Brick a book 345 ✍🏻

Comme chaque semaine, Alexandra, du blog Brick a book, nous propose une photo comme déclencheur d’écriture et, depuis peu, elle y ajoute des consignes complémentaires.

La photo

 Photo by Ingmar Hoogerhoud

Les contraintes: pour cette photo, il est interdit de parler nature et voyage.

Brumaire

Nous étions entrés dans cette période de l’année où le soleil enveloppait tout de chaleureuses couleurs. Du moins quand il était là… Le plus souvent, l’humidité montant du sol donnait une ambiance un peu magique, comme si on évoluait dans le brouillard. Mais peut-être était-ce juste le rideau de larmes tombé devant mes yeux qui me donnait cette impression.

J’avais fui tellement vite après la dispute et j’étais tellement bouleversée que j’avais couru sans m’inquiéter de savoir où j’allais. Et maintenant j’étais là, seule, en train de sangloter au milieu de nulle part. Essoufflée par la course, je m’étais laissé glisser au sol sur le tapis aux tons mordorés déjà bien épais en cette fin octobre.

Je regardais la route où n’était passée aucune voiture depuis que j’étais là en train d’essayer de me calmer et de comprendre ce qui avait mis le feu aux poudres.

Un bruit soudain me fit me retourner, vaguement inquiète dans mon isolement. Ce n’était qu’un petit écureuil roux, parfaitement assorti au décor. Il eut le pouvoir, sans explication rationnelle, de chasser mes larmes et d’amener un sourire attendri sur mes lèvres. Je me calmais enfin, peu à peu, en suivant ses cabrioles de mes yeux encore noyés.

Allons, j’allais devoir faire demi-tour et aller m’expliquer, mettre fin à ce désaccord stupide qui m’avait tellement bouleversée. Ce n’était donc pas si grave s’il avait suffi d’une rencontre avec ce que ma copine Josée qualifiait de « rat avec une belle queue » ;-)

Et si nous allions voir chez Brick a book ce que la photo d’Alexandra a inspiré aux autres personnes?

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Du côté de chez Ma

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Comme tous les samedis, je joue avec Ma qui nous demande d’illustrer par une photo  la consigne. Cette semaine, le thème est « dans l’assiette« .

Comme je viens enfin de terminer la remise en ordre de mes anciens articles amputés de leurs photos suite à une sauvegarde foireuse de ma part 🙄, je pense directement à cette photo replacée hier dans un vieil article sur Vienne.

Et pourtant, ce n’est presque plus dans l’assiette mais sur et autour de l’assiette 😄

Alors, ce n’est pas la plus grande Wiener Schnitzel que vous ayez jamais vue?

Je vous invite à m’accompagner chez Ma pour voir ce qui se trouve dans l’assiette des autres.

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La Maison sculpture

Il était une fois, il y a très, très longtemps, une jeune étudiante en chimie qui avait à réaliser un travail de fin d’études pour obtenir son diplôme.

Elle choisit de le faire dans un service d’électrochimie et trouva un accueil sympathique chez le professeur Ivan Gillet dont les locaux se trouvaient, à l’époque, sur le site du Val Benoît (Université de Liège). 

Par la suite, elle rencontra également Jojo, son épouse, et leurs chemins se croisèrent souvent au fil des années.

Elle avait entendu parler de leur maison particulière que certains surnommaient « le bunker ». Elle espérait la voir un jour mais ce n’était pas possible depuis la rue. Jusqu’à ce jour d’octobre 2019 où un article dans la presse lui apprit qu’une exposition était organisée justement à cet endroit!
Une occasion à ne pas rater donc 😊

En fait la maison est maintenant propriété d’un architecte, Vincent Servais, qui y a établi ses bureaux mais qui l’a en partie « prêtée » pour un temps limité (jusqu’au 31 octobre) à son épouse Cécile, galeriste, afin d’y organiser une exposition d’art.
Attention, en dehors des heures d’ouvertures de l’expo (du jeudi au samedi de 14.30 à 18.30), il s’agit d’un lieu totalement privé!

