La grande lessive (2)

Vous le savez, j’ai l’habitude de faire la dernière grande lessive de l’année vers la mi-novembre, avant les premières gelées.
Le moment est donc venu de voir où nous pouvons, en France, laver notre linge sale pas forcément en famille mais en tout cas à l’ancienne.

Vous avez vos paniers à linge et le savon de Marseille?

Alors il suffit de me suivre 

ici

Il ne restera plus ensuite qu’à s’occuper du séchage pour être dans de beaux draps!

Avouez que ça a quand même plus de charme que ça 

 

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Découverte de Saint-Amour dans le Jura

Nos amis Suisses, néo-Saint-Amourains, nous ont récemment accueillis dans leur charmante commune de Saint-Amour située dans le département du Jura en région Bourgogne-Franche-Comté.

Il existe un autre Saint-Amour, celui où on fait le vin mais celui-là est situé dans le Beaujolais… Ce n’est pas celui-là que j’ai visité.

Voilà où se situe celui dont je partage quelques photos ci-dessous

(Source)

Vous savez combien j’aime les murs peints alors comment résister à une commune avec un si joli nom et avec un mur non moins joli?

Commençons la découverte par l’église paroissiale, Saint-Amator et Saint-Viator, et son clocher comtois (48 mètres de haut).Savez-vous que ce monument conserve le  réceptacle contenant les reliques de Saint-Amator (Saint-Amour)?

En nous baladant, nous apercevons le toit de la Tour Guillaume qui faisait autrefois partie des fortifications de la ville.

Nous voyons au passage une charmante fontaine et un des nombreux passages couverts qui relient les rues entre elles…

La Mairie

Les anciennes prisons

Datant de 1741, ces bâtiments constituaient une des Justices des Gabelles créées par le roi en 1705 pour juger les contrebandiers de sel, tabacs, étoffes… 

L’hôtel Degland-de Cessia dit Maison Lamartine,

Cette demeure a été édifiée vers 1763 à l’initiative de Joseph Marie Emmanuel Degland de Cessia dont le fils épousa l’aînée des sœurs du poète Lamartine.

La Chevalerie

Depuis sa rénovation, ce bâtiment est utilisé comme salle de spectacles de la Communauté de communes du pays de Saint-Amour.

Endroits de charme

Dans l’ambiance villageoise fleurant déjà l’air du sud de la France, nous musardons le nez au vent et l’appareil photo en bandoulière bien sûr…

Mon coup de coeur

J’ai commencé cet article par un mur peint mais une autre catégorie de photos que j’aime prendre est celle d’anciens lavoirs. Je me dis souvent que si les murs pouvaient parler on apprendrait pas mal de choses, croustillantes ou non, sur la vie des gens de l’époque.
Or Saint-Amour possède également un très beau lavoir 

Vous comprenez maintenant pourquoi cet endroit m’a touchée au coeur? 

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La dernière grande lessive avant les gelées

Je vous ai déjà parlé des lavoirs, ces endroits de rencontre qui pour moi ont tous une âme. Rien à voir avec les laveries automatiques dont les néons  vous donnent le teint blafard.  
Non, ceux dont je vous parle ne nécessitent pas l’achat de jetons à un automate mais ils servaient de lieu de rassemblement aux femmes du village. Un réseau social avant l’heure en quelque sorte puisque c’est là que circulaient les derniers commérages.

Comme Napoléon III a fait un décret le 3 Février 1851 pour aider à la généralisation de points d’eau publics dans les communes, on trouve heureusement de nombreux lavoirs en pierre quand on parcourt la France.

Je vous ai déjà dit combien je regrettais que celui de mon enfance ait été démoli. Peut-être est-ce pour cette raison que je m’arrête toujours pour immortaliser ces lieux du passé que je trouve souvent très beaux.

J’en ai croisé quelques-uns pendant mes vacances en France et ce sont ceux-là que je vous invite à découvrir.

