Brick a Book 330 ✍🏻

Je participe chaque semaine à l’atelier d’écriture proposé par Alexandra du blog Brick a book. Ce lundi, la photo qu’elle nous propose d’illustrer en histoire est celle ci-dessous.

J’avoue qu’elle déclenche moins d’idées chez moi que les précédentes mais je ne m’avouerai pas vaincue pour autant. Vous pouvez lire, sous la photo, le texte qu’elle m’a inspiré.

 

La faim justifie les moyens

Il avait faim, tellement faim! Ces billets qui étaient tombés de la poche d’un touriste le matin même avaient été dans sa journée comme une lueur d’espoir, hélas vite éteinte. Il les observait avec insistance, perplexe et tellement dépité. L’horloge lui rappelait que midi était largement dépassé et faisait comme un écho aux gémissements de son estomac vide. L’oiseau semblait se moquer de lui et de sa misère. Le poisson, hmmm! le poisson, dont il lui semblait sentir l’odeur de friture et même le jus de citron, indispensable quand on est gourmet. Quant à la grenouille, c’est sûr qu’elle était mignonne comme ça sur sa tige mais il était tellement affamé qu’il imaginait plutôt ses bonnes cuisses bien grasses avec une sauce à l’ail qui le faisait grincer des dents de manière irrépressible.

Oh, je sais ce que vous pensez, avec cet argent il pourrait acheter à manger, sauf que…on n’accepte pas les dollars des Bermudes dans un restaurant parisien, même non étoilé! Et puis, il n’inspirait pas trop confiance dans ses vêtements crasseux, sa barbe de huit jours et son haleine avinée. Et son chien, son seul ami, tellement fidèle mais un peu pouilleux, il fallait bien le reconnaître, jamais il ne l’attacherait à l’extérieur, le temps de manger… Il n’avait pas perdu tout jugement sur sa situation actuelle. Quand il était encore cadre dans une importante société, il était tiré à quatre épingles et fréquentait de beaux restaurants avec ses collègues aussi nantis. Et puis la vie, parfois belle mais aussi parfois cruelle, l’avait envoyé au tapis. Un divorce douloureux, l’éloignement de ses enfants emmenés par son ex-femme dans un autre pays, moins d’assiduité au boulot où finalement on l’avait remercié en assurant qu’on n’oublierait jamais tout le bien qu’il avait apporté à la société. Qu’on lui en serait toujours reconnaissant et bla bla bla… Il s’était retrouvé sans emploi avec une petite somme d’argent qui avait fondu comme neige au soleil. Il n’était pas spécialement dépensier mais, pour ses enfants, il avait fait quelques folies, espérant ainsi que ceux-ci ne l’oublieraient pas trop vite dans leur nouvelle vie. Et puis la dégringolade, inattendue, incompréhensible mais tellement rapide…

Reprenant son calme et ses esprits, il regarda à nouveau ces billets inutiles. C’est vrai qu’ils étaient beaux, joliment décorés, mieux que les euros trouvait-il, plus exotiques aussi mais tellement insidieux dans les réflexions qu’ils provoquaient!

A deux pas de là, un jeune homme regardait ce pauvre hère penché sur ces billets tellement colorés. Il en avait envie mais n’osait pas. Prenant enfin son courage à deux mains, il aborda le clochard en lui expliquant qu’il collectionnait les billets étrangers et n’en avait encore jamais vus d’aussi beaux. Il aimerait tellement les posséder. Il proposa d’aller lui acheter un menu au Mac Do tout proche, pendant toute la semaine,  en échange des quatre billets. 

Ce n’était pas vraiment des cuisses de grenouilles ou du poisson mais il avait tellement faim que ce fut peut-être le meilleur repas qu’il ait fait depuis longtemps! Il s’endormit, repu, dans ses cartons avec, comme une veilleuse, la petite lueur d’espoir aperçue le matin qui s’était rallumée: la vie, parfois cruelle mais aussi parfois belle 😉

 

N’oubliez pas d’aller voir sur Brick a book ce que cette photo a inspiré aux autres participant(e)s. Je suis sûre que vous y trouverez de belles surprises.