Elle est située (…) sur une parcelle de terrain relativement grande, en retrait de la rue et est magnifiquement intégrée à la végétation. D’ailleurs, ses propriétaires la faisaient vivre dans une relative discrétion, pour en conserver l’harmonie. En 1967/68, cette maison-sculpture est née de la complicité de deux frères Ivan (qui l’a habitée pendant 50 ans) et Jacques Gillet et de la collaboration de trois amis: l’architecte Jacques Gillet, le sculpteur Félix Roulin et l’ingénieur René Greisch.

C’est une maison exceptionnelle, dans le sillage de l’architecture organique de l’Américain Bruce Goff, qui s’était lié d’amitié avec son confrère liégeois. La démarche repose sur la recherche d’une harmonie entre l’habitat humain et le monde « naturel » en réalisant des œuvres fonctionnant comme des organismes vivants. (source)

NB: Le bureau Greisch est un des bureaux d’ingénierie et d’architecture les plus pointus d’Europe. Il a, entre autres, participé à l’élaboration du viaduc de Millau.

Vue de la maison sculpture

Pour découvrir les autres photos de la maison et d’une partie des oeuvres d’art qui composaient l’exposition Hors les murs, il suffit de cliquer

ici

Et si vous n’en avez pas encore assez, je vous invite à regarder la vidéo ci-dessous qui vous apprendra de nombreux détails sur cet endroit.

J’espère que vous aurez apprécié, autant que moi, la découverte de cet habitat étonnant…

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Brick a book 344 ✍🏻

Pour l’atelier 344 de Brick a book, c’est  la  photo ci-dessous qui servira de déclencheur avec comme thématiques interdites : la ville et l’écologie. 

Keisuke Higashio

 

J’avais toujours été à contre-courant. Mes proches le savaient, j’avais des idées fixes et même carrément des TOC’s insurmontables. Ainsi, si je voyais un passage pour piétons je l’évitais et traversais plus loin, me faufilant entre les voitures en redoutant je ne sais quel maléfice provoqué par les stries. Et voilà que je ne sais qui avait eu l’idée de peindre des passages lignés sur le toit de l’immeuble où je travaille et où je prends mes pauses quand la météo est agréable!

Sans y prendre garde, le nez en l’air suivant le vol d’une abeille, je m’étais retrouvé au milieu de ces lignes peintes au sol. Par une superstition ridicule, je me refusais à marcher dessus. J’avais terminé mon pique-nique de midi  et je me dis que je pourrais lancer le sac contenant les restes au-delà des lignes blanches. Je pourrais ainsi prendre mon élan plus facilement en ayant les mains libres. Ça, c’était avant que je prenne conscience que je n’arriverais jamais à sauter une aussi grande longueur…

Je courais d’un côté à l’autre du triangle dans lequel j’étais convaincu que j’allais mourir, même si on était bien loin du triangle des Bermudes. L’angoisse me serrait la gorge. Je pensais aussi à la quadrature du cercle, mes maigres notions de géométrie dansant la samba dans ma tête. Malgré tout, je me sentais prisonnier de ces marquages et ne voyait aucune issue possible en raison de l’obsession qui paralysait mes membres.

J’en étais là de mes réflexions et mon pouls s’emballait de plus en plus quand j’aperçus soudain la silhouette menaçante d’un soldat tenant son fusil sur une des lignes blanches! Se pouvait-il qu’il ait été compressé au sol par la machine à peindre? Avait-il lui aussi voulu traverser le passage interdit? Était-il là pour me surveiller? J’avais beau le questionner, il restait muet le lâche!

Je commençais à transpirer de plus en plus et à m’agiter de manière convulsive en battant l’air de mes bras. Je sentis soudain qu’on me secouait en criant. Le soldat avait-il ressuscité pour m’emmener?

Je levai enfin les paupières et vis ma femme, assise dans le lit, une lueur mi inquiète-mi amusée au fond des yeux. Quelle idée aussi d’acheter des draps lignés noirs et blancs pour notre lit!