Saint-Macaire

Dans cette petite commune de Gironde, nous  trouvons d’abord le lavoir du Thuron.

Il occupe en partie l’ancien fossé, large bassin de pierre alimenté par une source.
Bien conservé, bien entretenu il forme avec la porte qui le domine à l’est et le jardin implanté sur l’emprise de l’ancien port un ensemble remarquable, plongeant le promeneur dans une profonde méditation sur la vie des habitants à l’époque ou Dame Garonne venait chatouiller les remparts. Avec le temps au XVIIe siècle les alluvions ont bouché le port qui faisait leur richesse. On a préféré le déplacer à l’ouest, vers la porte de Rendesse.(source)

Nous trouvons ensuite ce deuxième lavoir, devant les remparts de Saint-Macaire. Le fait est que, actuellement, la couleur de l’eau qui s’y trouve est peu engageante…

Tardets (Pyrénées Atlantiques)

La commune a érigé en 2006 une stèle des évadés de France, à la mémoire des résistants qui quittèrent la France pour rejoindre l’Armée de la libération via l’Espagne durant la seconde guerre mondiale.
Elle est située près de l’ancien lavoir de la commune. Si ce dernier n’est plus utilisé de nos jours, il demeure entretenu et rappelle le rôle capital des femmes sous l’occupation qui profitaient notamment de ces tâches ménagères pour transmettre des informations essentielles aux « passeurs ».(source)

Banca

Ce village est situé dans la vallée des Aldudes, au Pays Basque.

Un panneau explicatif nous dit ceci:

On dit que dans le lavoir situé au bas de l’escalier, les laminak, personnages mythologiques de petite taille, y lavaient la nuit venue leur linge. Une lavandière du village, sage-femme de surcroît, s’y étant un soir attardée, fut sollicitée pour aider l’une d’elles à enfanter à condition de ne point se retourner quand elle s’en irait chez elle. La femme respecta la consigne. Depuis ce temps-là, le village vit en bonne intelligence avec les laminak qui lui apportent aide et protection.
Il se dit d’ailleurs que certains soirs, en prêtant bien l’oreille, on peut les entendre battre le linge dans ce même lavoir.

Oyrieres (Haute-Saône)

Ce lavoir est appelé sud pour le distinguer de celui qui se trouve à la sortie nord du village par où je ne suis pas passée.

Une véritable construction avec des allures de temple grec, c’est dire l’importance accordée à ce lieu par les anciens non?

Lamarche

Dans cette commune des Vosges, nous voyons le lavoir du Grisfontaine construit en 1838.
Pour bien suivre les règles de l’hygiénisme, cette commune possède encore 3 autres lavoirs ce qui, pour environ 2000 habitants au 19ème siècle était quand même pas mal du tout (source).

  • Fontaine des Sources de 1835 (place Jules Ferry).
  • Fontaine du Rupt du Mai de 1837 (carrefour rue du Colonel Renard / rue Gambetta).
  • Lavoir du hameau d’Aureil-Maison de 1848 (carrefour rue de la Bondisse / rue de la Fontaine).

Bernécourt

Dans ce petit village de Meurthe et Moselle entre Toul et Pont-à-Mousson, nous voyons un magnifique bâtiment élevé en 1866. Une restauration de qualité a redonné vie à ce lavoir et au coeur du village.

Le bâtiment présente un pignon soigneusement composé permettant d’intégrer la surélévation de la partie centrale de la couverture. Une baie centrale en plein cintre avec clef assure le lien entre les modénatures.La surélévation de la partie centrale de la toiture permet un éclairage latéral des deux bassins. Cette recherche de luminosité rend compte du savoir technique des charpentiers et des préoccupations hygiéniques d’apport de lumière. (source)

A l’extérieur, la source alimente deux grandes auges en pierre utilisées à l’origine pour abreuver chevaux et bovins.

