Atelier d’écriture Brick a book 331

Pour l’atelier d’écriture Brick a book de ce lundi, Alexandra nous a proposé la photo ci-dessous.

© Everton Vila

Et voici les mots que cette image m’a soufflés:

Voici des fruits, des fleurs,…

Elle revenait de sa promenade dans les champs en chuchotant en boucle « les fleurs sont la promesse des fruits, les fleurs sont… ».
Elle savait ce qu’elle voulait dire, elle qu’on avait toujours décrite comme une belle fleur épanouie que tous les gars du pays essayaient de butiner.
Et puis il était arrivé pour aider aux récoltes, avec ses beaux yeux noirs enchanteurs, des yeux comme du velours. Toutes les filles lui tournaient autour mais lui ne voyait qu’elle et se fichait pas mal des autres. Il était si prévenant, serviable et doux qu’elle avait succombé, au grand dam des gars du village qui la regardaient depuis un peu en biais. Mais les amoureux ne voyaient rien d’autre que leurs yeux respectifs. Leurs mains, lorsqu’elles se trouvaient, semblaient aussi solidement attachées que des chaînes cadenassées.
Tout l’été on les avait vus se balader de ci de là, inséparables jusqu’à la tombée du jour. Elle avait été tellement heureuse quand elle s’était rendu compte que leur amour avait produit un fruit qui s’épanouissait en son sein. Sa sœur, à qui elle s’était confiée, pensait que son amoureux prendrait bien vite ses jambes à son cou pour retourner vers le sud, dans son pays d’origine, quand il apprendrait la nouvelle. Elle-même craignait un peu qu’il trouve que les choses allaient trop vite, qu’il n’était pas prêt à s’engager, et toutes ces choses contre lesquelles on l’avait mise en garde dès son adolescence. Cherchant les mots qu’elle choisirait pour lui parler, elle avait marché, seule pour une fois, dans les champs en répétant comme un mantra « les fleurs sont la promesse des fruits, les… » . Heureusement pour elle, quand elle décida enfin de lui dire son doux secret, il sauta de joie, lui qui avait grandi sans véritable foyer, placé à gauche et à droite dans des familles pas toujours très aimantes. Il vit là l’occasion de fonder enfin lui-même sa propre famille et de se poser dans la vie auprès de celle dont il était tombé éperdument amoureux. L’avenir lui souriait enfin après des années de chagrin.
C’est à leur avenir qu’elle rêvait en pressant les fleurs cueillies contre son ventre qui bientôt s’arrondirait de fort jolie façon. Un plus un égale trois et pas deux comme on le lui avait appris, pensait-elle, et les fleurs faneraient mais le fruit de leur amour durerait bien plus qu’un été…

Pour compléter ce moment de douceur je vous propose d’écouter le poème de Verlaine qu’aurait pu chanter le jeune homme à sa belle mais qui est ici chanté par Julos Beaucarne.

Cet article a 9 commentaires

  1. Une belle histoire d’amour écrite dans la tradition morale.

    1. J’aime bien quand ça finit bien 😉

  2. Une histoire qui finit bien, on aime ça !

    1. Ce n’est pas toujours le cas par les temps qui courent alors, quand on peut choisir, pourquoi se priver 🙂

  3. Bonjour Bernadette !
    Mince ! J’avais mis un commentaire … j’ai sûrement oublié de le valider !
    Une belle histoire qui fini bien ! Quand on sème, il vaut mieux que l’on s’aime … pour la récolte !

    Green

    Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
    Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.
    Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
    Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

    J’arrive tout couvert encore de rosée
    Que le vent du matin vient glacer à mon front.
    Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
    Rêve des chers instants qui la délasseront.

    Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
    Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
    Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête,
    Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

    Bonne journée ! Tu sème ou pas: c’est comme tu veux !

    Pierre

    1. Bizarre, je l’avais vu ton commentaire pourtant…
      J’ai eu quelques perturbations hier suite à une mise à jour de WP, c’est peut-être ça.
      Je t’avais même répondu: tu n’as pas écouté la chanson?
      Bon jeudi alors.

  4. Coucou !
    J’ai écouté mais j’aime bien relire le poème … je suis un peu maniaque !
    Bonne journée !
    Pierre

    1. Il y a longtemps que je sais que tu es un vieillard maniaque 😀

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