Pour lire ce que cette photo a inspiré comme autres histoires, il suffit de vous rendre sur le blog Brick a book.

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Du côté de chez Ma

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Chaque samedi, Ma nous donne une formidable occasion d’illustrer un mot en photos alors que, sans elle, on n’aurait peut-être jamais rien partagé sur le sujet. C’est chouette non?

Ce samedi le mot à « imager » est le mot plante.

Il paraît que j’ai les doigts verts et j’aime beaucoup les plantes intérieures ou extérieures. Celle que je vais vous montrer, je l’ai achetée agonisante pour une seule pièce de 2 euros, si je me souviens bien, et je l’ai ramenée à la vie.

Depuis,  probablement pour me montrer sa reconnaissance, elle m’offre vraiment beaucoup de fleurs tous les jours.

C’est ce qu’on appelle un Ceropegia sandersonii . 

En voyant les fleurs, on comprend mieux pourquoi on l’appelle aussi  plante parachute.

Et si vous m’accompagniez chez Ma pour voir les autres belles plantes? 😊

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Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée

Lors d’un séjour aux pays-Bas, j’ai immortalisé quelques portes et heurtoirs qui me paraissaient intéressants.

Ce sont ces photos que je vous propose en partage ci-dessous. J’espère que vous apprécierez autant que moi le travail des artistes qui ont réalisé ces pièces remarquables.

Et vous, que pensez-vous de ces réalisations?

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Brick a book 343 ✍🏻

Alexandra,  du blog Brick a book, souhaite nous faire sortir de notre zone de confort, et pour ça elle ajoutera chaque semaine une thématique à suivre (ou à ne pas suivre.) Le plus souvent, cette thématique sera en opposition avec la photographie.

Cette semaine, elle nous demande de parler d’hiver et de la photo ci-dessous.

© Photo by Alex Azabache

 

Noël serait là dans quelques jours et mon sapin naturel parfumait l’atmosphère du salon. J’étais bien, blottie dans mon canapé en mode relax, un bon feu de bois crépitant dans la cheminée et un chat ronronnant sur les genoux. Le sommet du bien-être en somme… Les minuscules lampes éclairant les décorations scintillantes participaient à l’ambiance feutrée de cet après-midi d’hiver.

J’avais délaissé la lecture qui, habituellement, occupait beaucoup de mon temps pour me pencher sur d’anciens livres photos réalisés quelques années plus tôt. Je m’étais replongée avec délice dans ces souvenirs d’un temps qui ne reviendrait plus. J’avais ainsi voyagé à nouveau, par la pensée, en Grèce, en Islande, en Ecosse,… et je venais d’ouvrir un album consacré au Maroc. Cette photo me transportait dans l’atmosphère malodorante des tanneries à ciel ouvert d’Afrique du nord. Je me souvenais qu’on nous avait fourni à l’entrée un bouquet de menthe très parfumé en nous conseillant de le tenir sous nos narines. Celui qui nous l’avait fourni, avant de tendre la main pour recevoir une obole, nous avait dit avec un grand sourire « masque à gaz berbère, très bien ». C’est vrai que c’était bien utile pour vaincre l’odeur tenace qui nous entourait tandis que des hommes travaillaient dans les cuves sans aucune précaution de sécurité. Inimaginable chez nous, mais eux semblaient heureux de travailler malgré tout. 

Tout m’était revenu d’un coup mais surtout les couleurs et toutes ces peaux entassées sur les bacs puis étendues à sécher avant la suite du traitement. Les objets en cuir était très nombreux dans les souks avoisinants et leurs prix défiaient toute concurrence. Mais combien de vies écourtées ou de maladies, de peau ou respiratoires, ces cuves avaient-elles provoquées?