Continuer la lectureBrick a Book 330 ✍🏻

Brick a Book 329 ✍🏻

Je participe maintenant de manière hebdomadaire à l’atelier d’écriture en ligne Brick a book. Les textes sont envoyés en commentaires et commentés directement sur le post chez Alexandra.

La photo proposée pour ce 329ème atelier est celle ci-dessous.

Et voici l’histoire qu’elle m’a inspirée:

L’eau vive

A chaque fois qu’elle posait son doigt doucement à la surface de l’eau, des ronds concentriques se formaient et s’éloignaient tout aussitôt avec un effet un peu hypnotique…
Elle aimait sentir la fraîcheur de l’onde sur sa peau, le frisson qui se propageait le long de sa main et au-delà. Elle recommençait encore et encore, essayant de poser le plus petit bout de doigt possible, juste assez pour sentir l’eau sans créer de remous. Jamais elle n’y arrivait et cette victoire permanente des éléments sur sa propre volonté l’énervait  au plus haut point. A l’eau, non mais à l’eau quoi pensait-elle avec rage. Elle n’avait pas encore compris que parfois impossible est bien français. 

Et d’abord, pourquoi des ronds et pas autre chose? Son doigt n’était pas parfaitement rond que diable, il était même plutôt tordu. A tel point qu’elle cachait souvent ses mains et regrettait l’époque où les élégantes portaient des gants crochetés au coton blanc. Et donc pourquoi ne créait-elle que des encyclies alors qu’elle aurait tellement voulu se démarquer et faire des cœurs par exemple ou autre chose, à l’instar de ce qui décore parfois joliment la crème sur le café?

Elle en était là de ses réflexions quand d’un gros “splash” un poisson sauta dans la barque! Elle eut tellement peur qu’elle se redressa d’un bond, fit chavirer la légère embarcation et se retrouva dans l’eau entourée de nombreux et très grands cercles autour d’elle, comme autant d’éclats de rire moqueurs de la rivière. L’humidité la sortit de ses rêveries et, trouvant finalement la situation parfaitement ridicule, elle se senti prise d’un fou-rire irrépressible à son tour.

 

Et puis, parce que je ne peux pas m’en empêcher et que j’aime ça,  je vous propose en partage une version féminine tout en légèreté et fort d’à propos des Moulins de mon coeur.

Continuer la lectureBrick a Book 329 ✍🏻

Du côté de chez Ma

Cette semaine Ma nous propose d’illustrer le mot histoire(s).

Je ne vais pas vous en raconter, je n’ai jamais aimé l’Histoire! En vieillissant je m’y intéresse un peu plus, surtout depuis que nous visitons quelques châteaux, mais les histoires des grandes familles ou des grandes guerres, bref l’Histoire avec un grand H ne m’a jamais passionnée.

Par contre, j’aime les histoires, de tous types et j’en lis d’ailleurs beaucoup. J’en écris aussi, très modestement, lors de l’atelier d’écriture “Jetez l’encre” auquel je participe une fois par mois près de chez moi mais aussi une fois par semaine en ligne sur le site Brick a Book (pour info, ces dernières sont publiées chaque lundi, ouvrez l’œil 😉).

Après chaque module de 6 séances, certaines histoires de l’atelier d’écriture sont mises en forme et publiées sous forme de petits livrets.

Ce sont ceux auxquels j’ai participé que vous voyez ci-dessous.

Et je vous assure que les histoires qu’ils contiennent sont étonnantes, rigolotes, effrayantes, un peu frappadingues ou juste émouvantes mais les découvrir procure toujours beaucoup de plaisir.

Et si vous aussi vous souhaitez écrire des histoires, je vous offre le kit de démarrage ci-dessous. Il n’est pas nécessaire de lire la notice (de toutes manières incompréhensible), il faut juste ajouter une pincée d’imagination, bien secouer et le tour est joué! 

Pour voir les interprétations du mot histoire(s) par les autres participant(e)s, allez vite voir chez Ma.

Je vous dis à lundi pour ma prochaine histoire…

Continuer la lectureDu côté de chez Ma

Brick a Book 328 ✍🏻

Alexandra a changé à nouveau de formule et il s’agit maintenant d’un atelier d’écriture 2.2! En gros, c’est redevenu hebdomadaire, les textes sont envoyés en commentaires et commentés directement sur le post chez Alexandra.

