrer?

Il m’avait fallu plusieurs semaines pour préparer mon voyage en Inde et me rapprocher de lui et aujourd’hui, enfin, nous nous faisions face et la force qu’il me communiquait me laissait entrevoir un avenir moins sombre.

Comme d’habitude, je vous invite à aller voir, sur Brick a book,  les autres histoires inspirées par la même photo et je vous souhaite un bon lundi.

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Brick a book 371 ✍🏻

Le lundi c’est le jour de l’écriture sur la base de la photo proposée sur le blog Brick a book. C’est la photo ci-dessous qui sert de déclencheur d’écriture aujourd’hui.

©Jeffrey F Lin

J’avais cru à une blague quand mon copain Alex m’avait invité à aller assister à un match des Red Panthers. Il savait à quel point le sport, quel qu’il soit, m’ennuyait tant que je n’étais pas moi-même en mouvement. En plus le hockey, je n’y connaissais rien, ni les règles, ni aucune des choses essentielles à connaître pour pouvoir s’impliquer un minimum.

– Justement, m’avait-il dit, comme tu ne connais pas, tu vas pouvoir tout découvrir et je suis sûr que tu vas aimer ça.

Plus pour ne pas avoir à discuter pendant des heures parce que je le connaissais et savais qu’il ne lâcherait pas facilement son idée, j’ai fini par accepter à contre-coeur. 

Pour ne pas arriver complètement idiot au bord du terrain, j’avais un peu fouillé sur internet et découvert que le hockey féminin était en pleine ascension  ce sport étant considéré par de plus en plus de femmes comme “chic, tendance et cool”. Soit.

Il n’empêche que le jour venu, je ne me sentais pas à l’aise. Il faisait assez calme au bord du terrain, les spectateurs étaient très disciplinés au contraire de ceux qui assistaient habituellement aux rencontres du club de foot dont je faisais partie.

Et puis les Red Panthers ont fait leur entrée juste après les joueuses de Biélorussie. Et là j’ai su que j’avais bien fait de venir. D’entrée de jeu, c’est le cas de le dire, mes yeux ne se sont plus détachés d’une d’entre elles, la suivant le long de ses déplacements en zig-zag sur le terrain. Elle faisait montre d’un mélange intime de grâce féminine et de détermination à gagner, coûte que coûte. Je ressentis un enthousiasme délirant quand elle transforma en succès ses deux “penalty corner”.  Dès la fin du match, je me précipitai pour féliciter l’équipe gagnante tout en n’ayant d’yeux que pour une joueuse en particulier. C’est à ce moment qu’un grand brun ténébreux bien baraqué se pencha vers elle en l’embrassant tendrement.

J’étais un peu penaud en voyant ma bulle de joie éclater ainsi mais ça ne m’a pas empêché de retourner souvent avec Alex assister aux rencontres de nos hockeyeuses nationales. 

Je me réjouis à l’avance du plaisir que nous aurons lors de la coupe du monde qui sera organisée chez nous en février 2021!

Je vous invite à aller vous rendre compte sur le blog Brick a book de ce que l’imagination de chaque personne invente à partir de la même photo. Vous serez surpris!

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Brick a book 370 ✍🏻

C’est fou ce que les lundis reviennent vite! Vous verrez ci-dessous la photo proposée cette fois sur le blog Brick a book et, comme d’habitude, juste en-dessous, le texte qu’elle m’a inspiré.

©wildlittlethingsphoto

J’avais tellement attendu ce moment! La nature ne m’avait pas fait le cadeau d’être mère. Pendant des années, examens médicaux, nombreux spécialistes…de plus en plus spécialisés, traitements novateurs,  essais cliniques,… j’avais tout essayé. Cela tournait à l’obsession.  Tout le monde me disait de ne plus y penser, que ça viendrait tout seul avec le temps mais les mois puis les années ont commencé à s’accumuler tristement.