Le jeu en valait-il la chandelle? Eux ne se posaient pas la question puisque les touristes achetaient en quantité de nombreux articles en cuir après les incontournables marchandages qui étaient l’essence même de l’échange commercial de l’endroit. Si on ne marchandait pas on lisait comme une déception dans leur regard. C’est une autre culture mais que appréciais et dans laquelle j’aimais m’immerger pour la découvrir, la comparer et finalement l’approuver pour ce qu’elle avait de direct et d’artisanal avec des rapports sans intermédiaires entre vendeur et acheteur bien loin des multinationales qui font ou défont des vies sans sentiments un peu partout dans le monde.

Ce qui me frappait au Maroc, c’était surtout le sourire et le bonheur que manifestaient les artisans qui pratiquaient leur art sous nos yeux. Oh bien sûr leur vie n’est pas que rêve mais leur philosophie qui consiste à travailler pour vivre et pour prendre le temps de vivre m’a souvent interpellée. Et si c’était eux qui avaient raison?

C’est à tout ça que je pensais en regardant danser les flammes qui léchaient les bûches dans le feu. Et j’étais tellement bien que, petit à petit, les livres photos ont glissé de mes genoux tandis que je m’assoupissais et m’envolais en rêve dans ce beau pays du Magrheb. 

Pour méditer un peu je vous propose de (ré)écouter Alain Souchon avant de filer voir sur Brick a book comment ce sujet a été traité.

https://youtube.com/watch?v=V_SNDGwwGFM

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Du côté de chez Ma

Ce samedi je joue comme toutes les semaines avec Ma. Le mot que nous devons illustrer cette fois est monumental.

Heureusement que j’ai eu la chance de visiter récemment le plan incliné de Ronquières. On peut vraiment parler d’un ouvrage monumental!

Le plus long plan incliné du monde

L’ouvrage d’art est constitué de 2 bacs remplis d’eau, de 91m sur 12m et pesant entre 5.000 et 5.700 tonnes, totalement indépendants et dans lesquels pénètrent les bateaux.Tels de véritables baignoires sur roulettes, ils emportent les péniches sur une distance de 1432m séparant les niveaux bas et haut du plan incliné.Cette réalisation permet aux bateliers de gagner un temps considérable par rapport au franchissement de plusieurs écluses. Mais la particularité essentielle de ce principe est l’économie  d’eau importante réalisée sur le canal artificiel, contrairement à des systèmes traditionnels.(source)

Je reviendrai en détail sur le sujet puisque j’ai eu la chance de visiter les installations techniques mais, aujourd’hui, je vais simplement vous montrer, en bonus ci-dessous, une photo du pont canal qui complète le plan incliné.

Supporté par 70 colonnes de 2m de diamètre, il mesure 290 m de long et 59 m de largeur et supporte une charge d’environ 100.000 tonnes d’eau. Il sert de port d’attache aux péniches en attente du franchissement.  On reste un peu sans voix à la vue de cet immense oiseau de béton aux ailes déployées.(source)

Alors c’est pas monumental comme ouvrage? 😊

Et si nous allions voir chez Ma comment les autres participant(e)s ont illustré ce mot?

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Sortie au musée

Aujourd’hui je vous emmène au musée mais étonnamment nous ne serons pas enfermés dans des salles mais en plein air. En effet, c’est le site du Musée de la pierre de Sprimont que je vous invite à découvrir aujourd’hui.

Le Musée de la pierre est installé depuis 1985 dans l’ancienne centrale électrique des carrières de Sprimont. Ce bâtiment construit en 1904 a fait l’objet d’importants travaux de rénovation, entamés en 2015, créant ainsi de nouveaux espaces qui seront dédiés à des  rencontres et événements culturels.

Point d’orgue de cette restauration, une toute nouvelle scénographie qui très prochainement retracera l’évolution de la pierre depuis le big-bang jusqu’à nos jours.  (source)

Depuis l’inauguration marquant la fin de la rénovation, le 24 août 2018, on ne dit plus « Musée de la pierre » mais « Centre d’interprétation de la pierre ».

Du 9 au 25 août 2019 ont eu lieu, comme chaque année, les Rencontres Internationales de Sculptures de Sprimont. Durant 2 semaines, on peut y admirer des artistes belges et du monde entier tailler la pierre sous nos yeux.