La photo proposée pour ce 328ème atelier est celle ci-dessous

Et voici l’histoire qu’elle m’a inspirée:

La méprise

Depuis toujours elles avaient tout fait pareil. C’est bien normal après tout vu qu’elles étaient nées du même œuf, jumelles jusqu’au bout des ongles. Les premières années de leur vie, leur mère les habillait de manières différentes pour les reconnaître plus facilement mais elles s’amusaient à échanger leurs vêtements dès qu’elles étaient hors de vue. A l’adolescence, ce sont les petits amis qu’elles échangeaient, sans rien leur dire évidemment sinon où aurait été le plaisir. Vu qu’elles n’avaient aucun secret l’une pour l’autre, personne ne s’était jamais rendu compte de rien. Jamais une question précise n’était restée sans la réponse adéquate puisque dès qu’elles étaient ensemble elles se racontaient tout dans les moindres détails, aussi intimes fussent-ils.

Leurs études également furent les mêmes, c’est normal, elles aimaient les mêmes matières. Et si l’une se sentait moins en forme au moment de l’oral, c’est l’autre qui s’y collait à deux reprises. Les profs avaient beau s’arracher les cheveux et avoir l’impression de se faire rouler, la candeur naturelle des jumelles les sauvait de toutes les situations.

Jusqu’au jour où…elles rencontrèrent une paire de jumeaux dont elles tombèrent amoureuses. Bien sûr ceux-ci jouaient les mêmes tours qu’elles mais, après tout, où était le mal. Ils s’aimaient très fort tous les quatre même si on ne savait jamais très bien qui était qui.

Ne souhaitant en aucun cas s’éloigner de leur moitié respective, non de leur conjoint mais de la deuxième partie de la paire, les deux couples emménagèrent dans des appartements identiques dans le même immeuble.

Quand, en rentrant du travail, une des jumelles vit cette armoire sur le balcon supérieur! Probablement une climatisation vu la vague de chaleur annoncée. Rien de plus normal pour des gens normaux mais pas pour elle. Son sang ne fit qu’un tour, le pacte de “tout à l’identique” était rompu de fort méchante façon. Sur le champ elle allât acheter des affiches “appartement à vendre” sans même prendre la peine de demander une explication.

C’est en rentrant chez elle qu’elle comprit sa méprise en voyant un technicien déballer le même appareil à placer sur son propre balcon. Confuse, elle fit des confettis de son affiche et n’en souffla jamais un mot à quiconque, pas même à sa jumelle…

Envie de voir ce que cette photo a inspiré aux autres personnes? Courez vite chez Brick a Book  

Continuer la lectureBrick a Book 328 ✍🏻

Brick à Book 327 ✍🏻

Comme chaque mois, depuis le début de cette année, je participe à l’atelier d’écriture en ligne Brick a Book.

La photo fournie par Alexandra pour ce mois de juin est celle ci-dessous.

© Edan Cohen

Et voici l’histoire qu’elle m’a inspirée:

Cap !

Tout avait commencé par cette question de Sophie : cap ou pas cap ?

C’est certain que le petit Matéo lui plaisait bien et qu’elle rougissait à chaque fois qu’il lui parlait même si c’était pour ne rien dire comme c’était trop souvent le cas.

Mais quand il lui avait demandé de le retrouver à 18 heures dans l’ombre complice de la ruelle de leur quartier elle avait répondu qu’elle devait réfléchir.

Elle avait demandé conseil à Sophie. Celle-ci, bien moins sage malgré son prénom, lui avait directement dit qu’elle devait y aller, ne fut-ce que pour voir à quoi mènerait ce rendez-vous à l’abri des regards. So frémissait de curiosité et imaginait des tas de choses au doux parfum d’interdit.

Mais Aurélie était plus réservée, plus craintive et elle regrettait déjà de s’être confiée à son amie.

Mais quand même, si elle n’y allait pas, elle perdrait toutes ses chances d’exister aux yeux de Matéo. C’était déjà une victoire qu’il l’ait enfin remarquée, elle et pas une autre plus mignonne, plus hardie, plus…, enfin…plus quoi !