Ma vie sans enfant n’avait plus de saveur. J’étais stupéfaite quand j’entendais mes amies dire que j’avais bien de la chance d’avoir gardé ma liberté. Elles m’enviaient de ne pas être soumise aux caprices d’un enfant, de ne pas avoir à me prendre la tête pour les décisions importantes à prendre pour lui, etc.

Leurs remarques étaient autant de couteaux remués dans la plaie béante de ma non-maternité. Plus rien n’avait de valeur dans ma vie, désormais inutile à mes yeux. Que je croise une femme enceinte et la peine tombait sur moi comme une chape de plomb, me figeant sur place, foudroyée par le chagrin. 

En désespoir de cause, j’avais accepté d’envisager l’adoption. Le chemin à parcourir pour trouver et remplir les documents administratifs, répondre comme il le fallait, ou comme je pensais qu’il le fallait, à toutes les personnes rencontrées qui me sondaient pour définir si mon envie était réelle et si cet enfant qu’on me ferait peut-être l’honneur de me confier serait bien chez moi…

J’avais envie de hurler que cet enfant deviendrait ma seule raison de vivre, le motif qui me ferait passer, sans sourciller, autant de nuits blanches que nécessaire pour le veiller s’il le souhaitait.

J’avais beau dire que mon célibat m’empêcherait de me disperser vu que tout mon amour serait pour cet enfant, on me faisait la moue en disant qu’on n’était pas trop de deux pour élever un enfant et qu’un amour aussi exclusif l’empêcherait peut-être de s’épanouir.

Après avoir souffert au long de tous les entretiens soi-disant nécessaires, j’avais enfin reçu une approbation à ma demande. 

Le voyage au bout du monde me paru sans fin tant j’avais hâte de serrer enfin ce petit être qui allait devenir mon enfant tout contre moi.

J’avais acheté un porte-bébé dès que j’avais eu les modalités du voyage et l’âge de mon petit, j’avais tellement peur qu’on me le reprenne que je ne voulais plus m’éloigner de lui. J’avais réservé un berceau dans l’avion pour le vol retour, on m’avait dit que c’était mieux pour le bébé. Malgré ça, l’hôtesse de l’air eut toutes les peines du monde à me convaincre d’y déposer ma petite fille, juste à mes côtés.

Quand je sortis de l’avion, ma fille ayant repris sa place tout contre mon corps, j’étais tellement fière qu’il me semblait que j’irradiais.

Ma vie allait enfin pouvoir vraiment commencer!

Et pour voir les autres histoires nées au départ de cette photo, je vous invite à aller voir sur Brick a book.

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Brick a book ✍🏻

Alexandra du blog Brick a book nous propose de reprendre les habitudes d’avant Covid 19. En ce qui me concerne, ça ne change guère puisque j’ai continuer à piocher sur son blog de quoi publier le lundi 😉 .

Cette fois c’est la photo ci-dessous qui doit servir de déclencheur d’écriture. Vous trouverez, comme d’habitude, les mots qu’elles m’a inspirés juste en dessous.

©timmarshall

C’est vrai qu’il n’était pas tout à fait “beau comme un coeur”, ou alors un coeur qui avait vécu, souffert, qui était un peu cabossé, comme dans la vraie vie quoi…

Je ne sais plus lequel d’entre nous avait eu l’idée de départ: montrer à Léo qu’on tenait son coeur dans nos mains et que s’il nous quittait, comme il en avait émis le souhait, il nous laisserait les mains vides.

Nous aurions pu, comme tant d’autres, former des cœurs avec nos doigts recourbés mais nous avions voulu inscrire notre message à même notre peau. On dit de certains qu’ils ont la musique dans la peau, nous ce serait son coeur que nous aurions.

Nous ne nous étions jamais séparés très longtemps depuis que nous formions une joyeuse bande d’étudiants à la fac. “Les inséparables” on nous appelait 🙂. Nous avions commencé ensemble dans la vie professionnelle et nous retrouvions régulièrement pour de joyeuses soirées où nous continuions, comme avant, à refaire le monde. Au fil des années, nous nous étions tous mariés sauf lui. Il disait qu’il attendait le grand amour pour sauter le pas et, en attendant, il supportait nos railleries avec le sourire.