Doncourt-lès-Conflans

Commune de Meurthe et Moselle (Lorraine)

Le lavoir avec sa fontaine est un élément majeur de l’histoire de Doncourt-lès-Conflans. Le lavoir actuel fut construit à l’emplacement et en partie avec les pierres d’un ensemble lavoir/auge devenu inutile. Une délibération de l’époque parle d’eau boueuse impropre à la consommation. Ce site était donc le lieu de convergence de la vie du village.
C’est en 1839 que le conseil municipal décida de construire un nouveau lavoir à la demande expresse des habitants. Les cultivateurs s’étaient mobilisés pour transporter gratuitement les matériaux nécessaires. On ajouta une fontaine, qui coule toujours et trois pierres creuses pour abreuver les bêtes. (source)

Voilà, ma collection de photos personnelles de lavoirs se termine ici. Je reviendrai plus tard sur l’un ou l’autre de ces villages que j’ai parcouru avec plaisir et au sujet desquels j’ai encore des choses à vous raconter. J’espère que la balade vous a plu mais n’oubliez surtout pas de toujours bien laver votre linge sale en famille…

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La grande lessive

Les jeunes femmes d’aujourd’hui l’ignorent mais  les ménagères n’ont pas toujours eu une machine à lessiver  et un sèche-linge électroniques à la maison 😉

Pour nos aïeules, le jour de la lessive  était souvent l’occasion d’un travail  très physique exercices

Le linge était lavé à la main avec du savon (de Marseille ou Sunlight), en pain ou en paillettes, battu, frotté sur une planche à lessiver  et souvent étendu sur l’herbe pour sécher et retrouver sa blancheur.

Les ménagères se retrouvaient alors au lavoir public du village (rien à voir avec les laveries automatiques actuelles) et je pense que ces constructions ont dû entendre bien des secrets et des commérages…🤨

Je me souviens que, quand j’étais gamine, il existait un lavoir près de chez mes grands-parents mais il a malheureusement été démoli comme beaucoup d’autres témoignages de la vie passée.

Heureusement, ce n’est pas le cas partout et les responsables du patrimoine ont maintenant entrepris de protéger et restaurer les lavoirs encore debout.

Mais de quoi qu’elle nous parle la vieille Photonanie, pensent les plus jeunes? 😂

Je précise directement pour les curieux que non je n’ai pas connu les dinosaures dans mon enfance mais c’est clair que je vous parle d’un temps que les moins de 20 (voire plus) ans ne peuvent pas connaître 😉

Un lavoir est un bassin alimenté en eau généralement d’origine naturelle qui a pour vocation première de permettre de rincer le linge après l’avoir lavé. Il est le plus souvent public, gratuit ou payant selon les communes, mais peut être privé, attaché à une seule maison ou une seule ferme et pouvant être mis à la disposition de voisins moyennant une redevance.

Contrairement à une représentation très répandue, les lavandières ne s’y rendaient le plus souvent pas pour laver le linge, mais pour l’y rincer. Le passage au lavoir était en effet la dernière étape avant le séchage. Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d’eau, il pouvait avoir lieu dans les habitations ou les buanderies où le linge s’accumulait avant la « grande lessive », mais le rinçage nécessitait de grandes quantités d’eau claire, uniquement disponible dans les cours d’eau ou dans une source captée. Il existe cependant des lavoirs avec plusieurs bassins, le bassin en amont servant de rinçoir, ceux en aval de lavoir (lavage du linge proprement dit) voire d’abreuvoir. (source)

J’ai eu aujourd’hui envie de partager avec vous quelques photos de ces installations dans lesquelles j’entends parfois des voix venues du passé mais peut-être n’est-ce que le souffle du vent…

Domme

 

Bussy-aux-Bois

Labastide-Clairence

On voit sur celui-ci des planches pour frotter le linge

Fontvannes

 

Betbezer d’Armagnac

 

 

 

Les Vans

 

Bien sûr ce ne serait plus compatible avec la vie actuelle mais avouez quand même que ça avait du charme non?

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