Les heures passaient et So n’arrêtait pas de la taquiner pour finalement perdre patience et lui asséner l’ultime question « cap ou pas cap » ? A laquelle elle ne pouvait répondre que positivement si elle ne voulait pas passer pour une poule mouillée et puis…elle en avait très envie. D’un SMS laconique se réduisant à deux lettres O et K, elle prévint Matéo.

Pour être certaine qu’elle y aille vraiment, Sophie avait tenu à l’accompagner jusqu’à l’entrée du passage. Elles se trouvaient donc côte à côte, frissonnant du manque de chaleur soudain dû au passage du soleil à l’ombre. Impossible de voir si Matéo était déjà là, leurs yeux mettaient un certain temps à s’habituer à l’obscurité.

Quand soudain un cri joyeux résonna émis par Matéo qui venait de les voir. Vite, vite, Aurélie dit à So de s’en aller, oui elle était cap et n’avait surtout plus besoin de témoin!

 

Si vous aimez lire de courtes histoires courez chez Brick  a Book pour lire les autres créations.

Et, pour finir sur une note d’humour, je précise que les histoires proposées ne sont pas livrées en kit, mais peuvent être lues directement  

Source: internet

Continuer la lectureBrick à Book 327 ✍🏻

Brick à Book 326 ✍🏻

Ce mois-ci, c’est la photo ci-dessous qui sert de déclencheur d’écriture pour l’atelier Brick a book.

 © Jay Toor

 

Et voici le texte qu’elle m’a inspiré: Rétrovision

Regarder en arrière, voilà ce qu’il n’aurait jamais dû faire ! Encore, s’il avait regardé dans le rétro il aurait pu dire qu’il n’avait rien vu, rien entendu mais là, quand leurs yeux se sont croisés…
C’est vrai qu’elle l’avait bien gonflé. Pourtant il était sympa, il l’avait embarquée alors qu’elle avançait nonchalamment sur le bord de la route, le pouce mollement levé.

  • Salut, tu vas où ?
  • Où tu vas, ça ira.

Sourires, échanges de regards, son sac à dos jeté sur le siège arrière et elle qui se laisse tomber côté passager, tout de suite à l’aise.              
Pas deux minutes plus tard, elle chipotait à l’autoradio : elle n’aimait pas la voix qui en sortait. Arrêt brusque sur une musique de dingue hurlant à la mort. Tout ce qu’il déteste ! Et elle qui se trémousse et qui hurle de concert. Trop c’est trop. Il arrête la radio en remerciant l’inventeur des commandes au volant. Et elle, elle qui ronchonne, qui le traite de ringard et le tape sur l’épaule…
D’un coup elle attrape son sac à l’arrière et décapsule une canette de soda qui pétille jusque sur le tableau de bord. Lui qui est si soigneux avec sa voiture, la première qu’il a pu se payer en travaillant et qu’il bichonne dès qu’il a du temps libre ! 
La tension monte, elle devient perceptible dans le véhicule et les enveloppe. Ils se taisent à présent, tous les deux écoutent le silence, lui avec satisfaction, elle en fulminant. Elle commence alors à fredonner un truc débile, une rengaine de gamine immature. C’est comme si elle devait remplir l’espace de sa présence, d’une manière ou d’une autre… D’ailleurs la voilà qui dépose un pied nu sur le pare-brise comme une gosse mal élevée, provocante et sexy à la fois sans se demander jusqu’où on peut aller trop loin.            
On ne lui a jamais parlé du danger qu’il y a à monter dans la voiture d’un inconnu ?
Coup de frein violent, elle se plie en deux sous le choc et peste de plus belle. Lui, d’habitude si courtois lui crie de dégager, de le laisser à ses pensées. C’est sa voiture après tout et il a cru bien faire en l’emmenant mais il n’en peut plus à présent. 
Effrayée par la violence de son discours, elle ne demande pas son reste et descend, la tête basse et les larmes aux yeux.
Mais quand leurs regards se croisent et qu’il la voit si démunie avec son sac jeté au sol il ne peut pas résister et sans aller comme si de rien n’était.