Jusqu’au jour il “la” rencontra. Il en était sûr cette fois, c’était La femme de sa vie, sans aucun doute possible. Il nous la présenta, nous l’adoptâmes directement et elle se fondit dans notre groupe.

Elle était australienne et, depuis quelques mois, elle se languissait de sa terre d’origine et de sa famille.

Nous rigolions en lui disant d’aller dans un parc animalier voir des koalas et des kangourous pour se consoler mais nos vannes la faisaient de moins en moins rire. 

Pour Léo, la question ne se posait même pas, si elle  voulait “rentrer au pays”, il la suivrait. Normal, il l’aurait suivie au bout du monde si elle l’avait voulu…

Nous avions organisé cette cérémonie d’au revoir en nous promettant de nous retrouver ici ou là-bas.

Et ce coeur qui exprimait nos sentiments pour eux nous l’avions voulu comme un signe fort mais en même temps nous avions bien pris soin de choisir une peinture qui disparaîtrait facilement à l’eau afin de le libérer, de les libérer, de tout notre coeur, tout en rendant nos mains libres de les retenir encore un peu avec nous, pour le plaisir.

Comme d’habitude, je vous conseille d’aller lire, sur le blog Brick  a book,  les autres textes nés de cette photo.

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Brick a book 368 ✍🏻

Sauf si vous arrivez ici par hasard, vous savez que le lundi c’est le jour de ma participation à l’atelier d’écriture en ligne Brick a book.

Le principe est ultra-simple, une photo sert de déclencheur d’écriture, s’en suit la rédaction d’un texte que je vous propose de découvrir sous la photo.

©findracadabra

Les deux amies jouaient à leur jeu favori: montrer leurs différences tout en gardant leur complicité intacte même si, gamines, on les appelait les jumelles.

Ce matin, Ayako et Atsuko avaient décidé de se prendre en photo pour s’inscrire sur un site de “rencontres en tout bien tout honneur” comme le clamait la publicité.

Plus que jamais, elles comptaient mettre en évidence leurs particularités respectives. Leurs parents expliquaient depuis toujours que ça venait de leurs prénoms: Ayako, belle fille de soie, et Atsuko, enfant chaleureuse. C’est vrai que ça leur correspondait assez bien. Ayako était beaucoup plus coquette, se rendait fréquemment chez le coiffeur contrairement à Atsuko, plus naturelle et moins préoccupée de son poids ou de sa coupe de cheveux.

Comme d’habitude, Atsuko prenait moultes poses rigolotes tandis qu’Ayako, moins naturelle, devait recommencer plusieurs fois ses prises de vue.

D’ailleurs Ayako se lassait de ce qui n’était qu’un jeu au départ. Elle n’avait jamais eu vraiment l’intention de publier ces portraits où que ce soit, contrairement à son amie. Elle était mal à l’aise avec son image et ses multiples dépenses en instituts de beauté visaient à lui donner confiance en elle.

L’après-midi tirait à sa fin et Atsuko continuait inlassablement à faire crépiter le flash de son smartphone tandis qu’Ayako n’arrivait plus qu’à plaquer un sourire peu naturel sur son visage un peu figé.

-Bon, dit-elle, on arrête et on descend chez le glacier dans la rue à côté?

Mais Atsuko ne l’écoutait pas et s’amusait comme une enfant. Ayako déposa son téléphone sur la table afin d’attirer l’attention de son amie de manière plus brutale.

– Hein, quoi? Tu ne joues plus?

– Non, j’ai envie de bouger, de sortir au soleil et puis je crois bien, ajouta-t-elle malicieusement, que nous n’avons pas besoin de nous inscrire où que ce soit pour faire des rencontres il nous suffit d’aller chez le glacier 😋

Ensuite, il est conseillé d’aller voir les textes des autres participant(e)s sur le blog Brick a book pour se rendre compte des différents chemins que prennent nos esprits au départ de la même image…

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