C’est un endroit qui se situe tout près de chez moi et comme les carrières sont une des richesses de la région j’ai beaucoup de plaisir à vous faire découvrir l’endroit et les oeuvres en devenir ou déjà plus anciennes. Si vous vous souvenez, j’ai déjà évoqué les carrières de la région ici.

Dès l’entrée, nous sommes accueillis par ce grand chevalier sculpté qui nous toise de toute sa hauteur.

Un peu plus loin, ces quatre oeuvres d’éditions précédentes sont exposées.

Nous nous dirigeons pour commencer vers le beau bâtiment qui domine l’espace…

…en dépassant les grands ponts roulants qui sont nécessaires pour déplacer les lourds blocs de pierre.

Nous avons de la chance, il fait beau et quelques sculpteurs travaillent sur leurs créations. Nous nous baladons également parmi les oeuvres laissées sur place par les artistes des années précédentes.

Vous êtes prêts pour la découverte? Il suffit de cliquer juste

ici

J’espère que vous aurez apprécié le travail des artistes…même si vous ne vous appelez pas Pierre 😊

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Brick a book 342 ✍🏻

Comme chaque lundi, c’est le moment où je vous propose le texte inspiré par la photo proposée par Alexandra du blog Brick a book.

La photo qui a servi de déclencheur d’écriture se trouve ci-dessous:

© Gabriel Testoni

 

Dans sa famille on avait toujours été pêcheur, de père en fils, depuis cinq générations au moins. Dès qu’il avait tenu sur ses petites jambes son père l’avait emmené avec lui durant de longues journées en mer. On peut dire qu’il avait le pied marin et évoluait dans la barque aussi à l’aise que sur la terre ferme.

Quand il avait rencontré Marina, il avait cru à un clin d’œil du destin en entendant son prénom. Elle ferait une bonne épouse de pêcheur pensait-il. De son côté, elle était rapidement tombée sous le charme de  ce grand gaillard musclé et arborant un beau bronzage. Elle était captivée par ses grands yeux bleus.

C’est vrai qu’au début tout paraissait couler de source. Elle venait l’attendre chaque jour sur le port en lui faisant de grands signes dès qu’elle apercevait sa barque. Ils partaient ensuite tendrement enlacés vers sa cabane et ce qui se passait là ne nous regarde en aucun cas. Ils étaient jeunes, beaux et très amoureux.

Il insistait depuis longtemps pour qu’elle l’accompagne au moins une fois en mer et voit comment il gagnait sa vie. Il l’avait convaincue par un jour très ensoleillé et elle avait aimé ce moment de partage, seuls au milieu de la mer.

Puis les vacances s’étaient terminées et elle avait rejoint la ville où elle était étudiante. Ils s’étaient écrit souvent au début, de longues missives enflammées, emplies de leurs souvenirs estivaux. Elle était même venue passer une journée près de lui en octobre mais le froid, le vent et les embruns du bord de mer ne ressemblaient en rien aux beaux jours de l’été. Au fur et à mesure, elle devenait aussi maussade que le temps.

Ils se quittèrent avec un goût amer d’histoire qui va se terminer bientôt. Il reçut encore une ou deux lettres un peu tièdes où elle lui disait être très occupée par ses études. Quelques semaines passèrent ainsi qui bientôt devinrent des mois. Il se dit qu’elle ne serait pas épouse de pêcheur, que leurs univers étaient bien trop différents et qu’il valait mieux tourner la page.

Il ficela ensemble toutes les lettres de Marina et emporta le paquet dans sa barque. Il pensait jeter le tout au loin dans la mer mais il perdit l’équilibre et lâcha les feuillets pour se rattraper. Il regarda alors s’éloigner sur les flots les dernières traces de son grand amour d’été et put alors placer le point final à son histoire et porter à nouveau son poing à la ligne en pêcheur professionnel.

 

Pour lire les autres écrits suscités par cette photo c’est ici.

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