Sans réfléchir, il enclenche la marche arrière et recule jusqu’à l’endroit d’où elle n’a pas bougé d’un pouce. Elle baisse la tête et réprime à grand peine un sourire de triomphe.

Pour voir les autres participations, il suffit de cliquer ici.
              

Continuer la lectureBrick à Book 326 ✍🏻

Du côté de chez Ma

Ce samedi Ma nous demande d’illustrer le mot “écrire”. J’aime beaucoup lire et je participe également à un atelier d’écriture appelé “Jetez l’encre” organisé dans ma commune depuis quelques années. On me pose souvent des questions sur ce que nous faisons lors de cet atelier et si on y apprend la calligraphie. Et non, comme dans l’atelier d’écriture en ligne Brick a book auquel je participe une fois par mois (le prochain texte est pour le 6 mai 😉 ) , c’est bien le contenu de nos écrits, l’histoire développée qui compte dans ces ateliers et pas les pleins et les déliés de notre écriture, d’autant plus que nos textes sont réunis dans des recueils…imprimés. D’ailleurs je rédige directement sur l’ordinateur où il me paraît plus facile de modifier des phrases, changer des paragraphes, etc. sans ratures qui finiraient par rendre le texte illisible même pour moi…

Donc, encore une fois, je me demande à quoi pensait Ma quand elle a choisi ce thème: à la calligraphie ou au sens de ce qui est écrit? (Et Antiblues va encore pouvoir dire que je me tracasse trop)

J’ai choisi de partager une photo d’un petit cadre réalisé par mon fils pour la fête des mères l’année où il a appris à écrire.

Voilà, pas de calligraphie particulière ici mais des mots qui font du bien et qui émeuvent, même si de nombreuses années se sont écoulées depuis ce temps…

Je vous invite à aller voir chez Ma comment les autres participant(e)s ont illustré le thème du jour.

Continuer la lectureDu côté de chez Ma

Bric à Book 325 ✍🏻

Pour l’atelier d’écriture Brick a Book d’avril, c’est la photo ci-dessous qui sert de déclencheur d’écriture.

© Arthur Humeau

Et voici le texte que cette photo m’a inspiré:

Le mufle

Il me narguait… Il était fier d’avoir pu trouver place dans la rame de métro tandis que je devais rester sur le quai. A cette heure d’affluence on n’aurait plus pu insérer même un petit enfant, et toutes les rames étaient pareillement bondées, m’empêchant de le suivre…

Nous nous étions disputés une fois encore pour des bêtises. Cela nous arrivait de plus en plus souvent ces deniers temps. A la béatitude des premiers jours suivant notre rencontre, avaient succédé la routine et les désaccords de plus en plus marqués.

Je crois bien que je l’aimais quand même mais son intransigeance, son manque d’égards pour ma personne m’exaspéraient. A chaque fois que nous discutions de quelque chose, inévitablement le ton montait et nos avis divergeaient, jusqu’à carrément s’opposer, de plus en plus.

Si « s’aimer c’est regarder dans la même direction », comme disait Saint-Exupéry, c’est sûr que ce n’était plus notre cas, je dirais même que nous étions presque dos à dos au moment de regarder l’avenir !

Cette fois il avait dépassé les bornes : au lieu de me répondre, même brusquement, il avait ostensiblement inséré les écouteurs de son iPod dans ses oreilles pour ne plus m’entendre puis il avait sauté dans le métro en me plantant là, abasourdie, ne sachant plus que faire sur le quai devenu hostile.

Il ne souriait même pas comme s’il m’avait joué un bon tour, non, c’était pis, il me regardait sans me voir. En tout cas c’est ainsi que je le ressentais. Il fallait que ça cesse me dis-je. Cette fois c’en était trop.

Je m’affalai sur un banc, puis je me demandai ce qui se serait passé si j’avais pu moi aussi prendre ce métro. Probablement pas grand-chose puisqu’il s’était retranché derrière sa musique préférée. Bientôt il fermerait les yeux pour s’isoler davantage, comme d’habitude, mais avant il aurait peut-être eu un regard méprisant pour ma personne en voyant que je lui courrais après…Il était tellement sûr de son charme envoûtant.

