Brick a book 421

J’ignore si c’est délibéré ou pas de la part d’Alexandra mais cet atelier d’écriture porte le n° 421 alors que je n’ai pas vu passer le 420 😲 alors que j’ai participé au 419!

On va dire que ça va nous porter chance et on va croiser les doigts pour que cette fois on s’inscrive dans la durée 🤞.

Je vous rappelle le principe: chacun écrit un texte, pas trop long, en partant d’une photo en guise de déclencheur d’écriture.

Il s’agit cette semaine de la photo ci-dessous et le texte qu’elle m’a inspiré se trouve à la suite.

©Yerson Retamal

J’étais très mal à l’aise devant la prof de français. Elle avait l’habitude de faire passer les examens oraux en face à face, à l’ancienne disait-elle. Pour moi c’était une première. Avec les autres profs, il y avait toujours au moins une table pour nous séparer.

Logique qu’elle travaille à l’ancienne vu comment elle s’habillait ! Je me sentais un peu gênée sous son regard perçant avec mes jeans troués aux genoux et mes grosses bottines mal lacées mais moi au moins j’étais de mon époque. Pas comme cette vieille fille qui semblait avoir été momifiée depuis la dernière guerre.

Elle tenait sur ses genoux un exemplaire de l’ouvrage qu’elle m’avait imposé de lire et attendait que je lui fasse un exposé sur l’auteur d’abord puis sur l’histoire en elle-même selon ses consignes données la semaine précédente.

Sauf que je n’avais eu aucune envie de le lire son vieux bouquin poussiéreux. Hier, il faisait si beau que j’avais été me balader avant de retrouver des copines chez le marchand de glaces. C’est sûr que je rigolais moins aujourd’hui…

Je commençais à suer, pas seulement à cause de la chaleur de ce mois de juin mais surtout parce que la prof ne pétait pas un mot ! Elle se contentait de me regarder fixement derrière ses lunettes de myope. Et rien ne me venait à l’esprit. J’avais lu vaguement un résumé ou deux sur internet mais elle me terrorisait. Je sentais mon ventre se tordre et émettre des bruits bizarres qui résonnaient dans la classe vide.

  • Alors Mademoiselle me dit-elle enfin, je vous attends. Qu’avez-vous à me dire?
  • C’est un peu court, jeune fille, me dit-elle avec le sourire malicieux de quelqu’un qui vient de faire une bonne blague.
  • Euh… fut tout ce que j’arrivai à émettre comme son tellement elle me faisait flipper !
  • Eh oui dit-elle, tout qui ne sait pas s’exprimer n’a pas toujours un ami comme Cyrano pour lui venir en aide. Nous allons donc en rester là pour cette fois avec la belle note de zéro sur vingt. Vous viendrez me voir en repêchage et j’espère pour vous que cette fois vous aurez enfin lu et apprécié la finesse d’écriture d’Edmond Rostand.

Comme cette pauvre jeune fille, je n’ai rien à ajouter si ce n’est vous inviter à passer un bon moment de lecture en allant découvrir les autres textes sur Brick a book 😉.

Cet article a 17 commentaires

  1. laurence

    Haha, on s’y croirait ! :) Qui n’a pas vécu un moment aussi délicat que celui d’être interrogé quand justement on ne connait pas la réponse !
    Bonne journée Photonanie !

  2. Mo

    Bonjour Bernadette,
    on souffre avec la jeune fille interrogée… Pourtant elle a bien mérité son zéro… ;-)
    Bravo pour ton texte!
    Bon après-midi,
    Mo

    1. Photonanie

      Merci Mo. Personnellement j’ai rarement vécu cette situation mais pas loin quand même, le trou magistral!

  3. Antigone

    C’est compliqué. J’ai souri car j’ai imaginé mon fils de terminale dans cette situation, quine le ferai pas rire du tout lui.

    1. Photonanie

      Merci de ton passage Antigone. On peut tous imaginer avoir vécu ça avec plus ou moins d’intensité…

  4. MH

    On a vraiment l’impression d’y être, dans cette salle d’examen !! Bravo !

  5. Eric Chamberlin

    J’ai aussi imaginé mon fils, en moins angoissé. The king of the web, Bac avec mention sans avoir jamais lu un des bouquins du programme. Et fier avec ça ! Je n’ai jamais su si je devais me féliciter de sa débrouillardise ou me désespérer d’une telle attitude.

    1. Photonanie

      Un peu des deux je suppose… Le mien était comme ça puis l’accroc est arrivé, trop confiant et boum. Je te rassure il s’en est relevé depuis longtemps et a bien continué sa route mais il sait maintenant que tout ne roule pas toujours tout seul.

  6. Agatheb2k

    Un traumatisme qui refait surface, les lectures imposées qui n’étaient pas forcément de notre âge !
    Et je repense à ma dernière année de primaire qui fut un enfer et à ma première année de collège où la prof de français m’avait donné un zéro pointé pour un devoir intitulé “Décrivez un métier” sur lequel je m’étais appliquée comme jamais plus par la suite… Deux ans auparavant mon terrain de jeu préféré était l’ancienne forge dans la cour de la maison où j’habitais, son propriétaire venais parfois nous expliquer ce qu’il y faisait et à quoi servaient les outils, j’avais fait revivre avec beaucoup d’imagination ce lieu, les bruits et les odeurs et m’étais vue accusée devant toute la classe d’avoir copié un livre inexistant sans même que l’on m’ait posé la moindre question… haine totale, je n’ai plus fait que le minimum imposé, me suis payé le luxe, dès que le sujet me l’a permis de recopier un des livres de français en ma possession et elle ne l’a pas vu (le livre d’une autre académie lui était étranger)… pour finir par ne travailler que les matières où les enseignants respectaient leurs élèves !
    C’est l’école qui m’a transformée en rebelle ! :yes:

    1. Photonanie

      Je comprends. J’ai un peu le même genre de souvenir relatif à “La petite Fadette”. J’avais adoré le livre et en avais fait une très bonne analyse, pour une fois. De toutes manières je n’avais personne qui aurait pu m’aider, mes parents, enfants en temps de guerre, n’avaient pas fait d’études. J’ai eu une bonne note avec en commentaire “Je doute fort que vous ayez fait ça toute seule”. J’ai souvent espéré recroiser cette prof en étant adulte pour lui dire que oui je l’avais fait seule!
      Je suis très à cheval sur la notion de respect entre personne depuis.

      1. Agatheb2k

        Ce genre de mésaventure forge le caractère pour certains mais peut détruire les plus faibles… :heart:

  7. Chinou

    421 , jeu de dés pour certains d’éciture pour d’autres . Lorsque tant d’années après, la jeune fille repense à tout ceci, elle doit tout de même avoir le sourire aux lèvres et avoir enterré un quelconque sentiment de culpabilité. Bernadette, tu nous offres là un agréable divertissement.

    1. Photonanie

      Merci Chinou, ravie de t’avoir un peu divertie. Bonne journée.

Laisser un commentaire

:good: 
;-) 
:negative: 
:wacko: 
:scratch: 
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:-) 
:rose: 
:bye: 
:-( 
:yes: 
:whistle: 
:cry: 
:mail: 
:unsure: 
 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.