Le lundi c’est atelier d’Ă©criture avec Alexandra du blog Brick a book.
Le principe? Une photo différente nous est proposée chaque semaine, avec ou sans contraintes additionnelles, et nous laissons courir notre imagination pour écrire une histoire qui en découle.
Voici ce qui m’a Ă©tĂ© inspirĂ© cette semaine:
J’Ă©tais entrĂ©e dans cette Ă©glise comme il m’arrive rĂ©gulièrement de le faire en vacances. J’aime pĂ©nĂ©trer dans ces enveloppes feutrĂ©es oĂą les mots se chuchotent et les pas se font glissants.
Oh je n’ai rien d’une grenouille de bĂ©nitier, loin de lĂ , mais j’aime ces endroits souvent solennels et grandioses. Peu m’importe d’ailleurs Ă quelle religion est consacrĂ© l’Ă©difice si l’ambiance gĂ©nĂ©rale me plaĂ®t dès l’entrĂ©e. Les Ă©glises protestantes ont ma prĂ©fĂ©rence pour leur cĂ´tĂ© dĂ©pouillĂ© tandis que les orthodoxes m’Ă©touffent un peu par leurs surcharges d’icĂ´nes dorĂ©es.
Je m’Ă©tais assise, machinalement, sur un banc inconfortable, seule. J’aimais la douce clartĂ© diffusĂ©e par les luminaires ajourĂ©s qui pendaient du plafond mais ce qui m’intĂ©ressait le plus Ă©tait le vitrail gĂ©ant face Ă moi. Mon esprit s’Ă©vadait et je me demandais combien d’heures de travail mĂ©ticuleux et de patience avait demandĂ©es cette magnifique rĂ©alisation multicolore. Depuis que j’avais lu « Les piliers de la terre« , je ne regardais jamais plus une Ă©glise distraitement mais j’Ă©prouvais toujours respect et admiration pour ses bâtisseurs.
Soudain, le silence Ă©clata sous le souffle de l’harmonium! J’Ă©tais tellement plongĂ©e dans mes pensĂ©es, somnolant presque, que je n’avais pas entendu la porte s’ouvrir derrière moi. La musique emplissait Ă prĂ©sent l’espace, le rendant joyeux, comme s’il venait de s’Ă©veiller en sursaut . Je ressentais moi aussi cette allĂ©gresse malgrĂ© quelques notes discordantes. Je me laissais porter par la musique et mes rĂŞveries prirent une autre direction, me ramenant Ă mon adolescence et mes chansons prĂ©fĂ©rĂ©es.
Je compris qu’en poussant cette porte, j’avais rencontrĂ©, sans le voir, « l’enfant des cathĂ©drales »! Et subitement j’Ă©tais redevenue l’adolescente qui rĂŞvait de rencontrer son chanteur prĂ©fĂ©rĂ©.
L’arrĂŞt de la musique me laissa un peu Ă©tourdie, reprenant pied dans la rĂ©alitĂ©.
Je me levai et me dirigeai vers la sortie, laissant glisser, sur le dossier du banc, mon manteau de rĂŞves…

Au cas où, la chanson évoquée est celle ci-dessous.
Comme d’habitude, je vous invite Ă aller lire les autres textes inspirĂ©s par cette photo sur Brick a book.
Bonjour Bernadette !
Joli rĂ©cit poĂ©tique ! J’aime aussi beaucoup les Ă©glises pour leurs bâtisseurs: un travail vraiment colossal au regard des moyens de levage de l’ Ă©poque ! Les vitraux et les sculptures sont aussi remarquables dans les Ă©glises !
Au dĂ©but, j’avais pensĂ© que tu allais peut-ĂŞtre te confesser !
Je me souviens de la chanson de GĂ©rard Lenormand mais il y a bien longtemps que je ne l’avais pas Ă©coutĂ©e !
Bon lundi et bonne semaine !
Pierre
Tu me connais assez pour savoir que je ne suis pas folle de la messe voyons
Bonne semaine Ă l’abri du vent encore quelques heures.
Une belle promenade dans cette Ă©glise. J’adore ta dernière phrase.
Merci Marina d’ĂŞtre venue te perdre dans mes rĂŞves
Ambiance sereine et grandiose bien rendue : on dirait du vécu ! Je partage ton avis sur les édifices religieux sauf les protestants que je trouve parfois trop dépouillés. Bonne soirée, Bernadette.
Merci Gene. Tous les goĂ»ts sont dans la nature et c’est heureux
Bonne semaine.
Tu as su nous faire voyager dans tes rĂŞveries, bravo photonanie !
Je suis ravie de vous avoir emmenĂ©s Ă ma suite…