Un sursaut de fierté s’abattit soudain sur moi. C’était comme si le voile qui recouvrait la vision que j’avais de lui venait de s’envoler ! Je me sentis soudain plus légère que jamais, un soulagement infini m’envahit et c’est souriant et chantonnant que je pris la direction opposée à celle qu’il venait d’emprunter.

Allons voyons, la vie était belle et j’avais perdu assez de temps avec ce malotru. Jolie comme j’étais, et enfin libérée de son emprise, j’allais certainement bientôt trouver le bonheur.

Comme quoi, on ne devrait pas sous-estimer l’effet du manque de place dans le métro:  ça peut changer toute une vie! 

N’oubliez pas d’aller voir comment les autres participant(e)s ont traité ce sujet!

Continuer la lectureBric à Book 325 ✍🏻

Nouvelle année, nouveaux défis!

En commençant ce blog, j’avais annoncé ne pas vouloir me dévoiler trop vite et en dire trop sur moi, vous suggérant de me découvrir petit à petit, pas tout de suite, pas trop viiiite… Vous le savez, j’aime la photo, l’humour, les échanges, les découvertes, l’apprentissage de nouvelles choses mais j’aime aussi beaucoup lire et même écrire.

Depuis maintenant plus de deux ans, je participe mensuellement à un atelier d’écriture créative dans ma commune et j’aime ça! Le nom de cette initiative: “Jetez l’encre”. Un espace Facebook propose régulièrement des infos je pense mais comme je suis un peu (beaucoup même!) rétive à Facebook…ben je ne sais jamais trop ce qui s’y passe , préférant les contacts humains “dans la vraie vie”.

Dernièrement, me laissant dériver dans le labyrinthe des blogs, je suis arrivée sur le site Bric à Book qui m’ a paru intéressant . Infos sur les sorties littéraires de différents genres et autres informations littéraires mais ce qui m’a surtout accrochée c’est l’atelier d’écriture en ligne. 

Sur base d’une photo, chacun, chacune écrit ce qu’il souhaite (il n’y a apparemment pas vraiment de contraintes, à confirmer bien sûr) et le partage se fait en ligne une fois par mois.

Les écrits pour la première participation de l’année sont demandés pour le 7 janvier 2019 (oui, demain ;-) )

Je l’annonçais dès le titre de cet article, nouvelle année, nouveau défi. Je verrai dans le temps si j’ai suffisamment d’inspiration, de temps, d’envie tout simplement pour continuer mais je me lance modestement. Alors si ça peut déjà me faire plaisir au moins en ce début 2019, pourquoi me priver?

La photo proposée pour l’atelier n°322 est celle ci-dessous

© Nick Cooper

Et voici les quelques lignes qu’elle m’a inspirée puisque, va savoir pourquoi, j’ai spontanément traduit par “café pour noirs”…et que je n’ai pas souhaité changer de cap :-)

Black and white

Ils s’étaient assis distraitement en terrasse sans un regard pour l’enseigne de l’établissement. Personne n’avait osé faire de commentaire. La serveuse, magnifique noire élancée, s’était postée devant eux sans dire un mot. Elle ressentait leur présence comme une provocation. On disait que l’apartheid c’était du passé, que plus personne n’y pensait aujourd’hui mais à ce moment précis, elle ne pensait qu’à ça et aux humiliations vécues par ses aïeux.          
Et puis l’homme a parlé, il a demandé la carte des boissons. Impressionné par la fierté silencieuse de la jeune femme, il était sans voix. Il se contenta de pointer du doigt ce qu’ils souhaitaient consommer en indiquant « deux » avec ses doigts. Il accroissait ainsi, sans le savoir et même sans le vouloir, l’agacement de la barmaid qui y vit plutôt un signe de victoire, un de plus de la part de ces blancs qu’elle haïssait viscéralement.    
Et pourtant, ils n’avaient fait que commander deux petits blancs secs plutôt que deux cafés noirs…

 

Je vous invite à aller voir dès demain sur le site Brik a Book les autres participations, je sollicite votre indulgence à mon égard (sans fausse modestie, juré, craché!) et je vous souhaite un bon amusement.

Continuer la lectureNouvelle année, nouveaux défis!